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Contexte géographique et historique préislamique (2)

Hakim Mhadhbi

L’Empire byzantin
En 324, Constantin, vainqueur de Licinius (son beau-frère), reste le seul maître de l’Empire romain. L’année suivante, le premier concile de Nicée confirme la doctrine des Chrétiens et fait de la croix le symbole du Christ et non plus celui des adorateurs du soleil. Constantin, après avoir officiellement reconnu la religion chrétienne fait de Byzance la deuxième capitale de l’empire en 330 et la renomme Constantinople. Voulant concrétiser le triomphe de la religion chrétienne dans tout l’empire, Constantin construisit en de nombreux endroits des basiliques. La basilique de Saint-Paul-Hors-les-Murs, dans la banlieue romaine, reste le meilleur témoin de la splendeur des basiliques constantiniennes. A la fin du IVe siècle, l’Empire romain est partagé en deux parties mais la fiction de l’universalité de cet empire se maintient encore pendant plus d’un siècle.
 
Au début du VIe siècle, l’Empire byzantin, héritier de l’Empire romain d’Orient était un vaste domaine comprenant tout le bassin de la Méditerranée orientale, l’Illyrie, la péninsule des Balkans, l’Asie mineure et Syrie et Palestine, l’Egypte et la Cyrénaïque. L’administration restait solide et conservait les institutions romaines du bas-empire : un gouvernement centralisé, une hiérarchie de fonctionnaires, les deux préfectures d’Illyrie et d’Orient partagées en diocèses et provinces. Les grands courants commerciaux s’étaient fixés dans le monde méditerranéen après le IIIe siècle, autour des cités orientales très hellénisées : Antioche, Alexandrie, Nicomédie… Constantinople s’ajouta à ces villes où la civilisation restait brillante. Dès le VIe siècle, le grec remplace cependant le latin comme langue administrative. L’Empereur porte le titre de Basileus et les provinces deviennent des archontats, des éparchats ou des exarchats.
 
L’Empereur Justinien, qui régna de 527 à 565, tenta de reconquérir sur les barbares l’ex-Empire romain d’Occident. Des campagnes militaires victorieuses lui permirent de s’emparer de l’Afrique du Nord, de la Sardaigne et du Sud de l’Espagne. L’Italie fut aussi rattachée à l’Empire byzantin et garda Ravenne pour capitale. Justinien promulgua un nouveau Code de lois, (code Justinien) qui renforçait les institutions impériales mais introduisait aussi, sous l’influence du christianisme, de nouvelles préoccupations dans les actes législatifs : souci de justice sociale, de moralité publique et d’humanité. Mais il persécuta également les hérétiques : monophysites, ariens, païens, juifs, manichéens... Ce fut aussi un grand bâtisseur : il couvrit l’empire de ponts, d’aqueducs, de théâtres et d’églises.
 
A Constantinople, il fit élever l’église Sainte-Sophie, où l’art byzantin trouva sa formule définitive, avec une vaste coupole soutenue par quatre grands arcs reposant sur quatre formidables piliers. La splendeur des mosaïques intérieures en fit un chef d’œuvre admiré dans le monde entier.
 
Le gouvernement impérial organisa les métiers en corporations auxquelles il imposa une réglementation minutieuse. Constantinople devint le grand marché des produits orientaux à destination de l’Occident : épices, sucre, soie, coton, parfums. Toutes ces marchandises furent frappées de taxes très lourdes par le gouvernement impérial. Il se développa alors dans l’empire des industries de luxe : ivoires ciselés, étoffes peintes ou brodées, bijoux, manuscrits enluminés. La ville devint une place de commerce très prospère entre mer Noire et mer Egée.
 
L’Empire byzantin vit se développer en son sein de grandes querelles religieuses. Au IVe siècle, les conciles de Nicée et Constantinople avaient décidé, contre Arius (et l’arianisme), que Jésus-Christ était Dieu. Arius avait affirmé que le Père ayant engendré le Fils, il existait donc avant celui qu’il avait engendré et que le Fils n’existait donc pas auparavant. Arius fut frappé d’anathème[1] et la lecture de ses ouvrages interdite. Sur ces points de doctrine apparurent successivement trois hérésies : le monophysisme (ne reconnaissant qu’une nature en Jésus, la divine, et fondé par Eutychès), le monothélisme (fondé par Sergius) et le Nestorianisme (fondé par Nestorius qui professait que seul le Verbe en Jésus était divin). Trois conciles généraux répondirent à ces hérésies : Ephèse (431), Chalcédoine (451) et Constantinople (680). La décision fut prise qu’en la personne du Christ s’unifiaient deux volontés et deux natures, la divine et l’humaine.
 
En proie à toutes ces crises religieuses récurrentes, Byzance ne se souciait pas d’entretenir de libres débats scientifiques, mais de consolider les dogmes du christianisme orthodoxe. Au VIe siècle, par durcissement dogmatique, elle en vint même à fermer l’Académie d’Athènes, comme celle d’Alexandrie.
Nous verrons que les Nestoriens jouèrent un rôle particulier dans l’avènement des sciences arabes. Les principaux adeptes furent des Sémites, qui y reconnaissaient une tradition de monothéisme pur et aussi des Coptes et des Arméniens. Fuyant l’oppression de Byzance pour trouver une aire d’expansion dans l’Empire sassanide, ils emportèrent avec eux de nombreux livres (notamment plusieurs traités médicaux de Galien et d’Hippocrate), traités qu’ils traduisirent en syriaque (qui est une langue sémitique très proche de l’arabe).
 
Déjà, au IIe siècle, une partie des chrétiens étaient restés fidèles au monothéisme du judaïsme. Ces chrétiens ne croyaient donc pas au dogme de la consubstantialité des trois personnes de la Trinité, selon lequel Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit se confondraient en une seule entité. Des moines et des ermites se replient alors dans les déserts d’Arabie loin des vanités du monde et les sillonnèrent, restant fidèles à ce courant jugé hérétique par Byzance.
 
Environ quatre siècles plus tard, le Coran s’inscrira dans cette doctrine des moines du désert : en effet, le Coran rejette la filiation divine de Jésus[2], son appartenance consubstantielle à la Trinité et donc le fait qu’il soit égal à Dieu. Le Coran range Jésus parmi les autres grands prophètes comme Abraham, Moïse, Noé, etc.
 
Les Grecs et les Latins, quant à eux, conservèrent en majorité la doctrine « orthodoxe ». Les empereurs de Byzance prirent part aux querelles doctrinales et l’Eglise officielle passa finalement sous le contrôle de l’empereur chrétien.
 
Ces conciles préfigurent au sein de l’Eglise le dogmatisme annonçant les persécutions dont les gnostiques seraient bientôt victimes. La nouvelle religion chrétienne consoliderait son autorité spirituelle en s’alliant à l’Etat.
 
Initiant ainsi un long divorce d’avec la réflexion philosophique, le dogme allait prévaloir pendant des siècles sur la recherche scientifique.
 
Les savants ayant émigré à Edesse, Nisibe ou dans les monastères avoisinants (c’est-à-dire chez l’ennemi juré de Byzance, la Perse sassanide) firent naître de véritables traditions savantes, avec une filiation de maîtres à élèves, une spécificité linguistique (l’utilisation du syriaque) et une continuité dans l’étude de certaines disciplines : théologie, philosophie, logique, grammaire…
 
Parmi les savants de cette époque : Probus (au VIe siècle) est l’un des premiers traducteurs d’œuvres philosophiques du grec au syriaque, Sévère Sebokht, traduit Les Analytiques d’Aristote, fait des études astronomiques, s’occupe aussi de l’astrolabe et aurait étudié le système décimal positionnel des Hindous. Son élève, Jacques d’Edesse, traduisit Les Catégories d’Aristote et des traités médicaux de Galien. On peut citer encore Athanase, qui travailla au monastère de Kenesrin et qui a traduit l’Isagogue de Porphyre.
 
Constantinople devint aussi une capitale intellectuelle, siège d’une université fondée en 425, avec trente et une chaires, où des penseurs chrétiens reprenaient et commentaient les œuvres de Platon et de Plotin. Athènes et Alexandrie cessèrent toutes deux d’être des foyers intellectuels au VIe siècle (puisque, rappelons-le leurs académies respectives sont fermées). A l’inverse l’université de Constantinople jouit à cette époque d’un grand éclat ; on y conserva pendant des siècles, les trésors scientifiques et culturels de la pensée grecque. On édita à Constantinople des manuels et des encyclopédies : le Livre des Cérémonies de Constantin VII, le Recueil de la Vie des Saints de Métaphraste, le Dictionnaire d’Histoire et de Géographie de Suidas ; mais la production scientifique endogène demeura très restreinte.
 

A partir du VIe siècle, Constantinople prit sur le plan spirituel la place de Rome. La primauté du trône de Saint-Pierre fut de moins en moins bien acceptée par les Chrétiens d’Orient. La capitale de l’Empire byzantin apparaît ainsi à l’orée du VIIe siècle, comme une ville riche matériellement et d’héritage culturel, puissante, mais aussi très conservatrice et peu tolérante dans le domaine des religions.



[1] Cette sentence rejetant hors de la société religieuse une personne combattant les dogmes ou l’autorité de l’Eglise, fut au Moyen Age, considérée comme encore plus terrible que l’excommunication, séparation momentanée de la communion des fidèles.
[2] Coran, sourate 9, verset 30.

 

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