Side Links

  |      |   

Un enseignant juif accusé d'avoir inventé une violente agression en novembre à Marseille par trois individus, en raison de sa religion, comparaît mercredi en correctionnelle pour "dénonciation mensongère", les expertises ayant conclu à une probable "auto-mutilation".

 

Placé en garde à vue en février, Tsion Sylvain Saadoun, 57 ans, professeur d'histoire au lycée Yavné, un établissement juif d'enseignement des quartiers Nord de Marseille, a maintenu avoir été agressé face à des enquêteurs ayant acquis la certitude d'une "agression inventée". Il risque six mois d'emprisonnement et 7.500 euros d'amende.

 

Cinq jours après les attentats de Paris et Saint-Denis, Tsion Sylvain Saadoun assurait avoir été victime d'une agression par deux jeunes circulant à scooter, casqués et porteurs de lunettes de soleil. Sa kippa sur la tête, l'enseignant se rendait à la synagogue Yavné.

 

"Ils m'ont demandé si j'étais juif ou musulman. Et quand j'ai dit que j'étais juif, ils se sont rués sur moi et m'ont jeté à terre, en me disant qu'ils allaient me faire souffrir et me tuer", avait raconté à l'époque le quinquagénaire à des journalistes. Aux enquêteurs, il avait rapporté les propos prétendument proférés par ses agresseurs: " Sale juif ! On va tous vous tuer! Sale porc, crève! A bas Israël! "

 

L'enseignant avait dit avoir été "tailladé avec deux couteaux" tandis que ses agresseurs lui montraient un tee-shirt de l’EI et une photo de Mohamed Merah qui avait tué sept personnes à Toulouse et Montauban au nom du jihad en mars 2012. "Puis un troisième homme est arrivé avec un autre scooter et a filmé la scène", avait-il poursuivi. Selon lui, ses agresseurs avaient pris la fuite à l'arrivée d'une automobile. Le professeur avait abondamment relaté ces faits devant les médias, aux côtés de responsables de la communauté juive marseillaise.

 

En garde à vue, il a assuré qu'il ne cherchait "pas à faire du buzz", ayant accepté les sollicitations des journalistes à la demande du Consistoire.

 

- Ses lésions 'ne pouvaient pas correspondre' -

Des rapports médicaux ont décrit à propos de ses blessures des lésions "très superficielles, grossièrement de la même profondeur, non pénétrantes" et "prédominant sur l'hémicorps antérieur gauche chez un sujet droitier".

 

Un expert judiciaire de Bordeaux a conclu que les découpes sur les vêtements de l'enseignant et ses lésions "ne pouvaient pas correspondre". Il retenait une hypothèse d'automutilation comme "l'explication la plus logique".

 

En garde à vue, M. Saadoun a contesté cette expertise expliquant que ses agresseurs avaient d'abord déchiré à l'aide de leurs couteaux sa chemise et son pantalon et ne l'avaient pas lacéré à travers ses vêtements. "La déchirure des vêtements et les lacérations sont deux choses différentes", s'est défendu l'enseignant.

 

"Il est vraiment désolé qu'on ne le croie pas", a assuré son avocate Me Karine Sabbah, précisant que son client n'a "jamais varié dans ses déclarations".

 

Aucune expertise psychologique n'a été réalisée.

 

L'avocate plaidera la relaxe et fait observer que le certificat médical initial fait aussi état d'une entorse de la cheville gauche et de contusion au genou.

 

Quelques jours après les attentats de Paris et de Saint-Denis, le récit de M. Saadoun, ainsi que l'agression, la veille, d'une jeune musulmane voilée à la sortie d'une bouche de métro marseillaise, avaient suscité une vague d'indignation.

 

 

 

Lettre d'information

© 2015 - 2016 All rights reserved Islam Message