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Comment devenir un croyant ? (2)

Jamaal al-Din M. Zarabozo

Les Piliers de la foi

Les « piliers de la foi », ou catégories générales de croyance du Musulman, ont été déclinées par le Prophète Muhammad (paix et bénédiction d'Allah sur lui) dans un célèbre hadith appelé « Hadith de l’Ange Gabriel ». Selon ce hadith, l’Ange demanda au Prophète (paix et bénédiction d'Allah sur lui) : « Qu’est-ce que l’imaan (la foi) ? » Le Prophète (paix et bénédiction d'Allah sur lui) lui répondit : « Il consiste à croire en Allah, à Ses anges, à Ses livres, à Ses messagers, au Jour Dernier et au décret divin, [à la fois à] son bon et son mauvais côté»[1].

Il est important que chaque Musulman, y compris toute personne convertie à l’Islam, ait une connaissance élémentaire de chacun de ces piliers de la foi. Aussi serait-il convenable dans ce cadre d’aborder chacun de ces piliers individuellement.

 

La croyance en Allah

La croyance islamique en Dieu est axée sur un monothéisme pur et naturel couramment appelé tawhid, en langue arabe[2]. Par souci de clarté, les érudits ont divisé la question du tawhid en plusieurs branches, chacune d’elle couvrant et expliquant un aspect de la croyance complète et correcte en Allah. Ces branches sont clairement et directement indiquées par le Qur'an et la Sunnah.

 

La question du tawhid est couramment divisée en trois catégories.[3] Il s’agit en l’occurrence du tawhid al-ruboobiyah, du tawhid al-uloohiyah[4] et du tawhid al-asma wa al-sifaat.

 

1- Tawhid al-Ruboobiyah : Fondamentalement, il s’agit de la croyance en l’unicité d’Allah par rapport à Ses œuvres. Il s’agit de la croyance en l’unicité d’Allah par rapport à Sa Seigneurie. Il est l’unique Seigneur (al-Rabb)[5]. Il est Un, sans Associé dans Sa Suprématie et Ses Œuvres. Il est l’Unique Créateur, Détenteur, Pourvoyeur de subsistance et de vie[6] à cette création. Lui et Lui seul est l’artisan de l’ensemble de la création.

 

D’après ibn Uthaimeen, toute l’humanité, excepté les gens les plus arrogants et les plus hautains, accepte et reconnaît cet aspect du tawhid, à savoir, qu’il n’y a de Seigneur et Créateur que l’Unique Dieu et Créateur[7]. Il en est ainsi parce qu’il s’agit d’une croyance profondément ancrée dans la nature humaine. L’homme reconnaît et prend conscience de ce que cette création doit avoir un Créateur. L’homme prend également conscience de ce que ce Créateur ne doit être qu’Un. Il est évident, au vu de nombreux versets du Qur'an, que même les polythéistes arabes connaissaient et reconnaissaient que le vrai et unique Créateur était supérieur aux idoles qu’ils avaient coutume d’adorer. Par exemple, Allah dit dans le Qur'an : [Dis : “A qui appartient la terre et ceux qui y sont ? si vous savez”. Ils diront : “A Allah”. Dis : “Ne vous souvenez-vous donc pas ? ” Dis : “Qui est le Seigneur des sept cieux et le Seigneur du Trône sublime ? ” Ils diront : [ils appartiennent] “A Allah”. Dis : “Ne craignez-vous donc pas ? ” Dis : “Qui détient dans sa main la royauté absolue de toute chose, et qui protège et n’a pas besoin d’être protégé ? [Dites], si vous le savez ! ” Ils diront : “Allah”. Dis : “Comment donc se fait-il que vous soyez ensorcelés ? ” [au point de ne pas croire en Lui]] (23 :84-89)

 

Cependant, cette croyance au sujet d’Allah nécessite ou implique également les aspects suivants : Tout se qui se produit dans cette création se fait par le Décret, la Permission et la Volonté d’Allah. La subsistance et les provisions viennent d’Allah et d’Allah uniquement. La vie et la mort se trouvent entre les mains d’Allah seul. Toutes les bénédictions viennent d’Allah. La droiture et la perdition arrivent par la Volonté et la Permission d’Allah. La législation ou la prescription d’un mode de vie relève du droit d’Allah seul. Seul Allah connaît l’invisible. Nul n’a aucun droit sur Allah à moins qu’Allah Lui-même n’en ai établi sur Lui-même.

 

2- Tawhid al-Uloohiyah : Il s’agit de l’unicité d’Allah par rapport à Son statut d’unique ilaah (Dieu, objet d’adoration et de culte). Il s’agit de la manifestation du tawhid matérialisée à travers les actions des hommes ou serviteurs d’Allah. Il s’agit du sens de l’attestation de foi : « Nul n’est digne d’adoration, excepté Allah ». C’est pour cette raison que les messagers ont été envoyés et les livres révélés. Il s’agit de « l’épreuve » ou du test auquel l’humanité fait face dans ce bas-monde. Allah dit : [Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent] (51:56). [Et ton Seigneur a décrété : “n’adorez que Lui”] (17:23).

 

Cette branche du tawhid constitue le but réel ou l’essence des enseignements de tous les messagers et prophètes. La première forme de tawhid, tawhid al-ruboobiyah, est nécessaire et capitale. En réalité, il y a eu très peu de divergence ou de controverse au sujet de cette première forme de tawhid. De nombreuses personnes admettent ce concept fondamental qui affirme que le Seigneur et Créateur est Un Seigneur et Créateur unique. Cependant, cette croyance doit conduire à la deuxième forme de tawhid qui voudrait que l’on oriente tous ses actes en direction d’Allah et Allah seul. C’est pourquoi, le Qur'an rapporte les propos de si nombreux Messagers à l’intention de leurs peuples : [“ô mon peuple, adorez Allah. Pour vous, pas d’autre divinité que Lui”] (7:59, 65, 83, 85; 11:50, 61, 84; 23:23 et 32).

 

De nombreux auteurs ont tenté de définir cette forme de tawhid. Al-Qaisi, par exemple, la définit en ces termes : « Il s’agit de la connaissance, de la croyance et de la reconnaissance du fait qu’Allah a le statut de Dieu sur toute Sa création. Cette catégorie de tawhid— appelée tawhid al-uloohiyah ou tawhid al-’ibaada— invite à ne viser qu’Allah dans tous les actes d’adoration. Il s’agit de viser Allah et Le spécifier comme objet de tous les actes d’adoration, extérieurs ou intérieurs, déclarations et actions confondues. Il s’agit du rejet de l’adoration de toute autre chose qu’Allah, quelque soit cette autre chose ou cet autre être. Il s’agit du rejet de toute attribution d’associé à Allah sous quelque forme que ce soit et du refus d’orienter tout acte d’adoration a l’intention de tout autre qu’Allah.

 

Le concept d’adoration qui doit être vouée uniquement à Allah couvre tout ce qu’Allah aime et agrée, qu’il s’agisse des actes ou des déclarations, à la fois intérieurs et extérieurs, y compris la pureté de l’intention, l’amour, la crainte, l’espérance, le respect, le fait de s’adresser à [Lui uniquement], le fait de placer sa confiance [uniquement en Allah], le fait d’implorer Son secours et Son assistance, la recherche des moyens de L’approcher…[8].

 

Il va jusqu’à mentionner de nombreux actes d’adoration, dont ceux qui sont évidents, comme la prière, la prosternation, le jeûne, le sacrifice d’animaux, le pèlerinage, etc. Tout ceci ne doit se faire que pour la cause d’Allah. Ils doivent également être accomplis de la manière dont Allah les a prescrits et les agrée. Accomplir l’un de ces actes pour tout être autre qu’Allah revient à renier et détruire l’accomplissement et l’application du tawhid.

 

La définition d’Al-Saadi jette plus de lumière sur ce concept. Il écrit que le tawhid al-uloohiya comme suit : « [Le tawhid al-uloohiya] consiste à savoir et à reconnaître en toute conscience et certitude qu’Allah est l’unique Dieu et le seul être tout à fait digne d’adoration. [Il est question de s’assurer que] les attributs de Divinité et leurs significations ne sont portés par aucune des créatures [d’Allah]. Nul n’est donc digne d’adoration, excepté Allah. Si l’homme le reconnaît et le reconnaît convenablement, il réservera tous ses actes intérieurs et extérieurs de servitude et d’adoration à Allah seul. Il accomplira les actes extérieurs de l’Islam, tels que la prière… le djihad, la prescription du bien et l’éradication du mal, l’obéissance aux parents, l’entretien des liens de parenté, l’accomplissement des droits d’Allah et des droits de Ses créatures…

 

Il n’aura aucun autre but dans cette vie que de rechercher l’agrément de son Seigneur et d’obtenir Ses récompenses. Dans la conduite de ses affaires, il suivra la voie du Messager d’Allah (paix sur lui). Ses croyances seront tout ce qui est prouvé dans le Qur'an et la Sunnah. Ses œuvres et actions seront ce qu’Allah et Son Messager ont légiféré. Son caractère et ses manières seront une imitation de son Prophète dans sa voie, son comportement et toutes ses affaires »[9].

 

Cet aspect du tawhid comprend aussi bien les actes du cœur que les actes du corps matériel. Il existe, en particulier, deux aspects qui doivent se conjuguer dans l’adoration d’Allah. Al-Saadi écrit : « L’esprit et la lettre de l’adoration impliquent la réalisation de l’amour et de la soumission à Allah. L’amour parfait et la soumission totale à Allah constituent l’essence de l’adoration. S’il manque les deux ou l’une de ces composantes à l’acte d’adoration, il ne s’agira plus réellement d’un acte d’adoration, puisque l’essence de l’adoration réside dans la soumission et l’obéissance à Allah. Or, cela ne pourra se produire que s’il existe un amour véritable et intégral [pour Allah] qui domine toute autre forme d’amour »[10].

 

Jaafar Shaikh Idris présente de fort belle manière le processus appelé à se produire au travers de la croyance correcte en Allah et la façon dont cela doit conduire aux actes du cœur qui sont des aspects essentiels du tawhid. Ainsi, écrit-il : « Lorsque la foi pénètre le cœur d’un individu, elle y suscite certains états spirituels qui se matérialisent par certaines actions apparentes, qui sont tous deux la preuve de la vraie foi. Au tout premier rang de ces états spirituels figure le sentiment de gratitude à l’endroit de Dieu, qui pourrait être considéré comme l’essence de l’Ibadah (adoration ou le fait de servir Dieu).

 

Ce sentiment de gratitude est si important que le mécréant est appelé kaafir, c'est-à-dire, « celui qui nie la vérité » et également « celui qui est ingrat ». L’on peut bien comprenne pourquoi il en est ainsi en apprenant dans le Qur'an que la principale raison du reniement de l’existence de Dieu est celle de l’orgueil injustifié. Un tel individu orgueilleux se dit qu’il ne lui sied pas d’être créé ou contrôlé par un être qu’il doit reconnaitre comme étant plus grand que lui-même et envers qui il doit faire preuve de gratitude. [Ceux qui discutent sur les versets d’Allah sans qu’aucune preuve ne leur soit venue, n’ont dans leurs poitrines qu’orgueil. Ils n’atteindront pas leur but] (Ghaafir 56).

 

Le sentiment de gratitude a pour corollaire l’amour : [Parmi les hommes, il en est qui prennent, en dehors d’Allah, des égaux à Lui, en les aimant comme on aime Allah. Or les croyants sont les plus ardents en l’amour d’Allah] (al-Baqara 165).

 

Le croyant aime Dieu et Lui affiche sa reconnaissant pour Ses bienfaits tout en étant conscient de ce que ses bonnes actions, tant spirituelles que matérielles, sont bien loin d’être comparables à la grâce divine ; il est toujours anxieux, craignant que du fait de ses péchés, Dieu puisse le priver d’une partie de Sa grâce ou le châtier dans l’Au-delà. Par conséquent, il Lui affiche sa crainte, se soumet à Lui et Le sert en toute humilité »[11].

 

Il n’y a donc pas de véritable adoration si le cœur n’est pas rempli du sentiment d’amour et de glorification pour Allah. Aux côtés de cet aspect se trouvent les autres composantes de la nécessité d’avoir de l’espérance en Allah et de la crainte d’Allah dans le cœur. La crainte d’Allah se produit lorsque l’on glorifie et exalte réellement Allah[12]. L’espérance en Allah découle de l’amour intégral et véritable pour Allah. Toutes ces composantes doivent être présentes et convenablement équilibrées. Au cas où elles n’existeraient pas du tout, ou si elles n’étaient pas bien équilibrées, l’acte d’adoration deviendrait dénaturé et incorrect[13].

 

Allah dit au sujet de certains de Ses vrais serviteurs vertueux : [Ils concouraient au bien et Nous invoquaient par amour et par crainte. Et ils étaient humbles devant Nous] (21:90). Faisant allusion aux serviteurs vertueux et dévoués, Jésus, Uzair et les anges, Allah dit : [Ils espèrent Sa miséricorde et craignent Son châtiment] (17:57).[14]

 

Cette catégorie de tawhid est la clé d’accès à une « vie véritable », une vie saine et juste. C’est ainsi qu’ibn Taimiyyah écrit : « Il faut savoir que le besoin de l’homme[15] à l’égard d’Allah —n’adorer que Lui sans Lui attribuer aucun associé— est une nécessité qui a du mal à se prêter à une quelconque comparaison ou analogie. Dans certains cas, il est semblable au besoin de l'organisme en termes d’aliments et de boissons avec, cependant, de nombreuses différences entre les deux.

 

L’essence de l’homme réside dans son cœur et son âme. Ces derniers ne sauraient se réaliser pleinement qu’à travers [leur relation] avec Allah, en dehors de qui il n’y a point d’autre divinité. Il n’y a, [par exemple,] de tranquillité possible dans ce monde qu’à travers Son rappel. En vérité, l’homme va à la rencontre de son Seigneur. Il doit décidément Le rencontrer. Il n’y a pour lui de véritable bienfait que dans Sa rencontre[16]. Si l'homme goûte à un plaisir ou à un bonheur autre qu'en Allah, cette joie et ce bonheur ne seront qu’éphémères. Ils passeront d’une forme à l’autre ou d’une personne à l’autre. La personne en jouira un moment ou seulement quelques fois. En fait, parfois la chose dont elle jouit et tire du plaisir ne lui procure plus du plaisir ou de jouissance. Parfois aussi, elle lui fera même du tort en l’obtenant. Et lui apportera davantage d’ennuis. Alors que Dieu reste toujours à ses côtés à tout moment et en toute circonstance. Où que soit la personne, Il est à son écoute [de par Sa science et Son secours]…

 

Si quelqu’un adore autre chose qu’Allah —même s’il aime cette chose et en obtient en retour une certaine forme d’amour dans ce monde et une certaine forme de plaisir— [ce faux culte] le détruira davantage que ne le ferait l’aigreur nocif que ressent une personne sous l’effet du poison…

 

Il faut savoir que si quelqu’un aime quelque chose pour une cause autre que celle d’Allah, alors cette chose aimée sera une source de mal et de châtiment… Si quelqu’un aime quelque chose pour une cause autre que celle d’Allah, cette chose lui causera du tort, qu’elle soit en sa possession ou non…[17].

 

Pour qu’un acte quelconque soit agréé par Allah, il doit être accompli conformément à cet aspect du tawhid. En d’autres termes, si l’on accomplit et comprend cette forme de tawhid convenablement, cela impliquera nécessairement que l’on accepte et applique d’autres formes de tawhid. Par conséquent, ses actes pourraient être agréés par Allah[18]. Allah dit : [Quiconque, donc, espère rencontrer son Seigneur, qu’il fasse de bonnes actions et qu’il n’associe dans son adoration aucun à son Seigneur”] (18:110).

 

L’un des actes qui ne doivent s’accomplir que pour Allah est la prière ou l’invocation. Le Prophète (paix sur lui) a dit que «L’invocation est [l’essence de] l’adoration »[19]. Un individu qui prie et invoque un autre, manifeste sa confiance et son espoir en ce dernier. Il démontre ainsi qu’il a besoin de celui à qui il adresse sa prière. Il manifeste sa confiance en la capacité de cette personne à connaître, comprendre et satisfaire ses besoins. Cette forme de sentiment qui se reflète dans les invocations doit s’adresser uniquement à Allah. C’est pourquoi le Prophète (paix sur lui) a qualifié l’invocation d’essence de l’adoration. Ainsi quiconque adresse des prières ou des invocations à tout autre qu’Allah, Lui attribue des associés ou, en d’autres termes, commet du shirk. Il s’agit du contraire de l’imaan et du tawhid.

 

Cette forme de tawhid est en réalité une nécessaire conséquence ou un résultat de la croyance correcte au tawhid al-ruboobiyah. Si l’on se rend à l’évidence qu’il n’y a point de raab (Seigneur), excepté Allah, alors l’on se rendra compte que nul n’est digne d’adoration, excepté Allah. Si nul autre qu’Allah n’est digne d’adoration alors, pourquoi quelqu’un adorerait-il quelqu’un ou quelque chose d’autre qu’Allah ?

 

Au sujet de cet aspect du tawhid, ibn Abu al-Izz al-Hanafi écrit : « Les déclarations et paraboles portant sur ce type de tawhid sont légions dans le Qur'an. Il affirme tout d’abord le tawhid al-ruboobiyah, c'est-à-dire qu’il n’y a point de Créateur autre qu’Allah. Cette conviction nécessite que nul ne doit être adoré, excepté Allah. Elle prend la première proposition [Allah est le Seigneur] comme une preuve pour la seconde [Allah est le seul digne d’adoration]. Les Arabes croyaient en la première proposition et contestaient la seconde. C’est alors qu’Allah leur a clairement fait comprendre : Puisque vous savez qu’il n’y a de Créateur qu’Allah, et qu’Il est Celui qui peut donner à l’homme ce qui lui sera bénéfique ou qui peut le préserver de ce qui lui fait du tort, et qu’Il n’a pas d’associé dans ces actes, alors, comment pouvez-vous adorer d’autres êtres a Ses côtés et Lui attribuer des associés dans Sa Divinité ? Par exemple, Allah dit dans le Qur'an : [Et dis : “louange à Allah et paix sur Ses serviteurs qu’Il a élus ! ” Lequel est meilleur : Allah ou bien ce qu’ils Lui associent ? N’est-ce pas Lui qui a créé les cieux et la terre et qui vous a fait descendre du ciel une eau avec laquelle Nous avons fait pousser des jardins pleins de beauté. Vous n’étiez nullement capables de faire pousser leurs arbres. Y-a-t-il donc une divinité avec Allah ? Non, mais ce sont des gens qui Lui donnent des égaux] (al-Naml 59-60). À la fin d’autres versets similaires, Allah affirme : [Y-a-t-il donc une divinité avec Allah ?] (an-Naml : 61, 62, 63 et 64).

 

Il s’agit d’une question clairement assortie d’une réponse négative implicite. Ils admettaient le principe que nul autre qu’Allah ne fait de telles choses. Allah l’a utilisé comme une preuve contre eux. Cela ne revient pas à demander s’il existe un autre dieu en dehors d’Allah, comme certains l’ont affirmé. Une telle signification ne serait pas conforme au contexte des versets et au fait que ce peuple avait réellement coutume d’adorer d’autres dieux aux côtés d’Allah. Comme le dit Allah, [Est-ce vous vraiment qui attestez qu’il y ait avec Allah d’autres divinités ? Dis : “Je n’atteste pas”] (al-Anaam 19). Et ils disaient souvent [au sujet du Prophète] : [Réduira-t-il les divinités à un Seul Dieu ? Voilà une chose vraiment étonnante”] (Saad 5). Pourtant, ils n’affirmaient jamais qu’il y avait un autre dieu [aux côtés d’Allah] qui aurait [établi la terre comme lieu de séjour, placé des rivières à travers elle, lui a assigné des montagnes fermes] (an-Naml 61).

 

Ils admettaient le fait que seul Allah était l’auteur de toutes ces choses. C’est à juste titre qu’Allah dit : [ô hommes ! Adorez votre Seigneur, qui vous a créés vous et ceux qui vous ont précédés. Ainsi atteindriez-vous à la piété] (al-Baqara 21). Ainsi poursuit-Il : [Dis : “Voyez-vous ? Si Allah prenait votre ouïe et votre vue, et scellait vos cœurs, quelle divinité autre qu’Allah vous les rendrait ?] (al-Anaam 46). Et il existe encore bien d’autres versets de ce genre[20].

 

3- Tawhid al-Asma wa al-Sifaat : Le troisième aspect du tawhid, selon cette conception, réside dans la reconnaissance et l’affirmation de l’Unicité d’Allah par rapport à Ses noms et attributs. L’homme doit affirmer que ces attributs sont parfaits et complets en Allah seul. Ces attributs sont spécifiques à Allah. Nul ne peut revêtir aucun de ces attributs.

 

Il s’agit d’un autre aspect du tawhid duquel de nombreuses sectes se sont détournées tout au long de l’histoire de l’Islam. Shuaib al-Arnaut fait état des différentes acceptions qui se sont développées dans le passage suivant : « La question des attributs d’Allah doit être considérée indubitablement comme l’un des sujets les plus importants des fondements de la foi. Cette question suscite une divergence de vue au sein des docteurs de la Législation islamique. Certains d’entre eux optent pour l’approche qui consacre le rejet total de ces attributs. D’autres acceptent les noms d’Allah en général, mais rejettent Ses attributs. D’autres encore acceptent et les noms et les attributs tout en rejetant ou en se détournant de leurs sens apparents [donnés par les textes du Qur'an et de la Sunnah] cherchant plutôt à donner des interprétations erronées à certains d’entre eux. Certains autres encore ont opté pour l’approche qui prône l’obligation de croire en tous les noms et attributs mentionnés dans le Livre d’Allah et dans la Sunnah authentique. Ils les prennent et les transmettent en se conformant à leur sens clair et apparent. Ils rejettent toute interprétation de leur modalité (kaifiyah) et rejettent toute forme de comparaison [de ces attributs à ceux de quiconque autre qu’Allah]. Les défenseurs de cette dernière position sont ceux appelés les salaf [pieux prédécesseurs] et les ahl al-Sunnah »[21].

 

Sur cette question, la croyance correcte transmise du temps du Prophète (paix sur lui) et de ses Compagnons a été formidablement résumée par al-Saadi lorsqu’il écrivait : « Pour ce qui est de la croyance en Allah, cela inclut : la croyance non seulement en tous les attributs qu’Allah s’est donnés dans Son livre, mais aussi à tous les attributs que Lui a attribués Son Messager (paix sur lui). [La croyance à tous ces attributs se fait] sans déformation ni négation aucune, et sans commentaire aucun sur la façon dont se présentent ces attributs. En fait, cette croyance voudrait que nul ne soit comparable à Allah qui est, en même temps, l’Audient, l’Omniprésent. Ainsi, les attributs qu’Il s’est octroyés ne sauraient ni être rejetés ni être détournés de leurs véritables sens. Par ailleurs, les noms d’Allah ne sauraient ni être rejetés, ni qualifiés, ni représentés de façon à rendre Ses attributs semblables à ceux de l’une de Ses créations. Il en est ainsi parce que nul n’est semblable ou comparable à Lui. Il n’a point d’associé ou partenaire. L’on ne peut établir aucun parallèle entre Lui et Sa création, glorifié et exalté soit-Il.

 

Par rapport à la croyance aux attributs et aux noms donnés à Allah, elle doit impliquer à la fois une affirmation et une négation. L’ahl al-Sunnah wa al-Jamaah n’admet aucun écart par rapport aux enseignements des Messagers, puisqu’il s’agit du Droit Chemin. Cet important principe intègre tous les énoncés du Qur'an et de la Sunnah qui font état des noms d’Allah, de Ses attributs, de Ses actions et de ce qu’on doit nier de Lui. Ce principe inclut la croyance à l’établissement d’Allah sur le Trône[22], à Sa descente au ciel le plus bas, au fait de Se révéler aux croyants dans l’Au-delà –comme cela a été confirmé. Ce principe admet également qu’Allah est proche et entend les invocations. Ce que dit le Qur'an au sujet de Sa proximité et du fait qu’Il « soit avec » les croyants ne va pas à l’encontre des affirmations concernant Sa transcendance et le fait qu’Il soit au-dessus de la Création. Car, Gloire à Lui, nul n’est comparable à Lui sur aucune de Ses qualités»[23].

 

Dans un verset, Allah souligne non seulement que nul n’est comparable à Lui, mais également qu’Il possède des attributs de Celui qui entend et voit. Allah dit, en effet : [Il n’y a rien qui Lui ressemble; et c’est Lui l’Audient, le Clairvoyant] (42:11). Par conséquent, il s’agit d’un rejet total de l’anthropomorphisme en même temps qu’une affirmation des attributs d’Audience et de Clairvoyance d’Allah[24].

 

Cet aspect du tawhid est très important et ne doit pas être sous-estimé. Comme l’a relevé Ahmad Salaam, les peuples de l’époque antérieure à la venue du Prophète (paix sur lui) admettaient l’idée d’Allah comme étant l’unique Créateur de l’Univers. Cependant, ils attribuaient des associés à Allah dans diverses formes d’adoration. L’Islam est venu purifier ce concept d’Allah comme étant le Seigneur ou Rabb et donner à cela une acception correcte. Ainsi, les gens peuvent adorer convenablement Allah seul. La voie qui y mène, ou le point de départ, réside dans la connaissance et la bonne compréhension des noms et attributs d’Allah. Quiconque dispose d’une connaissance et d’une bonne compréhension des noms et attributs d’Allah ne se tournera jamais vers un autre ou n’adressera jamais aucun acte d’adoration à un autre qu’Allah. Par conséquent, la bonne et véritable compréhension des noms et attributs d’Allah constitue véritablement le socle de l’accomplissement correct des autres formes de tawhid[25]. Il affirme, en outre que le tawhid al-ruboobiyah est pareille à un arbre. Dont les racines sont le tawhid al-asma wa al-sifaat. En d’autres termes, le tawhid al-ruboobiyah s’érige sur un socle qui est le tawhid al-asma wa al-sifaat. En l’absence des racines ou du socle, l’arbre lui-même pourrait présenter des signes de maladie ou de fragilité[26].

 

Cependant, suivant la logique de cette parabole, le véritable fruit du tawhid al-asma wa al-sifaat, une fois de plus, est le tawhid al-uloohiyah. Plus l’on dispose des connaissances au sujet d'Allah et de Ses attributs, plus l'on L'aime, Le craint et fonde espoir en Lui. Décidément, plus l’on dispose des connaissances au sujet d’Allah, plus l’on éprouve de l’amour pour Lui, désire Lui plaire et obtenir Son agrément. Ainsi, il est très important et très salutaire de comprendre correctement les noms et attributs d’Allah. Ces gens qui s’égarent sur ce point se sont fait un grand tort et ont perdu un précieux trésor.

 

A suivre ...

 


[1] Rapporté par Muslim.

[2] Le terme tawhid, qui signifie « rendre quelque chose un » ou « affirmer l’unicité », n’est pas un terme du Qur'an ou de la Sunnah. Cependant, il s’est érigé en principal terme utilisé pour couvrir les aspects de la croyance en Allah et remonte à l’époque du Compagnon de Prophète, ibn Abbaas.

[3] La classification du tawhid en trois catégories pourrait être trouvée dans nombre de travaux en langue anglaise. Le meilleur ouvrage dans ce domaine pourrait être celui de Bilal Philips, The Fundamentals of Tawheed (Riyad : Tawheed Publications, 1990), pp. 1-42. Dans le présent ouvrage, nous nous efforcerons de nous appesantir sur certaines questions qui ne se trouvent pas ou ne sont pas abordées de manière approfondies dans les écrits disponibles en langue arabe.

[4] Plus spécifiquement, l’on attribue parfois un nom légèrement différent, tel que le tawhid al-ibaada.

[5] « Seigneur » n’est, en réalité, pas une traduction décente du mot rabb. Cependant, faute d’un terme meilleur et plus complet, il sera utilisé dans ce travail.

[6] Il est vrai qu’il pourrait avoir d’autres créateurs, détenteurs et pourvoyeur de subsistance. Cependant, leurs capacités de créer, de détenir et de pourvoir aux subsistances sont limitées et ne sont pas absolues. L’autorité absolue dans ces domaines appartient uniquement à Allah. Cf., ibn Uthaimeen, Sharh Hadith, pp. 11-14.

[7] Muhammad ibn Uthaimeen, Sharh Usool al-Imaan (Fairfax, VA: Institute of Islamic and Arabic Sciences in America, 1410 A.H.), p. 19.

[8] Marwaan al-Qaisi, Maalim al-Tawhid (Beyrouth : al-Maktab al-Islami, 1990), pp. 61-62.

[9] Abdul Rahman Al-Saadi, Al-Fatawa al-Saadiyah (Riyad : Manshooraat al-Muassasat al-Saeediyah, aucune information relative à la publication), pp. 10-11. La définition d’al-Saadi met en évidence le fait que la tawhid al-uloohiyah est composée du tawhid al-ikhlaas (l’on agit uniquement et purement que pour l’agrément d’Allah), la tawhid al-Sid (l’on agit sincèrement et honnêtement, en conformité avec cette croyance) et la tawhid al-tareeq (l’on suit une voie unique, celle établie par le Prophète Muhammad (paix sur lui)). Pour en savoir plus sur ces concepts, voir Muhammad al-Hammad, Tawhid al-Uloohiyah (Dar ibn Khuzaima, 1414 A.H.), pp. 22-24.

[10] Cité par al-Hammad, p. 26.

[11] Jaafar Sheikh Idris, The Pillars of Faith (Riyad : Présidence de la Recherche Islamique, de l’Ifta et de la Propagation, 1984), pp. 9-10.

[12] Parfois, l’on éprouve de la crainte face à une personne ou un objet, mais une crainte qui ne s’accompagne pas de l’amour total. Aussi, une telle crainte ne saurait constituer une fausse forme d’adoration.

[13] Il existe de nombreuses déclarations des premiers érudits qui insistent sur l’équilibre adéquat entre les différentes composantes de l’imaan dans le cœur. Par exemple, il est dit au sujet de la crainte et de l’espoir: “Elles sont comparables aux deux ailes d’un oiseau. Le croyant vole vers Allah à l’aide de ses deux ailes d’espoir et de crainte. Si elles sont équilibrées, il vole convenablement. En l’absence d’une des deux, celui-ci fait face à un handicap. En l’absence des deux, l’oiseau se trouve en danger de mort. Cité par al-Hammad, p. 41.)

[14] Cf., al-Hammad, pp. 34-41.

[15] Le terme utilisé par ibn Taimiyyah est abd (serviteur ou esclave ; cependant, il s’applique à tout être vivant.

[16] Il en est ainsi parce que l’âme, de par sa nature profonde, aspire à faire la rencontre de son Créateur.

[17] Ibn Taimiyyah, Majmoo, vol. 1, pp. 24-29.

[18] Cf., al-Hammad, Tawhid al-Uloohiyah, p. 18.

[19] Rapporté par Abu Dawud, al-Nasai, al-Tirmidhi et autres. Jugé sahih by al-Albani. Al-Albani, Sahih al-Jaami al-Sagheer, vol. 1, p. 641.

[20] Ibn Abu al-Izz, vol. 1, pp. 37-38.

[21] Shuaib al-Arnaut, introduction to Zain al-Din al-Maqdisi, Aqaweel al-Thiqaat fi Taweel al-Asma wa al-Sifaat wa al-Ayaat al-Muhkamaat wa al-Mushtabihaat (Beyrouth : Muassassat al-Risalah, 1985), p. 6. L’un des tout premiers exemples de personne à poser des questions au sujet de ces attributs, cherchant à en obtenir une explication, remonte à l’époque de Malik. Malik répondit en ces termes : « Les modalités de Son acte sont inconnues. Mais Son établissement sur le Trône n’est pas inconnu. Il s’agit d’une croyance obligatoire. S’interroger sur ce point est une innovation. Et j’ai l’impression que vous êtes hérétique ». Ce récit de Malik, sous différentes formulations, pourrait être retrouvé dans de nombreux ouvrages. Pour ce qui est des chaînes [de rapporteurs] et significations, voir Jamaal Baadi, Al-Athaar al-Waarada an Aimmat al-Sunnah fi Abwaab al-Itiqaad (Riyad : Dar al-Watn, 1416 A.H.), vol. 1, pp. 226-231.

[22] Comme l’a relevé, cette croyance qui se trouve indiquée dans le Qur’an et la Sunnah de façon claire et nette réfute la conception des Jahamiyah qui soutient qu’Allah est partout et en toute chose. Voir Abu Bakr al-Baïhaqi, al-Itiqaad ala Madhhab al-Salaf Ahl al-Sunnah wa al-Jamaah (Beyrouth: Dar al-Kutub al-Arabi, 1984), p. 55.

[23] Cité par Abdullah al-Jarullah, Bahjah al-Naadhireen fima Yuslih al-Dunya wa al-Deen (1984), pp. 7-8.

[24] Ibn Taimiyyah (aussi bien que son élève ibn al-Qayyim) était un redoutable adversaire de l’anthropomorphisme. Ses écrits affirmaient clairement que les attributs d’Allah Lui appartiennent singulièrement et ne sauraient être les mêmes que ceux des hommes. Cependant, certaines personnes l’avaient en réalité accusé d’anthropomorphisme. Or, ces accusations s’appuient sur de fausses informations au sujet de sa personne, sur une extrême ignorance ou une haine tendancieuse pour cet érudit qui s’était élevé contre de nombreuses hérésies. Pour plus de détails sur ce point et la réfutation de telles accusations, voir Salaah Ahmad, Dawah Shaikh al-Islaam ibn Taimiyyah wa Atharuhaa ala al-Harakaat al-Islaamiyah al-Muasirah (Koweït: Dar ibn al-Atheer, 1996), vol. 2, pp. 375-388.

[25] Ahmad Salaam, Muqaddimah fi Fiqh Usool al-Dawah (Beyrouth: Dar ibn Hazm, 1990), p. 97.

[26] Salaam, p. 100.

 

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