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La consommation de viande provenant des gens du Livre, chrétiens ou juifs licite ou illicite ?

Le message de l'Islam

 

De nos jours, il est une question qui fait l’objet d’une controverse au sein de la communauté, et sur laquelle flotte une véritable confusion dans l’esprit d’un grand nombre de musulmans. Il s’agit de la consommation de viande provenant des gens du Livre, chrétiens ou juifs. Nous avons déjà traité ce sujet de manière succincte et générale dans un article précédent concernant les règles relatives au sacrifice des bêtes, c’est pourquoi il convient ici de s’attarder sur ce point afin de clarifier la position que se doit d’adopter le musulman face à la consommation de cette viande, à la lumière de fatwas de gens de science.

Tout d’abord, il faut bien saisir le principe de licéité qui fait l’unanimité au sein des gens de science,  anciens et contemporains. En effet, nous avions affirmé que les sacrifices des gens du Livre, juifs et chrétiens, étaient licites à la consommation en vertu de la parole d’Allah : « Vous est permise la nourriture des gens du Livre »[1], c'est-à-dire les bêtes sacrifiées par les gens du Livre vous sont licites à la consommation. Ibn ‘Abbas a dit: « Leur nourriture, c'est-à-dire leurs sacrifices »[2].

De ce fait, les animaux sacrifiés par les gens du Livre, qu’ils soient juifs ou chrétiens, sont licites d’après l’avis unanime des musulmans. Ainsi, la base reste la licéité de cette viande, tant que l’on n’a pas la certitude qu’elles aient été sacrifiées de manière islamiquement non légale. A ce sujet, l’imam Abdelaziz Ibn Baz dit en réponse à une question lui étant adressée, au sujet la consommation de viande issue des bêtes immolées par les chrétiens à notre époque, et ce, malgré les différentes méthodes d’abattage qu’ils emploient, tels que l'utilisation de machines et le recours aux produits anesthésiants : « Il est permis de consommer les bêtes qu'ils ont immolées tant qu'on ne sait pas qu'elles ont été immolées de manière islamiquement non légale, car à l'origine elles sont licites au même titre que la bête immolée par le musulman, en vertu de la parole d'Allah (l'Exalté) : « Vous est permise la nourriture des gens du Livre, et votre propre nourriture leur est permise»[3].

Plus encore, certains savants sont d’avis qu’il ne sied pas au musulman de demander et de s’assurer de cela, comme l’affirme le noble savant Cheykh Al ’Otheymine dans son commentaire de l’ouvrage de jurisprudence « Zâd Al-Moustaqni’ » : « Il ne nous est pas imposé de demander de quelle manière sont sacrifiées les bêtes tant qu’elles émanent de ceux dont les sacrifices sont permis, mais s’il est établi par la suite qu’elles ne sont pas sacrifiées de manière légale, elles sont illicites à la consommation. Mais le fait de chercher et d’interroger à ce sujet est une forme d’excès et de difficultés imposées aux gens ».

De ce fait, il est à noter que les avis de gens de science reconnus en Islam divergent concernant la viande d’origine douteuse - car c’est bien de ce point précis dont il est question ici - provenant des pays des gens du Livre, chrétiens et juifs. En effet, certains d’entre eux voient que cette viande est licite à la consommation jusqu’à preuve du contraire, et se basent sur les textes d’ordre générale qui indiquent la licéité des sacrifices des gens du Livre et sur le fait que la législation n’impose pas de chercher à savoir si le mode d’abattage est bel et bien conforme aux rituels islamiques. D’autres, en revanche, sont plutôt d’avis qu’il est préférable de s’abstenir, afin d’éviter les doutes, en vertu des ahadiths prônant ce principe éthique que l’Islam encourage. Néanmoins, le but de cet humble article tend à être le plus objectif possible, et exposer brièvement ces différents avis afin de permettre au musulman d’y voir un peu plus clair.

Ainsi, certains gens de science affirment le principe de licéité de la viande d’origine douteuse lorsque cette dernière nous provient des gens du Livre, et ce, tant qu’il n’est possible d’affirmer avec certitude qu’elle est illicite. A ce sujet, l’imam Abdelaziz Ibn Baz est l’auteur de nombreuses fatwas qui vont dans ce sens.

 

Fatawas Cheykh Abdelaziz Ibn Baz

Question : Quel est le statut des viandes importées de l'étranger ainsi que les poulets surgelés dont on ignore la méthode d’abattage, sachant que certains savants n'encouragent pas leur achat ?

Réponse : Si ces viandes sont importées des pays des gens du Livre, elles sont licites à la consommation, tant que l’on ignore ce qui prouve leur interdiction, conformément à la parole d’Allah (Gloire et Pureté à Lui) : « Vous sont permises, aujourd'hui, les bonnes nourritures. Vous est permise la nourriture des gens du Livre, et votre propre nourriture leur est permise ». Le fait que quelques abattoirs dans certains pays des gens du Livre emploie une méthode d’abattage islamiquement non légale, ne rend pas les bêtes importées des pays des gens du Livre illicites à la consommation, et ce, jusqu'à ce que l’on sache que telle viande provient de tel abattoir qui ne sacrifie pas selon la méthode légale, car à l'origine, elles sont licites jusqu’à preuve du contraire »[4].

 

Question : Il est vendu ici, en Amérique, des viandes surgelées et fraîches, dont on ne connait ni celui qui a procédé à l’abattage, ni la méthode adoptée, est-il permis d’en manger ?

Réponse : Si la région où sont vendues ces viandes, n’est habitée que par les Gens du Livre parmi les juifs et les chrétiens, ces viandes sont licites à la consommation, même si l’on ignore la méthode d'abattage, car à l'origine, leurs sacrifices sont licites, en vertu de la parole d'Allah (Exalté soit-Il) : « Vous sont permises, aujourd'hui, les bonnes nourritures. Vous est permise la nourriture des gens du Livre, et votre propre nourriture leur est permise ». Or, si d'autres mécréants [hormis les chrétiens et les juifs] habitent cette région, il ne faut alors pas en manger, en raison de l’éventuelle confusion qu’il pourrait y avoir entre la viande licite et celle illicite. De même, c’est également le cas si vous apprenez que ceux qui vendent ces viandes, n’emploient pas une méthode d’abattage conforme à la législation islamique et adoptent d'autres méthodes telles que l'étouffement ou l'assommage, que le sacrificateur soit musulman ou non, car Allah (Exalté soit-Il) dit : « Vous sont interdits la bête trouvée morte, le sang, la chair de porc, ce sur quoi on a invoqué un autre nom que celui d'Allah, la bête étouffée, la bête assommée ou morte d'une chute ou morte d'un coup de corne, et celle qu'une bête féroce a dévorée - sauf celle que vous égorgez avant qu'elle ne soit morte ». Qu'Allah guide les musulmans vers la compréhension de leur religion, Il est Audient et Proche.[5]

 

Question : Nous est-il permis de manger les poulets importés de France, car nous avons entendu qu’ils étaient abattus par électronarcose, et quelle est le rôle du ministère du commerce face à cette question ?

Réponse : Nous avons abordé ce sujet plus d’une fois, et nous nous sommes entretenus avec le ministère à ce propos plus d’une fois à travers différents courriers. Toutefois, ce que nous savons, c’est que tout ce qui importé dans notre pays est licite à la consommation et cela ne fait aucun doute. Ces produits alimentaires sont contrôlées du point de vue de leur abattage et autres. De plus, la base est que les viandes qui proviennent des gens du Livre, chrétiens ou juifs, sont licites à la consommation, car Allah nous a rendu leurs sacrifices licites. De ce fait, tout ce qui nous provient de France, d’Angleterre du Danemark, ou tout autre pays chrétiens ou juifs, avec lesquels nous avons des accords commerciaux, nous est licite à la consommation, car cela fait partie de leur nourriture comme mentionné dans le verset, et il ne nous est pas demandé d’enquêter sur l’origine de ces viandes, en disant peut-être que ceci ou cela. Néanmoins, si l’on apprend que ces bêtes n’ont pas été sacrifiés conformément à la méthode d’abattage en Islam, tel que l’étouffement, l’électronarcose ou autre, il n’est alors pas permis d’en consommer. En revanche, si l’on ignore la méthode employée, la base reste la licéité, au même titre que la viande sacrifiée par un musulman qui est licite jusqu’à preuve du contraire, comme apprendre que ce musulman à sacrifié une bête par une méthode illégale, telle que l’étouffement ou autre. En agissant ainsi, nous utilisons la permission [octroyée par Allah] et optons pour la facilité loin de toute difficulté et fardeau ».

 

Après ce petit exposé, il reste malgré tout trois points à éclaircir concernant cette question, à savoir, qui doit-on considérer chrétiens ou juif aujourd’hui, le statut des méthodes d’abattages contemporaines et la mention du nom d’Allah lors du sacrifice.

1 – Les gens du Livre

Un grand nombre de musulman ne préfère pas, voire s’interdisent, la consommation de viande sacrifiée par un chrétien et partent d’un principe qui tendrait à dire que la masse des français, des anglais ou autres, ne sont  plus de véritables chrétiens de nos jours. A ce propos l’éminent Cheykh Al ‘Otheymine évoque cette conception dans son commentaire de l’ouvrage de jurisprudence « Zâd Al-Moustaqni’ » : « Certaines personnes, de nos jours, doutent de la licéité de l’égorgement des juifs et des chrétiens. Ils disent : aujourd’hui, ils ne sont plus sur la religion [qui a été révélée aux] juifs, et aux chrétiens. Cela n’est pas exact. Effectivement, s’ils disent nous n’avons pas de religions, nous ne les considérons pas comme des juifs et des chrétiens, car leur réponse est claire. Mais s’ils se disent juifs ou chrétiens, même s’ils commettent du polythéisme, cela [ne rend pas illicite la viande qu’ils ont égorgée]. La preuve de cela est qu’Allah a révélé la sourate « La table servie », dans laquelle Il parle des chrétiens et de leur croyance en la trinité, croyance pour laquelle Il les rend mécréants. Allah dit : « Ce sont certes des mécréants ceux qui disent : En vérité, Allah est le troisième de trois »[6]. Et dans la même sourate, Il dit : « Vous est permise la nourriture des gens du livre, et votre propre nourriture leur est permise »[7]. Le Coran a été révélé après qu’ils aient changé [de croyance], et après qu’ils aient mécru et malgré cela la viande qu’ils égorgent et leurs femmes nous ont été rendues licites. Ainsi s’ils disent : nous sommes juifs ou chrétiens, on doit les considérer ainsi, même s’ils ont changé et altéré [leur religion et leur croyance], tant qu’ils n’affirment pas leurs apostasies d’eux-mêmes »[8].

 

Fatwa Le Comité Permanent des Recherches Scientifiques et de la Délivrance des Fatwas du Royaume d'Arabie Saoudite

Question : Est-il permis de manger des animaux égorgés par les gens du Livre malgré leur mécréance et leur polythéisme, ou bien s’agit-il de ceux qui n'associent pas d'autre divinité à Allah, ne dénigrent pas Mohammed ni son message, sans pour autant y croire ?

Réponse : Il est absolument permis de manger les bêtes qu’ils ont sacrifiées, même s’ils associent Jésus à Allah dans leur culte, et nient Mohammad et son message, conformément au sens général de la parole d’Allah (Exalté soit-Il) : « Vous est permise la nourriture des gens du Livre, et votre propre nourriture leur est permise », et ce, car les chrétiens de cette époque disaient qu'Allah est le troisième d'une trinité qu'ils adorent, et il y en avaient parmi eux qui reniaient le Message de manière absolue à l'époque de la révélation du Coran. De plus, aucune distinction n’est à faire entre les différentes tendances au sein du christianisme quant à la licéité des bêtes qu’ils sacrifient. Allah (Exalté soit-Il) dit : « Ce sont, certes, des mécréants ceux qui disent: «En vérité, Allah c’est le Messie, fils de Marie »[9], et Il dit aussi : « Ce sont certes des mécréants, ceux qui disent: "En vérité, Allah est le troisième de trois »[10], Il dit également : « Les Juifs disent : «`Uzayr est fils d’Allah» et les Chrétiens disent: «Le Christ est fils d’Allah »[11]Fatwa numéro 3591

 

2 – Les méthodes d’abattages contemporaines

S’il est unanimement reconnu que lorsque les bêtes destinées à la consommation sont mise a mort par étouffement ou électronarcose, leur viande est illicites, il est tout de même important d’apporter un éclaircissement quant aux méthodes pratiquées en abattoir de nos jours et au statut que leur attribuent les gens de science.

En effet, en France l’étourdissement des animaux a été rendu obligatoire par décret en 1964. Ainsi, certaines méthodes visant à étourdir la bête sont employées dans les abattoirs, au travers de méthodes appropriées et reconnues qui entraînent un état d’inconscience immédiat, et non la mort de l’animal, parmi lesquelles l’étourdissement électrique ou électronarcose, l’étourdissement mécanique à l’aide de pistolets à cheville percutante ou pistolets d’abattage, ou encore l’étourdissement par inhalation d’un gaz composé de Co².

Le décret du 1er octobre 1997, relatif à la protection des animaux au moment de leur abattage ou de leur mise à mort, en son article 2 défini le mot étourdissement par « tout procédé qui, lorsqu’il est appliqué à un animal, le plonge immédiatement dans un état d’inconscience où il est maintenu jusqu’à sa mort ».

Cette règlementation en vigueur préconise l’étourdissement des animaux avant leur mise à mort afin de les plonger dans un état d’inconscience dans lequel ils doivent être maintenus jusqu’à leur mort.

Pour les porcs, les ovins, les caprins et les volailles, c’est l’électronarcose qui est utilisée au moyen d’un courant électrique appliqué de façon brève à la hauteur des oreilles. Le choc électrique provoque un évanouissement de courte durée qui ne tue pas l’animal car il se relève peu de temps après. Ainsi, il est plongé dans un état d’inconscience. Il doit ensuite être saigné rapidement. Des systèmes par inhalation d’un gaz composé de Co² sont également employés. Pour les bovins, vaches, veaux et chevaux, les employés utilisent un pistolet à tige perforante appliqué sur la partie frontale du crâne. La boîte crânienne est instantanément perforée ce qui provoque une lésion du cerveau. Les animaux tombent dans un état d’inconscience [mais ne meurt pas]. Ils doivent ensuite être saignés rapidement.

De ce fait, l’interdiction de consommer la viande issue de la bête morte, qui est un principe fondé et basé sur la parole d’Allah, n’a pas lieu d’être ici, étant donné que les animaux ne sont qu’étourdis.

Par ailleurs, Allah dit : « Vous sont interdits la bête trouvée morte, le sang, la chair de porc, ce sur quoi on a invoqué un autre nom que celui d’Allah, la bête étouffée, la bête assommée ou morte d’une chute ou morte d’un coup de corne… »[12]. Ce verset pourrait prêter à confusion, et induire l’interdiction de viandes issues des bêtes ayant été soumis à l’étourdissement mécanique, néanmoins il faut revenir au terme employé dans le verset « Al mawqoûdhah » la bête assommée, et à son explication pour se rendre compte qu’il s’agit de la bête qui meurt des suites d’un coup porté par un bâton ou quelque chose de lourd.

 

Fatawas Le Comité Permanent des Recherches Scientifiques et de la Délivrance des Fatwas du Royaume d'Arabie Saoudite

Question : Est-il permis de consommer la viande des bêtes égorgées après avoir été engourdies ? Nous portons à votre attention qu’en Allemagne des lois régissent l’abattage, et qu’il n’est permis de tuer aucun animal qu’après étourdissement.

Réponse : Si l’animal est toujours vivant après l’étourdissement et qu’il est sacrifié de manière légale, il est licite, mais s’il meurt après l’étourdissement, il est illicite, et il n’est d’aucune utilité qu’il soit égorgé par la suite. Fatwa (18476)

 

Cheykh Al ’Otheymine dit dans son commentaire de l’ouvrage de jurisprudence « Zâd Al-Moustaqni’ » à ce propos : « Si la bête est soumise à un courant électrique, et qu’ensuite elle est toujours vivante et sacrifiée, elle est licite, et le signe qu’elle est toujours vivante est que lorsqu’on l’égorge le sang jaillit [alors qu’il ne fera que s’écouler si la bête est morte, et il aura commencé à coaguler], et la preuve en est la Parole d’Allah : « Vous sont interdits la bête trouvée morte, le sang qu’on a fait couler, la chair de porc, ce sur quoi on a invoqué un autre nom que celui d’Allah, la bête étouffée, la bête morte suite à un coup, une chute ou un coup de corne, et celle dont un prédateur a mangé - sauf si vous l’égorgez avant qu’elle ne meurt » et cette bête est totalement semblable à la bête étouffée [mais en laquelle il reste un souffle de vie], ainsi si elle est égorgée alors qu’elle est toujours vivante, elle est licite. »

Au regard de cette notion théorique, la seule question qu’il importe malgré tout aux consommateurs de savoir, reste indéniablement de s’assurer qu’en pratique, toute cette règlementation est convenablement appliquée. Si c’est le cas, il devient alors difficile d’affirmer avec assurance que la viande produite par les abattoirs en France est illicite !

 

3 – La mention du nom d’Allah au moment du sacrifice

Toutefois, il demeure un autre point important qui vient se greffer à notre approche qui se veut la plus objective possible, qui est bien évidemment la question de la mention du nom d’Allah au moment du sacrifice. En effet, l’ensemble des ouvrages de jurisprudence islamiques stipulent clairement au chapitre des règles du sacrifice que la mention du nom d’Allah est une condition de validité du sacrifice. Or, ce qui fait divergence au sein des jurisconsultes (fouqahâ) réside dans le statut de ce dernier quand le nom d’Allah n’a pas été prononcé.

Tout d’abord, il faut savoir qu’aucune différence n’est à faire entre le musulman et le chrétien ou le juif pour ce qui est du statut de la mention du nom d’Allah lors du sacrifice. A ce sujet, l’imam Ibn Qoudâma dit dans son ouvrage « Al moughnî » après avoir mentionné les différents avis concernant ce point : « Le musulman et le kitâbi sont sur un même piédestal concernant ce que je viens de citer… ».

Ensuite, le statut de cette mention fait l’objet de trois avis différents, c’est en ce sens que l’illustre savant Ibn Rouchd Al Andaloûssi dit dans son ouvrage de jurisprudence « Bidâyatou-l-moudjtahid » : « Certains ont dit qu’il s’agit d’une obligation absolue, d’autres qu’il s’agissait d’une obligation qui concerne celui qui s’en rappelle contrairement à celui qui oubli cette mention, enfin d’autres ont dit qu’il s’agissait d’un acte fortement recommandé et non obligatoire.

Le premier avis est soutenu par Ahl Adh-dhâhir, Ibn ‘Omar, Ach-Cha’bi et Ibn Sirîn ; le second est soutenu par Malik et Abou Hanifa ; le dernier avis est soutenu par Ach-Châfi’i. L’origine de cette divergence réside dans l’opposition apparente entre le verset : « Et ne mangez pas de ce sur quoi le nom d’Allah n’a pas été prononcé, car ce serait (assurément) une perversité »[13] et le hadith de ‘Aicha en ces termes : « Des gens vinrent trouver le Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) et dirent : « Des gens nous apportent de la viande et nous ne savons pas s’ils ont mentionné le Nom d’Allah sur celle-ci [en l’égorgeant].» Le Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) dit alors : « Mentionnez, vous, le nom d’Allah et mangez »[14]…Quant à ceux ayant opté pour limiter le caractère obligatoire de la mention du nom d’Allah à celui qui en a la présence d’esprit au moment de sacrifier la bête, ils se basent sur la parole du Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) : « Nul grief ne sera fait à ma communauté s’ils fautent involontairement, s’ils oublient, et s’ils agissent sous la contrainte »[15]

L’éminent Cheykh Al ‘Otheymine tient des propos assez similaires lorsqu’il détaille les différents avis sur cette question dans son commentaire de l’ouvrage de jurisprudence « Zâd Al-Moustaqni’ » : « Le premier avis stipule que la mention du nom d’Allah n’est pas une condition mais seulement recommandée..., le second avis affirme qu’il s’agit d’une condition de validité irrévocable qui garde ce caractère en cas d’oubli, d’ignorance ou de délaissement volontaire…, le dernier avis tend à dire que si cette mention est oubliée le sacrifice est licite, et si cette dernière est délaissée volontairement, même par ignorance, le sacrifice est illicite à la consommation… ».

Partant de là, il apparait clairement que la question a toujours fait l’objet d’une divergence d’opinion, c’est pourquoi il semble difficile d’avancer avec assurance et de manière catégorique cet argument pour démontrer l’interdiction de la viande à propos de laquelle on ne sait pas si la mention du nom d’Allah à été prononcée, surtout dans les pays d’Europe où l’attachement des gens du Livre aux principes cultuels connait un véritable déclin. Pourtant, c’est en se penchant sur certaines fatwas traitant ce point ambigu que l’on s’aperçoit une fois de plus que les idées reçues dévoilent un profond manque de science de la part de beaucoup de musulmans.

 

Fatawas Cheykh Abdelaziz Ibn Baz

Question : Il est bien connu que la pratique des gens du Livre diffère de celle des musulmans quant au sacrifice des bêtes destinées à la consommation. Cependant, nous mangeons de leurs viandes bovines, et ovines, endosse-t-on un péché en faisant cela ?

Réponse : …La viande des gens du Livre, chrétiens ou juifs, nous est permise, et si tu ne sais pas la manière dont ils ont égorgée alors tu peux en mangé et ne demande pas à ce propos tant que tu sais que cette viande provient des gens du Livre car elle t’est licite. Cependant, si tu sais qu’ils ont sacrifié ces bêtes de manière islamiquement non légale, telle l’étouffement ou autre, alors il n’est pas permis d’en manger… Et la sounnah consiste à mentionner le nom d’Allah au moment du sacrifice en disant : « Bismillah » car ceci est une obligation. Toutefois, si le sacrificateur oubli ou ignore que la mention du nom d’Allah est obligatoire, il n’y a pas de mal, qu’il s’agisse d’un musulman ou d’un non musulman (chrétien ou juif), il n’y a pas de mal.

 

Le Comité Permanent des Recherches Scientifiques et de la Délivrance des Fatwas du Royaume d'Arabie Saoudite

 « La preuve de base concernant la permission de manger les sacrifices des gens du Livre figure dans le verset : « Vous est permise la nourriture des gens du Livre »[16], c'est-à-dire les bêtes sacrifiées par les gens du Livre vous sont licites à la consommation. Ibn ‘Abbas a dit : «Leur nourriture, c'est-à-dire leurs sacrifices». Ainsi, lorsque nous savons que le chrétien ou le juif a sacrifié une bête en mentionnant le nom d’Allah, sa viande nous est alors licite, au même titre que si nous savons qu’il a mentionné un autre nom que celui d’Allah, sa viande nous est illicite en vertu de la parole d’Allah : « Et ne mangez pas de ce sur quoi le nom d’Allah n’a pas été prononcé, car ce serait (assurément) une perversité »[17] et Sa parole au sujet des bêtes interdites : « ce sur quoi on a invoqué un autre nom que celui d'Allah »[18]. Or, si l’on ignore et ne savons pas s’ils ont mentionné le nom d’Allah ou le nom d’un autre qu’Allah, la base est que leurs sacrifices est la licéité »[19].

L’éminent Cheykh Al ‘Otheymine tient des propos allant dans le même sens dans son livre « Les règles du sacrifice » lorsqu’il dit : « Le musulman n’est pas tenu de demander au sujet du sacrifice effectué par le musulman ou le kitâbi et la manière dont il a procédé et s’il a mentionné le nom d’Allah ou non. Plus encore, cela n’a pas lieu d’être, car il s’agit là d’une forme d’exagération en matière de religion. A ce propos, le Messager d’Allah (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) mangeait de la viande issue des sacrifices juifs et ne les a jamais interrogés. L’imam Al Boukhari rapporte dans son recueil authentique que ‘Aicha que des gens vinrent trouver le Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) et dirent : « Des gens nous apportent de la viande et nous ne savons pas s’ils ont mentionné le Nom d’Allah sur celle-ci [en l’égorgeant]. » Le Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) dit alors : «Mentionnez, vous, le nom d’Allah et mangez »[20]. Elle ajouta qu’il s’agissait de gens convertis à l’Islam récemment. Malgré tout, le Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) leur ordonna de manger sans chercher à savoir, alors qu’il est fort possible que ces gens puissent ignorer les règles islamiques au sujet des sacrifices ».

Nous avions précisé au début de cet article que contrairement à ce qui vient d’être cité, un certain nombre de savants étaient plutôt d’avis qu’il est préférable pour le musulman de s’abstenir de consommer une viande dont l’origine serait douteuse, afin d’éviter toute ambigüité, et ce, en vertu des ahadiths prônant ce principe éthique que l’Islam préconise. Le Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Laisse ce qui provoque en toi le doute pour ce qui ne suscite en toi aucun doute »[21].

Dans cette approche, le seul point faisant débat figure uniquement dans le statut de la viande provenant des pays des gens du Livre sur laquelle persiste un doute et dont on ignore la méthode d’abattage employée, car comme nous l’avons déjà précisé, dès lors que nous savons qu’une bête est sacrifiée dans un abattoir ou autre, de manière non conforme aux préceptes islamiques, les musulmans sont unanimes quant au caractère illicite de cette viande. C’est pourquoi il convient à présent d’énumérer d’autres avis sur la question afin de rester objectif dans l’approche de ce sujet qui crée confusion.

Il est des savants de renommée qui ont un point de vue intéressant, qui diffère de celui qui vient d’être cité tout au long de l’article. En effet, à la lecture des différentes fatawas et paroles, le lecteur aurait plutôt tendance à se rendre à l’évidence et admettre que la question de la viande produites par les abattoirs en France ou autre, n’est pas forcément illicite de manière absolue. Tout dépend des conditions exactes dans lesquelles sont sacrifiées les bêtes, et c’est bien là le point crucial qu’il est nécessaire de mettre au clair avant d’émettre des fatawas à tout va, et d’interdire avec assurance et sans l’ombre d’un doute ce qui n’est pas forcément illicite !

Néanmoins, il existe un avis différent du point de vue que nous venons d’évoquer, qui met en avant le fait qu’il est préférable pour le musulman de s’abstenir de consommer une viande d’origine douteuse. A ce sujet, l’éminent Cheykh Al Albâni fut interrogé au sujet de la viande produite en Bulgarie et importée, comme l’on peut entendre dans la série de cassettes « silsilatou-l-houda wa nour » et répondit en ces termes : « J’ai l’habitude de répondre de manière détaillée à ce genre de question, car je n’ai pas la capacité de convaincre tout ceux qui sont présents, ni les millions de musulmans, que ces bêtes ont été sacrifiées selon notre rituel ou non. C’est une chose dont je ne suis pas capable. Mais je dis que les gens face à cette question, qui est de savoir si elles ont été sacrifiées de manière islamiquement légale ou non, rencontrent trois cas de figure :

1 – Soit ils sont sûrs que ces bêtes ont été sacrifiées de manière illégale, il leur est alors interdit d’en consommer

2 – Soit ils sont sûrs qu’elles ont été sacrifiées de manière légales, il leur est alors permis d’en consommer

3 – Soit ils ne savent pas, et c’est le cas de la plupart des gens.

Comment la masse des gens peut-elle vérifier qu’elles ont été sacrifiées de manière légale? De là, nous citons alors deux hadiths du Messager d’Allah (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) : « Laisse ce qui provoque en toi le doute pour ce qui ne suscite en toi aucun doute»[22]. Le second hadith rejoint le premier même si sa chaîne de transmission est faible: « Il ne sera pas possible à l’homme d’atteindre le degré des pieux jusqu’à ce qu’il délaisse les choses permises de peur d’accomplir une chose interdite »[23]. En somme, tant que tu ne sais pas si cette bête à été sacrifiée ou non, le Messager d’Allah (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) te dit « Laisse ce qui provoque en toi le doute pour ce qui ne suscite en toi aucun doute »[24].

Par ailleurs, l’éminent Cheykh Sâlih Al Fawzan résume la question et dit dans le magazine de recherches scientifiques de l’Ifta : « …Parmi les viandes importées, certaines proviennent de pays de gens du Livre dont la méthode d’abattage n’est pas connue avec certitude, et sur laquelle persistent de sérieux doutes quant à sa conformité avec la méthode islamique légale. Sur ce cas, les savants contemporains sont de deux avis :

1 – Cette viande est licite en vertu de la parole d’Allah : « Vous est permise la nourriture des gens du Livre »[25]. Ainsi, la base est la licéité de ces viandes jusqu’à preuve qu’elles aient été sacrifiées de manière islamiquement non légale.

2 – Les viandes issues de ces sacrifices sont illicites à la consommation, car la base concernant les animaux est l’interdiction, rien n’en est licite qu’après avoir été sacrifié légalement de manière sûre, c’est par ce procédé que le statut de la consommation de ces animaux passe de l’interdiction à la permission, et étant donné que subsistent des doutes sur la conformité de la méthode d’abattage, on reste sur le principe de base qui est l’interdiction, car il est répandu chez les gens du Livre ou chez une grande partie d’entre eux l’abattage par étouffement, électronarcose et autres moyens illicites. Parmi les preuves sur lesquelles ils se basent pour émettre cet avis, figure le hadith rapporté dans les deux recueils authentiques : « Si tu envois ton chien dressé saisir ta proie et que tu as mentionné le nom d’Allah alors mange-la, mais si tu trouve avec lui un autre chien [non dressé], n’en mange pas ». Ce hadith indique que si un chasseur trouve avec son chien dressé un autre chien, il ne lui est pas licite de manger la proie chassée, car dans ce cas c’est le doute qui prend le dessus. Deux actions sont réunies dans cette chasse, d’une part une action permise qui est d’envoyer un chien dressé en mentionnant le nom d’Allah, et d’autre part une action non permise qui est la participation d’un autre chien non envoyé par le chasseur. D’où l’interdiction du Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) de manger de cette proie, ce qui est assimilable au cas de la viande importée de l’étranger dont l’origine varie entre la permission et l’interdiction, et ce, d’après les informations publiées dans les journaux et magazines. C’est cet avis qui me parait le plus prépondérant en raison de la force de son argumentation, et les émetteurs du premier avis n’ont d’argument si ce n’est de se baser sur le sens général de la parole d’Allah : « Vous est permise la nourriture des gens du Livre ». Or, le sens général de ce hadith prend un sens particulier au regard des textes qui indiquent que lorsque s’associent une interdiction et une permission sur une même question, c’est l’interdiction qui prend le dessus. Il y a aussi la règle de base concernant les bêtes qui est l’interdiction à l’exception de ce qui a été sacrifié de manière islamiquement légale… De plus, il est difficilement concevable que des quantités aussi grandes soient abattues légalement et emballées. Surtout qu’il arrive parfois de trouver certains poulets dont la tête est intacte et n’a pas été coupée. Il incombe donc aux musulmans de manière générale, et aux détenteurs des autorités plus particulièrement, d’accorder une grande attention à ce sujet, et de prendre toutes les mesures nécessaires afin de s’assurer que l’abattage des bêtes dont les viandes sont importées soient fidèle aux rites islamiques même si cela engendre quelques difficultés, et ce, dans un soucis de préserver la licéité des produits alimentaires et éviter qu’ils ne soit mélangés à des nourritures illicites qui auraient une incidence irrémédiable sur le comportement, et la santé des musulmans. Nous implorons Allah de secourir Sa religion, et d’élever Sa parole, et d’épargner tous les musulmans de ce qui peut leur nuire, Il est Audient et Répondant. Que les éloges et le salut soient sur notre Prophète Mohamed, sa famille et ses compagnons »[26].

Après ce bref énoncé, il apparait clairement que la position de la partie des musulmans qui préfèrent s’abstenir est tout de même fondée. Cependant, il faut attirer l’attention du lecteur sur un point fondamental, à savoir la position du musulman face aux divergences d’opinion. En effet, s’il est capable de faire la distinction entre une preuve et une autre, le musulman est alors tenu de regarder les preuves sur lesquelles s’appuie chaque savant, puis doit se pencher vers celui qui le tranquillise le plus, vers la preuve qui lui semble la plus forte. De ce fait, même le commun des musulmans a le devoir de faire un effort de réflexion [dans la recherche de la vérité] que les savants nomment al idjtihâd. Cet effort de réflexion diffère d’une personne à une autre. Néanmoins, tant que la divergence est fondée sur des preuves tirées du Coran et de la Sounnah, il ne sied pas au musulman de vouloir imposer son avis, et créer la discorde entre les musulmans, en interdisant de consommer de la viande provenant des pays des gens du Livre, ou au contraire en voulant imposer à tous, de manger de cette viande en faisant des reproches à ceux qui ont décidé de s’abstenir.

Cependant, pour pouvoir affirmer un avis, objet qui n’était pas le but de notre article, le point fondamental qui reste à établir est de cerner concrètement les méthodes d’abattages employées dans les abattoirs, afin des les confronter au rituel de sacrifice en Islam. Nous souhaitions seulement attirer l’attention des lecteurs sur les dangers d’accepter et de diffuser des idées reçues au nom de l’Islam qui s’avèrent souvent infondées.

En conclusion, la question de la viande des gens du Livre est une question sensible qui touche le quotidien des musulmans, c’est pourquoi elle nécessite recherches et approfondissement. Ainsi, le devoir qu’il incombe à chacun est d’approfondir ses connaissances par le biais de la recherche à travers les ouvrages de jurisprudences, tout en questionnant les gens de science avant d’émettre des avis à tous va. Nous l’avons vu au cours de cette humble approche qu’un grand nombre de règles relatives au sacrifice sont ignorées par beaucoup de musulmans qui diffusent à tort toute une panoplie d’idées reçues malheureusement infondées, d’où l’immense besoin d’étudier.



[1] Sourate 5 La table servie verset 5

[2] Rapporté par Al Boukhari (voir Fath al bâri 9/552)

[3] Sourate 5 La table servie verset 5

[4] Vol 23 page 19

[5] Vol 23 page 21

[6] Sourate 5 La table servie verset 73

[7] Sourate 5 La table servie verset 5

[8] Vol 15 chapitre des sacrifices

[9] Sourate 5 La table servie verset 72

[10] Sourate 5 La table servie verset 73

[11] Sourate 9 Le repentir verset 30

[12] Sourate 5 La table servie verset 3

[13] Sourate 6 Les bestiaux, verset 121

[14] Rapporté par Al Boukhari (5507)

[15] Hadîth rapporté par Ibn Mâjah (2045), Ad-Dâraqoutni (4/170), Al Bayhaqi (7/356), Al Hakim (2/198), jugé authentique par Al Albâni dans « Al irwâ ‘ » (82)

[16] Sourate 5 La table servie verset 5

[17] Sourate 6 Les bestiaux, verset 121

[18] Sourate 5 La table servie verset 3

[19] Fatawa du Comité du cercle des grands savant d’Arabie Saoudite (22/ 387)

[20] Rapporté par Al Boukhari (5507)

[21] Rapporté par At-Tirmidhi et An-Nassa’i

[22] Rapporté par At-Tirmidhi et An-Nassa’i

[23] Rapporté par At-Tirmidhi et Ibn Mâjah

[24] Cassette 131 min 44

[25] Sourate 5 La table servie verset 5

[26] Tiré du magazine de recherches islamiques édité par le cercle des grands savants d’Arabie Saoudite N.7 p238 en 1403 

 

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aba chou'ayb
dimanche 3 mars 2013
Salam 'alaykoum et barak allah o fik pour le dossier sur la viande des gens du livres car en france quand on est de cet avis ou nous taxe souvent de rendre halal ce qu'Allah a rendu harram Allah ou mousta'en il faudrait publier ce dossier et en faire une petite rissala qu'on venderait en maktaba barak allah o fikoum

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