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Accueil>La vérité sur les sujets qui discréditent l'Islam

L’idéologie des terroristes et de ceux qui les approuvent (1)

Le message de l'Islam

Allah dit : « Alif, Lām, Rā. (Voici) un livre que nous avons fait descendre sur toi, afin que - par la permission de leur Seigneur - tu fasses sortir les gens des ténèbres vers la lumière, sur la voie du Tout Puissant, du Digne de louange »[1]

 

Certes, l’Islam est la religion qu’Allah a choisi pour tous les êtres humains quelques soient leur race, leur couleur, leur pays, leur communauté. C’est par Son infinie Miséricorde qu’Il a envoyé des prophètes et des messagers avec un seul et unique message, un seul objectif : appeler les hommes au monothéisme pur (At-Tawhîd). Allah dit : « Sache donc, qu’en Vérité, il n’y a de divinité qui est en droit d’être adoré si ce n’est Allah»[2],  Il dit aussi : « Je n’ai crée les Djinns et les Hommes que pour qu’ils M'adorent »[3].

 

Par ailleurs, Allah a envoyé Mohammed, que les éloges et le salut soient sur lui, le sceau des prophètes, avec une religion indulgente et une législation universelle qui garantit aux êtres humains une vie honorable distinguée et les conduit aux plus haut degrés de la perfection.

 

Néanmoins, chaque prophète fût envoyé pour un peuple donné, hormis le Prophète Mohammed, que les éloges et le salut soient sur lui, qui fût envoyé comme miséricorde pour l’humanité toute entière. Allah  dit : « Et Nous ne t'avons envoyé qu'en miséricorde pour l'univers »[4]

 

Ainsi, le Messager d’Allah, que les éloges et le salut soient sur lui, fut chargé de transmettre l’Islam à tous les hommes, c’est en ces termes qu’Allah dit : « Dis : « Ô hommes ! Je suis pour vous tous le Messager d' Allah, à Qui appartient la royauté des cieux et de la terre. Pas de divinité à part Lui. Il donne la vie et Il donne la mort. Croyez donc en Allah, en Son messager, le Prophète illettré qui croit en Allah et en Ses paroles. Et suivez- le afin que vous soyez bien guidés »[5]. C’est également ce qui est affirmé par un hadîth selon lequel le Messager d’Allah a dit : « Tout Prophète fut envoyé spécifiquement à son peuple, quant à moi, je suis envoyé à l’humanité toute entière »[6].

 

L'islam n’est pas le propre d’une personne, d’un peuple ou d’un pays en particulier. Il ne se limite pas à une communauté particulière. C’est une religion universelle et intemporelle qui a pour objectif de susciter et de cultiver en l’homme les qualités et le caractère moral conformes aux aspirations de son Seigneur et Créateur, et ce, jusqu'à ce qu'Allah hérite la terre et ce qu'elle porte.  Allah  dit : « Gloire à celui qui a révélé la Distinction à son serviteur pour qu'il avertisse l'humanité »[7], Il dit également : « Oui, c'est à l'ensemble des hommes que nous t'avons envoyé pour annoncer la bonne nouvelle et avertir »[8], ou encore  : « Dis : « Ô hommes! Je suis pour vous tous le Messager d'Allah, à Qui appartient la royauté des cieux et de la terre. Pas de divinité à part Lui. Il donne la vie et Il donne la mort. Croyez donc en Allah, en Son messager, le Prophète illettré qui croit en Allah et en Ses paroles »[9].  

 

L'objectif que vise le message de l’Islam c'est la purification des âmes par la connaissance d'Allah et par son adoration.  Allah - Exalté soit-Il -   dit : « C'est Lui qui a envoyé à des gens sans Livre (les Arabes) un Messager des leurs qui leur récite Ses versets, les purifie et leur enseigne le Livre et la Sagesse, bien qu'ils étaient auparavant dans un égarement évident... »[10]. D’où, la mission d’appeler les gens à cette religion qui est d’importance capitale. Il s’agit de guider les hommes vers le droit chemin et de les orienter vers ce qui assure leur bonheur ici-bas et dans l’au-delà.

 

C’est pourquoi, l’appel à Allah est une importante mission et une noble fonction, à travers laquelle il incombe d’appeler les hommes à l’adoration d’Allah Seul, à les sortir des ténèbres du polythéisme vers la lumière du Tawhîd. Nombreux sont les textes qui encouragent et font mention du caractère louable de la prédication en Islam. Abou Houreyra rapporte que le Messager d’Allah a dit : « Celui qui appelle les gens à une voie droite, aura la même récompense que ceux qui la suivent, sans que cela ne diminue en rien leur récompense ; et celui qui appelle à l’égarement assumera les péchés de tous ceux qui suivront cet égarement, sans que cela ne diminue en rien leur péchés »[11].  

 

Sahl ibn Sa’d As-Sâ’idy rapporte que le Messager d’Allah a dit à ‘Ali : « Par Allah ! Le fait qu’Allah guide un homme par ton intermédiaire est préférable pour toi que de posséder un troupeau de chamelles rousses »[12].

 

Aujourd’hui , plus que jamais, l’humanité traverse la crise spirituelle la plus profonde de son histoire, d’où la nécessité plus grande que jamais, de prêcher le message authentique qu’incarne l’Islam. Toutefois, cette prédication ne saurait porter ses véritables fruits si les individus qui s’en chargent véhiculent un Islam altéré, par une compréhension des textes en désaccord  avec la véritable essence du message divin. En effet, ils existent au sein de l’Islam différents courants de pensée desquels découlent diverses conceptions erronées des aspects de notre religion. Le Messager d’Allah, que les éloges et le salut soient sur lui, avait bel et bien avertit du sort de sa communauté lorsqu’il dit : « Ma communauté se divisera en soixante-treize fractions, toutes iront en Enfer à l’exception d’une seule ». Ils dirent [les compagnons] : « Qui sont-ils O Messager d’Allah ? ». Il dit : « [Celle qui se conforme à] la voie sur laquelle nous sommes mes Compagnons et moi [aujourd’hui]»[13].

 

Dans un autre hadith rapporté dans les deux recueils authentiques, le célèbre compagnon Houdheyfa Ibn Al-Yaman relate les propos suivants : « Les gens interrogeaient le Messager d’Allah sur le bien, quant à moi je l’interrogeais sur le mal, de peur qu’il ne m’atteigne. Je dis : « Ô Messager d’Allah ! Nous étions dans l’ignorance et le mal, et Allah nous a apporté ce bien, y aura-t-il donc un mal après ce bien ? – Oui. – Et après ce mal, y aura-t-il un bien ? – Oui, mais il sera troublé. – Quel est ce trouble ? – Des gens qui adoptent autre que ma Sunna et suivent une voie autre que la mienne, tu approuveras d’eux certaines choses et en réprouveras d’autres. – Et après ce bien, y aura-t-il un mal ? – Oui, des prêcheurs aux portes de l’Enfer, celui qui leur répond, ils l’y précipitent. – Que m’ordonnes-tu si je vis cela ? – Attache-toi au groupe uni des musulmans et leur imam. – Et s’ils n’ont ni groupe uni ni imam ? – Éloigne-toi alors de tous ces groupes, même si tu dois pour cela mordre à la racine d’un arbre jusqu’à ce que la mort te saisisse dans cet état »[14].

 

Il apparait donc clairement qu’un prêche en désaccord avec la voie du Messager d’Allah ne saurait porter ses fruits. De ce fait, appeler les gens à la religion d’Allah, c’est les inviter à suivre le vrai Islam et la Sounnah authentique qui s’illustre dans le retour aux sources principales de l’Islam comme celles-ci ont été révélé au Prophète, que les éloges et le salut soient sur lui, et transmises ensuite de sa part aux nobles Compagnons.

 

C’est pourquoi, il incombe aux musulmans de concentrer leurs efforts à purifier l’Islam des éléments intrus qu’on lui accole comme il incombe d’éduquer la jeunesse musulmane à la religion véritable qui puise ses enseignements à partir d’une source pure : le Coran et la Sounna conformément à la compréhension des pieux prédécesseurs (As-Salaf As-Sâlih). Il incombe notamment de prendre la défense de l’Islam et de le présenter sous son aspect véritable. Allah dit : « Voici Mon Chemin Droit alors empruntez-le et ne suivez pas les sentiers qui vous feront dévier de sa voie »[15].

 

Il est malheureusement regrettable de voir à l’heure actuelle les actions de certaines  mouvances déviantes ne cessant d’entraver cette noble tâche, en véhiculant un Islam loin des enseignements et préceptes islamiques authentiques. C’est pourquoi nous allons présenter dans cet article un exposé d’une mouvance particulièrement nuisible à l’Islam et aux musulmans, auxquels s’affilient de nombreux groupuscules prônant la haine et semant la terreur par la perpétuation d’attentats et d’attaques au nom de l’Islam. De la grande nébuleuse « Al Qaïda », jusqu’aux exactions isolées à l’image de l’opération menée par le jeune Mohamed Mérah lors des tueries de Toulouse, en passant par les groupuscules sévissant sur le continent africain, à l’instar des opérations revendiquées au nom de l’Aqmi par Boko haram, ou encore par la propagande stérile et contre productive de quelques groupuscules tels que Forsan Al ‘Izza en France et Sharia4Belgium en Belgique, il est absolument indispensable d’apporter quelques éclaircissements à la lumière des textes de la législation et des paroles des gens de science, afin d’exposer de manière irréfutable que notre religion se désavoue de tous ces groupes qui ont pour dénominateur commun l’apologie du djihâd[16] et la vénération d’un « héro » des temps modernes : le légendaire Oussama Ben Laden !

 

La voie qu'ont empruntée ces organisations sectaires qui ont fait de la quête du pouvoir leur principal but, afin d’instaurer la « Charia » pour tous, pourrait se résumer en ces quelques mots : déclarer le combat aux mécréants. Néanmoins, toutes ces organisations ignorent qu’en agissant ainsi, ils ne font qu’éloigner les gens de l’Islam, et semblent oublier que leurs actions sont à l’origine de l’importation des armées mécréantes dans les pays musulmans, qui font des attentats perpétrés sur leurs sols le prétexte le plus « légitime » pour s’implanter ici et ailleurs. Ensuite, tout ce que trouverons à dire les dirigeants de ces groupuscules, c’est que c’est la faute des gouverneurs.

 

Le signe révélateur qui les distingue, c’est leur envie constante d’enflammer les foules et de les pousser à la rébellion contre les autorités en place, sous prétexte qu’ils ne seraient plus musulmans. Ils éduquent ainsi la jeunesse à se détourner des sciences religieuses et des savants afin de se tourner vers l’actualité politique et de se jeter la tête en avant dans des troubles dévastateurs.

 

Ces mouvements ont engendré une génération de penseurs auteurs d’ouvrages communément qualifiés d’intellectuels, mais qui malheureusement ont corrompu la croyance de bon nombre de musulmans pour les faire dévier du droit chemin. Ces écrivains voient les sociétés musulmanes contemporaines comme de vulgaires sociétés païennes et infidèles ; elles auraient complètement délaissé l’Islam et affiché ouvertement leur hérésie. Aucun membre de la communauté n’échappe à leur jugement qu’il soit affilié à l’état ou au peuple, qu’il soit homme ou femme, jeune ou vieux. Toute une génération a reçu l’éducation de ces ouvrages et a cultivé dans son cœur certains germes de l’ « excommunication » globale de la nation musulmane, qui est devenue une croyance ancrée dans les poitrines. Il ne faut donc pas s’étonner des mauvaises conséquences que ces pensées ont entraînées.

 

En réalité, ce courant de pensée n’est pas nouveau, il s’agit de l’idéologie de la secte la plus ancienne apparut au sein de l’Islam, qui furent très vite nommés « Khawârijs »…

 

Historique

L’origine de l’apparition de cette secte [les khawarijs] remonte très tôt dans l’histoire de l’Islam. Certains savants assurent même que leur hérésie est la première apparue dans les rangs des musulmans. En effet, la première innovation en Islam connut le jour sous l’inspiration fanatique et aveugle des Khawârijs. Cette dernière relevait du domaine de la croyance et spécifiait que l’auteur d’un grand péché n’était plus considéré comme musulman, et sortait par celui-ci de la sphère de l’Islam, rendant ainsi son sang, ses biens, et son honneur licites, à l’instar de l’apostat. Ce sont donc les premiers adeptes de l’Islam connus pour «excommunier» les musulmans en raison de simples péchés et pour taxer injustement leurs coreligionnaires de mécréants. Le fondement de leur doctrine est donc basé sur  un extrémisme sans limites, contre lequel le Prophète, que les éloges et le salut soient sur lui, mis en garde sa communauté à travers de nombreux ahâdîths.

 

Cheykh Al Islam ibn Taymiyya souligne à cet effet : « C’est pourquoi, il faut prendre garde à ne pas taxer les musulmans d’apostasie à cause de leurs erreurs ou de leurs péchés, car c’est la première innovation apparue dans l’Islam. Ces adeptes ont exclu les musulmans de la religion et ils se sont légitimés leurs biens et leur sang »[17].

 

C’est lors de la révolte contre les détenteurs de l’autorité à la fin du règne de ‘Othmâne que ce courant connut le jour. Leur insurrection a entraîné la mort de ce dernier. Puis, lors du califat de ‘Ali, leur mal s’intensifia et ils se séparèrent de lui et le déclarèrent mécréant, lui et les compagnons (du Prophète) en raison de leur refus d’adhérer à leur courant.

 

Ils considèrent mécréants tous ceux qui s’opposent à leur mouvement. Ils ont, du fait, rendu mécréant les plus nobles créatures que sont les compagnons du Prophète, que les éloges et le salut soient sur lui.

 

Le père spirituel de cette secte

Le premier d’entre eux apparut du vivant du Messager d’Allah, que les éloges et le salut soient sur lui. Il se nommait Dhou Al Khouwaysirah et était animé par un esprit de révolte qui formera plus tard l’un des principaux aspects caractérisant ce courant de pensée.

 

A son propos, Abou Sa'îd Al Khoudri a dit : « 'Ali Ibn Abi Tâlib envoya du Yémen lorsqu’il y était gouverneur, de l'or enveloppé dans du cuir teint, au Messager d'Allah, que les éloges et le salut soient sur lui, qui le partagea entre quatre personnes : Zayd Al Khayl, Al Aqra Ibn Hâbis, 'Ouyainah Ibn Hisn et 'Alqamah Ibn Oulathah. Une personne parmi les compagnons fit remarquer qu'elle était plus en droit de recevoir cette richesse que ces personnes. Quand cette remarque parvint au Prophète, que les éloges et le salut soient sur lui, il dit : « Ne me faites-vous pas confiance, je suis l’homme à qui Celui au-dessus des cieux a fait confiance ? La révélation vient à moi des cieux matin et soir ». Alors un homme avec les yeux enfoncés, les pommettes hautes et élevées, un front saillant, la barbe épaisse et le crâne rasé se redressa et dit : « Mohammed ! Craint Allah et sois équitable car ce n’est pas là un partage au travers duquel on recherche le Visage d’Allah». Le Prophète, que les éloges et le salut soient sur lui, s'est tourné vers lui et a répondu : « Malheur à toi. Ne suis je pas la personne qui craint Allah le plus ?». L'homme s'en alla et Khalid Ibn Al Walîd se précipita et dit : « Ô Messager d'Allah, puis-je lui trancher la tête?». Mais le Prophète, que les éloges et le salut soient sur lui, répondit : « Peut-être observe-t-il la prière ». Khalid dit alors : « Peut-être est-ce un homme qui observe les prières et dit avec sa langue ce qui n'est pas dans son cœur ». Le Prophète, que les éloges et le salut soient sur lui, répondit : « Il ne pas été ordonné de percer le cœur des gens ou de fendre leurs ventres ». Alors il jeta un coup d'œil sur l'homme qui s'en allait et dit : « Il surgira de la progéniture de cet homme un peuple qui récitera le Coran, mais le Coran n'ira pas au delà de leurs gorges; ils traverseront la religion comme une flèche traverse sa cible »[18].

 

L’origine de leur dissidence

Les Khawârijs sont réellement apparus suite au différent qui opposa ‘Ali (que Dieu l’agrée) à Mou’âwiya (que Dieu l’agrée) lors de la bataille de Siffîn en 657 où bon nombre d’entre eux comptaient dans l’armée d’Ali. Cette bataille entre musulmans avait été meurtrière et ‘Ali accepta l'idée d'un arbitrage pour arrêter le bain de sang. Ils refusèrent l’idée d’un arbitrage entre ‘Ali et Mou’âwiya prétendant que l’arbitrage appartient à Allah Seul. Ils s’opposèrent à ce règlement et blâmèrent à outrance le gendre du Prophète en lui lançant : « Tu as pris des hommes pour juger à partir du Livre d’Allah, alors qu’il n’y a d’autre Juge que Lui. » Ils l’ont ensuite explicitement « excommunié»[19].

 

Pour mieux cerner l’idéologie de ce courant, il convient de revenir sur les origines de la discorde qui éclata entre les nobles compagnons. C’est sous le règne du Calife ‘Othmâne que les prémices d’une périodes de troubles se font sentir. En effet, c’est à la sixième année de son califat que des intrigues se nouent dans les provinces les plus éloignées de Médine, surtout de l'Irak : on se met à critiquer certaines positions du Calife. C'est un homme du nom de Abdoullah ibn Saba' qui joue un grand rôle dans la diffusion de ces rumeurs. C'est ainsi que débute ce que le Prophète, que les éloges et le salut soient sur lui, avait, de son vivant, décrit comme « l'épreuve » (fitna) qui frappera de ses vagues comme le fait la mer[20].

 

On reproche à ‘Othmâne d'avoir nommé à des postes administratifs des gens de sa parenté tels que Mou'âwiya, Abdoullâh ibn Kourayz, Al-Walîd ibn 'Uqba, Marwân, qui appartiennent tous aux Banû Oumeyya. En fait, ‘Othmâne n'a fait que garder ces derniers aux postes qu’ils leur avaient été confiés avant son califat.

 

D'autres personnes disent que ‘Othmâne accordait, dans l'argent du trésor public, des grands dons à certains de ses parents. Ibn Taymiyya répond : « Où sont les chaînes authentiques prouvant cela ? ‘Othmâne faisait des dons à ses proches mais il en faisait aussi à des gens qui n'avaient pas de lien de parenté avec lui ».

 

Mais en réalité, les cerveaux de l'intrigue manigancaient volontairement un stratagème afin de parvenir à une insurrection contre le pouvoir califale et n'avaient aucun scrupule pour parvenir à leurs objectifs : ils n'hésitaient pas à écrire de fausses lettres qu'ils signaient du nom d'illustres compagnons et qu'ils envoyaient à des gens pour qu’ils se soulevent contre le calife. Ils prétendront ainsi que Alî leur a écrit une lettre critiquant ‘Othmâne. Alî s'exclamera : « Par Dieu ! Je ne vous ai jamais envoyé de lettre ! ». De même, alors que Masroûq reprochera à Aïcha d'avoir écrit aux gens pour les soulever contre ‘Othmâne, elle protestera et dira : « Par Celui en qui les croyants ont foi et que les incroyants renient, je ne leur ai pas écrit une seule lettre ! ». Signer des faux sera ainsi une des armes que ceux qui alimentent la rébellion utiliseront de toutes les façons possible. Bientôt les provinces bourdonneront de rumeurs dénigrant le calife.

 

Au cours du mois de Dhou-l-hijja de l'an 35, les futurs insurgés entrèrent à Médine. Ils se rendirent auprès de ‘Othmâne et lui reprochèrent de vive voix ce qui se disait jusqu'à présent dans les provinces. ‘Othmâne leur demanda : « Que voulez-vous ? ». Ils firent alors part de leurs exigences, et ‘Othmâne finit par s'engager à les respecter : il y a notamment le fait de ne nommer que les gens, que ces insurgés estimaient dignes, aux postes administratifs ; il y avait aussi le fait de répartir les recettes fiscales de façon « égale ». Pour leur part ils prennaient l'engagement de reconnaître son autorité en tant que calife. Ils repartirent alors de Médine satisfaits, mais bientôt ils interceptèrent un cavalier porteur d'une lettre signée de ‘Othmâne qui demandait au gouverneur d'Egypte de mettre à mort les insurgés. Ils revinrent alors à Médine afin de mettre les choses au clair.

 

Ils viennent rencontrer Alî et lui dirent qu'ils allaient se soulever contre ‘Othmâne et qu'il devait les aider dans cette entreprise. Devant son refus, ils lui dirent : « Eh bien pourquoi nous as-tu donc envoyé la lettre ? – Par Dieu je ne vous ai jamais envoyé de lettre ! », protesta Alî. Les insurgés allèrent demander des explications au calife ‘Othmâne. Celui-ci jura ne pas être à l'origine de la missive qu'ils ont interceptée. Ils lui demandèrent alors de leur remettre Marwân ibn Al Hakam, son secrétaire. ‘Othmâne refusa et les insurgés assiégèrent ‘Othmâne dans sa maison.

 

Encerclé dans sa demeure, ‘Othmâne voulu raisonner une dernière fois ses ennemis, mais les insurgés l’assassinèrent alors qu'il récitait le Coran dans sa demeure. Ce tragique événement se produit le 18 Dhoul-l-hijja de l’an 35.

 

Après l'assassinat de ‘Othmâne, la situation fut très délicate à Médine. De nombreux insurgés étaient dans la ville et y exerçaient une forte présence. Il ne fallait qu'une étincelle pour déclencher un embrasement général.

 

On vint proposer à Alî de devenir calife, mais il refusa un certain temps, puis finit par accepter. Les insurgés présents à Médine firent massivement allégeance à Alî et évoluèrent dans son entourage. La discorde (fitna) naîtra de la divergence quant à l'attitude à adopter face aux meurtriers de ‘Othmâne. En effet, il sentait bien qu'appliquer le talion en pareilles circonstances risquait de provoquer un embrasement général ; il pensa donc laisser les choses se calmer et juger plus tard les meurtriers ; quelques mois passèrent ainsi. C'est cette absence d'application du talion qui va être mal interprétée par d'illustres personnages : Aïcha, Talha, Az-Zoubayr, Mou'âwiya, 'Amr ibn Al 'Ass, lesquels vont d'autant plus se méprendre sur les intentions de Alî que, comme nous l'avons vu, les insurgés lui firent massivement allégeance, le soutinrent et évoluèrent dans son entourage. De là, les musulmans assistèrent à la formation de deux groupes, celui de ‘Ali accompagnés de certains compagnons, et Mou’âwiya soutenu également par d’illustres compagnons.

 

C’est en ces termes que les deux groupes se firent face plus tard à Siffîn en l’an 36. Lors de leur rencontre, ils commencent par parlementer, essayèrent de trouver une issue pacifique à la crise. Ils n'y parvinrent cependant pas, et au mois de Safar de l’an 37, ce fut le début des combats. Le Prophète, que les éloges et le salut soient sur lui, avait prédit : « La fin du monde ne viendra pas tant que deux grands groupes ne se combattent, les deux proclamant la même chose… »[21].

 

'Amr ibn Al 'Ass recommanda alors à Mou'âwiya d'appeler à un arbitrage sur la base du Coran pour mettre fin au différend qui existe entre eux. Alî, confiant dans le fait qu'il est dans son droit, accepta en disant : « J'ai priorité pour cela ; que le livre d’Allah soit donc entre nous ! ».

 

Mais certains hommes dans le groupe de Alî –il s'agit des futurs Khawârijs– s'y opposèrent, refusèrent l'arrêt des combats et cet arbitrage. Ils quittent ses rangs, mécontents, c’est cet incident qui marque l'apparition des Khawârijs. Ils étaient déjà opposés à Mou'âwiya et à 'Amr ibn Al 'Ass ; ils sont maintenant opposés à Alî aussi.

 

Certains Compagnons tels que Sa'd ibn Abî Waqqâs, Abdoullah Ibn Omar, Mohammed ibn Maslama, etc. pensaient qu'il ne fallait se joindre ni aux côtés de Alî ni aux côtés de Mou'âwiya ; ils se gardèrent bien d’être à l’origine d’une insurrection armée contre l'un ou l'autre. De plus, si ces Compagnons ne partageaient ni l'avis de Alî ni celui de Mou'âwiya à propos de la conduite à tenir dans la situation présente, ils voyaient bien que chaque partie s'attachait à une interprétation « ijtihâd ». Les insurgés, eux, considèraient tout le monde égaré et à combattre.

 

Après cet arrêt des combats, ‘Ali retourna à Koufa, et dut faire face à l'insubordination des Khawârijs. C’étaient des hommes puritains et violents. An-Nassâ’i  rapporte qu'ils reprochent trois choses à Alî : d'avoir accepté l'arbitrage de deux humains alors que seul Allah est arbitre et peut trancher ; de n'avoir pas autorisé les combattants à prendre du butin après le combat contre les musulmans entrés en rébellion [après les combats de Siffîn] ; enfin d'avoir accepté, lors de la rédaction du traité acceptant l'arbitrage, d'effacer le titre de « Chef des croyants » devant son prénom, ce qui voulait dire qu'il reconnaissait ne pas être le calife des musulmans.

 

Les Khawârijs refusèrent d’entrer à Koufa et se réunirent à Hârourâ. Alî dépêcha auprès d'eux Ibn Abbâs ; celui-ci leur parla et certains revinrent, pendant que d'autres persistèrent dans leur déviance. Alî ne cessa de correspondre avec eux pour leur demander de revenir. Ils refusèrent et lui demandèrent de reconnaître d'abord qu'il a, lui, apostasié, et donc de se repentir.  Puis ils prirent comme résolution que tout musulman n'appartenant pas à leur groupe pouvait être tué et volé. Et ils se mirent effectivement à tuer ceux qui passaient près du lieu où ils s’établirent, c'est alors que Alî partit les combattre. Il les écrasa à Nahrawân, en l'an 38, un petit nombre d'entre eux en réchappèrent et rassemblèrent bientôt quelques partisans. Au mois de ramadan de l'an 40, Alî fut l'objet d'une embuscade tenue par l'un d'entre eux et fut mortellement blessé.

 

Il est néanmoins impératif d’avoir la conviction que la bataille de Siffîn n'a été menée par ces nobles Compagnons ni à cause d'une faiblesse de leur foi, ni à cause d'une recherche du pouvoir, mais à cause d'interprétations différentes (ijtihâd) de certains textes et de ce que le contexte rendait nécessaire. Ces Compagnons ont été de bonne foi ; nous les aimons tous et ne dénigrons aucun d'entre eux, comme le font les Chi’ites, car c’est la croyance que mentionnent les gens de la Sounnah et du groupe à l’unanimité dans leurs ouvrages.

 

La réalité des mouvances extrémistes contemporaines

À notre époque, la mouvance takfîr[22] a pris une ampleur qu’il n’avait jamais connue dans les siècles passés. Parmi les raisons et les causes à l’origine du développement de ce fléau et ayant contaminé certains milieux musulmans, nous pouvons recenser certains mouvements contemporains qui à défaut de s’être imprégnés de la Sounnah, ont plutôt sombré dans l’hérésie et les ténèbres, soit poussés par de mauvaises intentions soit par une mauvaise connaissance de la religion.

 

A la lecture de notre essai, les voix des adeptes de toutes ces mouvances crieront au scandale devant la corrélation que nous établissons qui les assimile clairement à la secte des premiers Khawârijs. Cependant, il apparaitra distinctement aux lecteurs objectifs que la doctrine de ces groupuscules actifs au sein de la communauté renferme de frappantes similitudes avec l’idéologie des Khawârijs. Et mêmes si ces derniers s’écrieront tant bien que mal qu’ils n’ont rien à voir avec cette secte, il n’en demeure pas moins que, bien que nous leur concédions que seule une minorité de ces mouvances actuelles va jusqu’à rendre mécréant l’auteur d’un grand péché, ils ont néanmoins pleinement adopté les grands traits de l’idéologie khârijite, dont les principaux aspects se caractérisent par l’esprit de révolte contre les gouverneurs qu’ils considèrent systématiquement apostats et la soif du pouvoir, à l’image des premiers Khawârijs.

 

Toutefois, il semblerait que ces mouvements, pour le moins sectaires, aient beaucoup évolué depuis, et opèrent de manière très diverse pour arriver à leurs fins. De la simple manifestation de milices musclées sur l’esplanade d’un établissement municipal pour brûler un exemplaire du code pénal, dans le but de revendiquer la légitimité de l’application de la Charia dans des pays non musulmans !!, à l’organisation d’attentats suicides faisant des musulmans jugés trop lights des victimes innocentes, ils se rejoignent tous dans la même doctrine qui prône publiquement la révolte contre le tâghoût.

 

Les lois d’Allah sont certes au-dessus de toutes autres lois, et quiconque douterais de ce fait n’est plus considéré musulman, il n’empêche qu’Allah, par Son infinie sagesse, a tracé à Ses serviteurs le chemin de la gloire, et nous a révélé la méthodologie à suivre pour obtenir la victoire et la suprématie. Ainsi, les différentes étapes de la mission de notre Messager Mohammed, illustre parfaitement la marche à suivre, longue et périlleuse, que tous ces groupuscules n’ont pas la patience d’entreprendre. Allah dit : « Et Nous avons certes consigné dans les Livres révélés, après l’avoir mentionné (dans le Livre céleste), que la terre sera héritée par Mes bons serviteurs »[23].

 

Allah dit : « Allah a promis à ceux d’entre vous qui ont cru et fait les bonnes œuvres qu’Il leur donnerait la succession sur terre comme Il l’a donnée à ceux qui les ont précédés. Il donnerait force et suprématie à leur religion qu’Il a agréée pour eux. Il leur changerait leur ancienne peur en sécurité. Ils M’adorent et ne M’associent rien et celui qui mécroit par la suite, ce sont ceux-là les pervers »[24].

 

Ainsi, dans ce verset, Allah cite explicitement la principale condition de l’accord de cette force et suprématie, à savoir : « Ils M’adorent et ne M’associent rien ». Et, sommes-nous en mesure d’affirmer que les musulmans ont une croyance saine, dépourvue de toute forme de polythéisme ? Comment pourrait-on concevoir qu’Allah fasse triompher une nation qui renferme en son sein des individus qui adorent des saints, invoquent des morts, croient aux devins, se fient aux augures tel que l’horoscope, portent des amulettes, etc., et la liste est malheureusement très longue !

 

Nul d’entre nous ignore ce que vivent les musulmans aujourd'hui comme épreuves, ni ce qui entravent leur chemin comme obstacles, et ce qu'ils subissent comme humiliation. Cependant, il n’est d’aucune utilité de se morfondre sur notre sort, ce qu'il incombe à tout musulman de comprendre réellement, c'est les moyens par lesquels Allah accorde le triomphe. Il suffit de se pencher sur les aspects de la période mecquoise pour voir qu’Allah a interdit aux croyants l'orientation militaire et leur a ordonnés de purifier leur croyance et leur culte, ainsi Il dit : « N'as-tu pas vu ceux auxquels il fut dit : « Abstenez-vous de combattre, accomplissez la prière et acquittez-vous de la zakat!»[25]

 

Ainsi, au début de la révélation, les versets qui étaient révélés portaient sur le monothéisme, et la concrétisation de ce principe fondamental sans lequel l’Islam ne peut être établi. L’usage de la force et des armes ne rime à rien si les cœurs sont vides de piété. Et que personne ne dise : les musulmans aujourd'hui sont nombreux ! Car un soulèvement mené par des hommes dont les œuvres et la croyance sont corrompus n'a aucun sens. Le Prophète, que les éloges et le salut soient sur lui,  a informé que l'Islam ne triompherai pas par le nombre de ses partisans comme il est rapporté de façon authentique dans le recueil de l'Imam Ahmed et d’Abou Dâoûd d'après Thawbâne que le Prophète, que les éloges et le salut soient sur lui, a dit : « Peu ne s'en faut que toutes les communautés vous tombent dessus comme les mangeurs tombent sur leur écuelle ! ». Quelqu'un dit alors : « Est-ce par notre faible nombre ce jour-là ? ». Il répondit : « Vous serez plutôt très nombreux ce jour-là, mais vous serez tel l'écume du torrent. Allah ôtera du cœur de vos ennemis la crainte que vous leur inspirez et Il jettera dans vos cœurs la faiblesse ». Quelqu'un demanda : « Ô Messager d'Allah ! Qu'est-ce que la faiblesse ? ». Il répondit : « L'amour de la vie d'ici-bas et l'aversion de la mort ».

 

Mais le plus surprenant dans tout cela, c'est que ceux-là même qui se voient les seuls préoccupés par le problème musulman, si on les questionnait sur la croyance de ceux qu'ils soutiennent -parmi ceux qu'ils dénomment « moudjahidines ! »- ils répondraient assurément : « Ce n'est pas le moment de poser de telles questions », car -d'après leur philosophie machiavélique– « ils se font exterminer et vous vous questionnez sur leur religiosité ?!! ».

 

Ils sont guidés par leurs passions aveugles et ne s’aperçoivent même pas que ce qui touchent la communauté est essentiellement du à nos propres péchés, et que si nous étions pieux, Allah nous soutiendraient. Allah dit : « Mon protecteur est Allah Celui qui a fait descendre Le Livre et c'est Lui qui protège les pieux »[26].

 

Cette réponse que ruminent ces groupuscules, tous sans exception, est devenue chez eux un héritage commun, en laissant les musulmans tels des écuelles entre des affamés ; et quasiment à chaque fois qu'ils engagent contre les ennemis de l’Islam des opérations terroristes, cela se solde la plupart du temps par des représailles contre les plus faibles innocents, faisant de la solution sanguinaire pour laquelle optent les leaders de ces mouvances une réponse stérile aux maux d’une communauté en décadence.

 

 

A Suivre...



[1] Sourate 14 Ibrâhîm verset 1

[2] Sourate 47 Mohammed verset 19

[3] Sourate 51 Adh-Dhâriyâtt verset 56

[4] Sourate 21 Les prophètes verset 107

[5] Sourate 7 Al A’râf verset 158

[6] Rapporté par Al Boukhâri et Mouslim

[7] Sourate 25 Le discernement verset 1

[8] Sourate 34 Sabâ verset 28

[9] Sourate 7 Al A’râf verset 158

[10] Sourate 62 Le vendredi verset 2

[11] Rapporté par Mouslim (2674)

[12] Rapporté par Al Boukhâri (3009) (4210) et Mouslim (2406)

[13] Rapporté par At-Tirmidhi (2641) , Ahmed (16937), Abou Dâoûd (4597), et Ibn Mâjah (3993)

[14] Rapporté par Al-Boukhâri (3606) et Mouslim (1847

[15] Sourate 6 Les bestiaux verset 153

[16] Il ne s’agit pas ici de dénigrer le djihâd de manière catégorique, car le djihâd est une œuvre légiférée en Islam, mais répond à certaines conditions qu’il est impératif de réunir pour le mettre en œuvre comme nous l’expliquerons le moment venu.

[17] Madjmoû’ Al Fatâwas (13/31), voir également : Charh Al Asfahâniya (p. 225)

[18] Rapporté par Al Boukhâri et Mouslim

[19] Voir : Al farq bayna al firaq d’Al Baghdâdî (p. 74-76), Al Bidâya wa An-nihâya d’ibn Kathîr (10/577), et Madjmoû’ Al Fatâwâ de Cheykh Al Islam ibn Taymiyya (13/208)

[20] Rapporté par Al Boukhâri (502) et  Mouslim (144)

[21] Rapporté par Al Boukhâri, (voir Fath al Bâri 6/753)

[22] Rendre une personne mécréante qu’il s’agisse d’un cas légitime d’excommunication de la foi ou pas

[23] Sourate 21 Les Prophètes verset 105

[24] Sourate 24 La lumière verset 55

[25] Sourate 4 Les femmes verset 77

[26] Sourate 7 Al A’râf verset 196 

 

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