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Les meilleurs jours de l’année

Cheykh Abdelaziz Al Fawzan

Les musulmans sont sur le point d’accueillir une période grandiose et des jours d’un grand mérite auxquels Allah a donné de l’importance, élevé en degré, et distingué des autres jours de l’année. Il en a fait l’éclat des jours de l’année. Il s’agit des dix premiers jours de Dhoul Hidja. Ces jours bénis sont des jours auxquels Allah a accordés une attention particulière en leur attribuant honneur et noblesse, Il en a fait une occasion pour les croyants de se concurrencer dans les bonnes œuvres et une période grandiose pour commercer de manière fructueuse avec Lui.

 

Le noble caractère de ces jours est une chose bien connu en Islam. De nombreux textes du Coran et de la Sounnah font les éloges de leurs mérites, mentionnent leur haut rang, et soulignent leur importance auprès d’Allah. A ce propos, Allah jure par ces jours dans Son noble livre pour nous montrer la noblesse de leur caractère et attirer notre attention sur leurs nombreux mérites, Allah dit : « Par l’Aube ! 2. Et par les dix nuits 3. Par le pair et l’impair! »[1]. Les dix nuits dont il est question ici sont les dix premiers jours du mois de Dhoul Hidja comme l’a affirmé  Ibn ‘Abbâs, Ibn Zoubayr, Moudjâhid et d’autres parmi les pieux prédécesseurs. Quant à l’impair mentionné dans le verset, il s’agirait du jour de ‘Arafat qui est le neuvième jour, et le pair ferait référence au jour du sacrifice qui est le dixième jour. Ces deux jours font en effet partie des dix premiers de ce mois, cependant Allah a particulièrement juré par ces deux jours pour mettre en avant leur haut degré, et montrer l’honneur dont ils jouissent. Ces deux jours sont donc les meilleurs jours parmi les dix, qui sont les meilleurs jours de l’année.

 

De plus, ces dix jours sont les jours déterminés mentionnés dans le verset : « Et fais aux gens une annonce pour le Hadj. Ils viendront vers toi, à pied, et aussi sur toute monture, venant de tout chemin éloigné, 28. pour participer aux avantages qui leur ont été accordés et pour invoquer le nom d’Allah aux jours fixés »[2]. Ils ont été qualifiés ainsi afin que l’on se préoccupe de leur importance, et que l’on sache que le pèlerinage s’accompli à la fin de ces jours.

 

En ce qui concerne la Sounnah, de nombreux ahâdîths indiquent les mérites de ces jours. Ces ahâdîths indiquent qu’il s’agit des meilleurs jours de l’année et que les œuvres qui y sont accomplies bénéficient d’un plus grand mérite et sont plus aimées, plus purs auprès d’Allah que durant n’importe quel autre jour. Le Messager d’Allah (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Il n’est pas de jours au cours desquels les œuvres pieuses sont plus aimées d’Allah que durant ces dix jours ». Les Compagnons dirent : « Même pas le Jihâd ? ». Il dit : « Même pas le Jihâd, excepté un homme sort au combat avec ses biens et sa personne sans jamais revenir »[3].

 

Dans un autre hadith, le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Il n’est pas une œuvre plus pure auprès d’Allah, et dont la récompense est plus grande que le bien qui est accompli durant les dix jours de Dhoul Hidja ». Les Compagnons dirent : « Même pas le Jihâd ? ». Il dit : « Même pas le Jihâd, excepté un homme sort au combat avec ses biens et sa personne sans jamais revenir »[4]. Al Qâssim Ibn Abi Ayyoûb a dit : « Lorsqu’entraient ces dix jours, Sa’îd Ibn Djoubayr redoublaient d’efforts [dans l’adoration] de manière si intense que nul ne pouvait l’égaler ».

 

Les ahâdîths allant dans ce sens sont très nombreux et tous, indiquent avec clarté et de manière absolue que les dix jours de Dhoul Hidja sont les meilleurs jours de l’année. Sa parole : « Il n’est pas de jours » est indéfinie dans un contexte de négation, ce qui indique le caractère général de la portée de la phrase. De plus, ce caractère est appuyé par le partitif « min » en arabe, qui donne une portée encore plus profonde à la négation. De là, le sens du hadîth revient à dire : « Il n’est pas de jours dans toute cette vie durant lesquels les bonnes œuvres lorsqu’elles y sont accomplies sont plus aimées auprès d’Allah que ces dix jours ». Dans un autre hadîth, le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) le dit plus clairement en ces termes : « Il n’est pas de jours plus grands et  plus aimées auprès d’Allah au cours desquels les œuvres pieuses sont accomplies que durant ces dix jours. Multipliez donc l’évocation d’Allah par les formules de tahmîd, de tahlîl et de takbîr »[5].

 

C’est d’ailleurs pour cette raison que les gens de science divergent sur le fait de savoir quels sont les meilleurs jours entre les dix premiers jours de Dhoul Hidja et les dix derniers jours du Ramadan ?

 

Ibn Kathîr a dit à ce sujet : « Certains savant ont émis l’avis que ces dix jours sont les meilleurs comme l’affirme le hadith, et leur ont accordé un plus grand mérite que les dix derniers jours du Ramadan, et ce, car durant les dix premiers jours de Dhoul Hidja sont légiférées des œuvres telles que la prière, le jeûne, l’aumône et autres, auxquelles s’ajoute la particularité de l’accomplissement du pèlerinage. D’autres, sont d’avis que les dix derniers jours du Ramadan sont meilleurs car ils renferment la nuit du destin qui vaut mieux que mille mois d’adoration. Cependant, certains savants ont adopté une position médiane en disant que les journées des dix premiers jours de Dhoul Hidja sont meilleures, et que les nuits des dix dernières nuits du Ramadan étaient meilleures. Ainsi, cet avis permet de regrouper les preuves sur la question, et Allah est plus savant ».

 

Ibn Al Qayyim a dit : « L’avis le plus juste consiste à dire que les nuits des dix derniers jours du Ramadan sont meilleures que les nuits des dix premiers jours de Dhoul Hidja, et les journées des dix premiers jours de Dhoul Hidja sont meilleurs que les journées des dix derniers jours du Ramadan. En détaillant ainsi, l’ambigüité disparait ».

 

En réalité, de savoir quel est l’avis le plus juste nous importe peu ! L’important est de cerner les mérites de ces dix jours, et le rang qu’ils occupent auprès d’Allah afin d’en profiter au maximum, et de se concurrencer les uns les autres dans l’accomplissement du bien. De là, nous pouvons prendre conscience de notre négligence et notre insouciance vis-à-vis de ces jours, et de la privation dont nous nous rendons nous même responsables.

 

En effet, le musulman est envahit par la joie lorsqu’il voit les efforts que fournissent les gens dans l’adoration durant les dix derniers jours du Ramadan, l’attention qu’ils portent pour ces jours, et leur détermination à profiter de leur temps durant cette période ; mais ce qui est très étrange, c’est de voir ces mêmes personnes parmi les vertueux n’accorder aucune importance aux dix jours de Dhoul Hidja, sans fournir les efforts d’adoration qu’ils fournissent durant les dix derniers jours du Ramadan, alors que ces journées ont plus de mérites comme nous l’avons expliqué. Il est donc de notre devoir d’y attacher plus d’importance, c’est pourquoi le croyant se doit de profiter des ces jours et de cette occasion de manière plus grande, en passant chaque instant dans l’accomplissement de tout ce qui le rapproche de son Seigneur et l’élève auprès de Lui.

 

Les ahâdîths que nous avons cité auparavant indiquent que les œuvres pieuses accomplies au cours des dix jours de Dhoul Hidja sont plus aimées auprès d’Allah et plus méritoires que si ces œuvres avaient été accomplies durant d’autres jours, et que l’adoration accomplie au cours de ces jours est plus pure et plus méritante que la même adoration effectuée en d’autres jours. Ainsi, si tu fais aumône de cent euros durant ces jours, tu auras une plus grande récompense que si tu fais cette aumône durant le mois de Cha’bân, de Ramadan ou autre. Si tu accomplis deux unités de prière durant ces dix jours, elles seront plus aimées auprès d’Allah que deux unités de prière accomplies à un autre moment. Il en est ainsi pour toutes les œuvres.

 

Plus encore, ces ahâdîths prouvent que les œuvres mêmes de nature moins méritantes en temps normal sont plus purs et plus aimées auprès d’Allah lorsqu’elles sont accomplies durant ces dix jours que des œuvres de nature plus méritantes en temps normal. Et la preuve la plus claire à ce sujet réside dans le fait que les œuvres accomplies durant ces jours sont meilleures que le djihâd dans le sentier d’Allah au cours duquel le musulman risque sa vie, et qui constitue le degré le plus élevé de l’Islam. Par conséquent, les œuvres accomplies durant ces jours sont meilleures que celles accomplies en d’autres jours et meilleures que toutes les formes de djihâd, à l’exception du cas mentionné par le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) : « …excepté un homme sortit au combat avec ses biens et sa personne sans jamais revenir ». Ibn Rajab dit à cet égard : « Ceci prouve que l’œuvre, moins méritante soit elle, lorsqu’elle accomplie à un moment méritoire atteint le même degré que l’œuvre plus méritante accomplie à un autre moment, voire le dépasse par le décuplement de sa récompense ».

 

De ce fait, dès lors que tu a pris connaissance, ô toi musulman, qu’Allah aime les œuvres durant ces dix jours, qu’Il les béni, les purifie, tu te dois alors de redoubler d’efforts durant ces jours, profiter de chaque instant et remplir ton temps d’œuvres qui te rapprocheront d’Allah et seront la cause de ton épanouissement, de ta réussite dans ta religion et ta vie future. Saches que les jours sont une étape vers le terme qui t’est fixé dans lesquels sont enregistrés toutes tes actions. Tu n’emporteras alors de ta vie que ce que tu as accompli comme œuvres d’obéissance à ton Seigneur que tu as épargné et que tu retrouveras à un moment où tu en auras alors le plus besoin, le jour où ni bien ni enfant ne sera d’aucune utilité sauf pour celui qui viendra à son Seigneur avec un cœur saint. Allah dit : « Puis quand on soufflera dans la Trompe, il n’y aura plus de parenté entre eux ce jour là, et ils ne se poseront pas de questions. 102. Ceux dont la balance est lourde seront les bienheureux; 103. et ceux dont la balance est légère seront ceux qui ont ruiné leurs propres âmes et ils demeureront éternellement dans l’Enfer »[6]. Veilles donc à faire en sorte d’être le plus proche d’Allah, le plus aimé, celui ayant le plus haut degré auprès de Lui, et si tu peux faire en sorte que personne ne te surpasse alors fais-le, et si tu vois quelqu’un te concurrencer au sujet de la vie d’ici-bas, alors concurrence le au sujet de la vie future.

 

Parmi les preuves qui montrent le mérite de ces jours, il y a le fait qu’Allah y a légiféré des œuvres méritoires et nobles qu’il n’a pas légiférées à un autre moment, et Il a donné à ces jours la particularité de réunir les plus grandes adorations telles que la prière, le jeûne, l’aumône, le pèlerinage, le takbîr, l’évocation, le sacrifice le jour de l’Aïd. C’est pourquoi, le fait que le musulman puisse vivre ces jours fait partie des bienfaits d’Allah les plus immenses, il est alors pour lui une obligation de reconnaître ce bienfait, de profiter de cette occasion en redoublant d’efforts dans l’obéissance, l’empressement à accomplir le bien.

 

Par ailleurs, le meilleur moyen pour les serviteurs de se rapprocher d’Allah durant ces jours est de s’acquitter des obligations qu’Il leur a imposées en les accomplissant comme Il l’aime et l’agrée. Dans un hadith Qoudsi Allah dit : « Il n’est pas une œuvre, au moyen de laquelle Mon serviteur ne se rapproche de moi, que J’aime le plus, si ce n’est par les œuvres que Je lui ai imposé d’accomplir. Mon serviteur ne cesse de se rapprocher de Moi par les œuvres surérogatoires au point que Je l’aime ; et lorsque Je l’aime Je suis son ouïe avec laquelle il entend, son regard par lequel il voit, sa main avec laquelle il saisit, et son pied avec lequel il marche. S’il me demande, assurément je l’exaucerai, s’il cherche refuge auprès de Moi, assurément je lui donnerai refuge »[7].

 

Tu te dois donc, cher musulman, de veiller avec la plus grande attention à accomplir ces obligations et les parfaire, et particulièrement la prière qui représente le pilier central de la religion et le pilier le plus important après l’attestation de foi. Veilles à ce que ton état durant ces jours méritoires ne soit pas celui qui est le tien durant le reste de l’année en arrivant en retard aux prières, en étant distrait, sans méditer, ni te concentrer. Il doit en être de même pour toutes les autres œuvres, tel que la bonté envers tes parents, la préservation des liens de parenté, l’acquittement des droits d’Allah et d’autrui sur toi.

 

Parmi les œuvres qui sont particulièrement recommandées durant ces jours, il y a le repentir sincère. Le repentir est une obligation perpétuelle pour chaque péché que l’on commet, comme le dit Allah : « Et repentez-vous tous devant Allah, ô croyants, afin que vous récoltiez le succès »[8]. Cependant, son obligation est d’autant plus avérée durant cette période grandiose, et le repentant est plus à même de voir son repentir accepté, ses péchés et ses erreurs effacés, voire même ses péchés transformés en bonnes actions. Ainsi, lorsque le musulman réussit à associer repentir sincère et œuvres pieuses au cours d’une période méritoire, c’est alors pour lui le fruit de la réussite. Allah dit : « Mais celui qui se sera repenti, qui aura cru et fait le bien, il se peut qu’il soit parmi ceux qui réussissent »[9], « Et je suis Grand Pardonneur à celui qui se repent, croit, fait bonne œuvre, puis se met sur le bon chemin »[10]. Aussi, le repentir pour le pèlerin est plus obligatoire que pour quiconque, car l’acceptation de son pèlerinage et l’expiation de ses péchés sont conditionnées par un repentir sincère de sa part, le délaissement des péchés, le regret de les avoir endossés et la détermination sincère de ne plus recommencer ces péchés après l’accomplissement du pèlerinage. Allah dit : « Si l’on se décide de l’accomplir, alors point de rapport sexuel (rafath), point de perversité (foussoûq), point de dispute pendant le pèlerinage »[11]. C'est-à-dire que quiconque décide d’entreprendre le pèlerinage se doit de délaisser ces trois choses dans lesquelles il n’y a aucune utilité. Le terme rafath employé dans le verset désigne le rapport sexuel et ses préliminaires aussi bien verbaux que par le contact physique, car cela fait partie des interdictions liées à l’état de sacralité. Al foussoûq désigne l’action de désobéir à Allah. De ce fait, celui qui délaisse les péchés pendant son pèlerinage tout en ayant l’intention de recommencer à les commettre dès son retour, ne s’est pas repentit sincèrement et ne s’est pas réellement détaché de la perversité, et ce, même s’il invoque Allah en disant : « Ô Allah accepte mon repentir et pardonne moi », car dans ce cas il montre un signe de repentir avec sa langue et dément sa parole par ses actions. Il s’agit du repentir des menteurs et d’une forme de perfidie et de faux espoirs au sujet desquels Allah dit : « Ceci ne dépend ni de vos désirs ni des désirs des gens du Livre. Quiconque fait un mal sera rétribué pour cela, et ne trouvera en sa faveur, hors d’Allah, ni allié ni secoureur »[12]. Le pèlerinage d’une telle personne ne saurait être pieux, et elle ne saurait voir tous ses péchés expiés comme cela est mentionné par le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) : « Quiconque accompli le pèlerinage sans commettre d’actes impudiques, ni de péchés reviendra tel que sa mère la mis au monde ».

 

Le pèlerin a l’opportunité de jouir conjointement de trois mérites : le mérite du temps, de l’endroit, et l’état de pèlerin. En effet, le pèlerin vit les jours de Dhoul Hidja qui sont les meilleurs jours de l’année, dans l’endroit le plus sain de la Terre où les prières sont multipliées par cent milles, tout cela en état de pèlerin accomplissant une œuvre qui n’a d’autre récompense que le Paradis. C’est pourquoi, le musulman doit se hâter vers le repentir, implorer la miséricorde d’Allah et profiter de tout ces mérites dans le but de se rapprocher de Lui et d’attirer Son amour et Son agrément.  

 

Parmi les œuvres qui sont légiférées durant ces jours, figure le jeûne. Il est recommandé au musulman de jeûner les neufs premiers jours de ce mois comme le faisait le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui). Il est rapporté de manière authentique d’après Hafsa selon laquelle : « Le Prophète avait l’habitude de jeûner les neuf premiers jours de Dhoul Hidja, le jour de ‘Achoûrâ et les trois jours lunaires »[13]. De plus, de manière générale le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a encouragé le croyant à accomplir de bonnes œuvres durant ces jours, et le jeûne fait partie des œuvres pieuses. Comment ne serait-ce pas le cas, alors qu’Allah dit comme rapporté dans le hadith Qoudsi : « Toutes les œuvres du fil d’Adam lui appartiennent excepté le jeûne, il m’appartient et c’est Moi qui en fixerai la récompense »[14]. Il a également été rapporté que le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « Quiconque jeûne un jour pour Allah, Allah éloigne son visage de l’Enfer d’une distance équivalente à 70 ans de marche ». Quelle énorme et généreuse récompense ! Un seul jour de jeûne observé dans le seul d’obtenir l’agrément d’Allah, non pas par ostentation ni dans le but d’obtenir un intérêt mondain, et Allah éloigne le visage du jeûneur de l’Enfer d’une distance de 70 ans de marche ! Que dire de celui qui jeûne les neuf jours de Dhoul Hidja qui sont des jours auxquels Allah a accordés cet honneur si particulier.

 

Si tu manques de motivation et que tu ne peux pas jeûner ces neuf jours cher musulman, ne manque pas d’en jeûner au moins trois jours au début ou à la fin, de manière consécutives ou séparée, car le fait de jeûner trois jours chaque mois est une Sounnah. Ainsi, si tu te prives de jeûner ces trois jours durant l’année, ne t’en prive pas durant ce mois, et surtout durant les dix premiers jours de ce mois. Et si la motivation te fait faute, et que tu es occupé, prend garde de manquer le jeûne du jour de ‘Arafat, car le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit : « [Jeûner ce jour] expie les péchés commis entre l'année écoulée et ceux de l'année à venir »[15].

 

Cependant, ceci ne concerne pas le pèlerin pour qui ce jeûne n’est pas recommandé, car le Prophète n’a pas observé ce jour de jeûne au cours de son pèlerinage. Il a même été rapporté qu’il a interdit aux pèlerins de jeûner le jour de ‘Arafat, afin qu’il soit en forme pour s’adonner à l’évocation, l’invocation durant ce jour grandiose.

 

Parmi les œuvres les plus recommandées durant ces jours, il y a l’évocation (adh-dhikr) sous toutes ses formes, tel que le takbîr, le tasbîh, le tahlîl, le tahmîd, les invocations, l’imploration du pardon, le lecture du Coran, conformément à la parole d’Allah : « …et pour invoquer le nom d’Allah aux jours fixés »[16] où il est exclusivement fait mention de l’évocation ; et en vertu de la parole du Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) : « Multipliez donc l’évocation d’Allah par les formules de tahmîd, de tahlîl et de takbîr »[17]. Ainsi, le fait que le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) ait ordonné dans ce hadith de multiplier ces formules sans mentionner d’autres adorations, indique qu’il s’agit là de l’une des meilleures œuvres et des meilleurs rites durant ces jours.

 

Les pieux prédécesseurs de cette communauté avaient bien saisi cet aspect des choses, ils s’adonnaient pleinement à l’évocation d’Allah  dès l’entrée des premiers jours de ce mois, ils proclamaient ces formules à haute voix dans leur demeures, les mosquées, les marchés et leur lieu de travail. Ils évoquaient Allah en toute circonstance. A ce sujet, l’imam Al Boukhâri rapporte qu’Abou Houreyra et Ibn ‘Omar se rendaient au marché durant les dix jours de Dhoul Hidja pour dire le takbîr à haute voix, et les gens les imitaient. Il rapporte également que ‘Omar Ibn Al Khattâb disait le takbîr à haute voix à Mina, les gens de la mosquée qui l’entendaient faisaient de même. Les gens élevaient la voix pour proclamer le takbîr au point de faire trembler Mina. Les récits à ce sujet sont très nombreux. Par ailleurs, le fait de multiplier le takbîr à haute voix incarne un rite au moyen duquel les musulmans du monde imitent les pèlerins. Hélas, le takbîr à voix haute fait partie des traditions prophétiques qui ont été délaissées que seul une minorité de gens pratiquent. Il est donc recommandé aux musulmans de faire revivre cette sounnah afin d’obtenir la réussite et la récompense d’avoir redonné vie à une sounnah oubliée.

Quant à la façon de proclamer ce takbîr, il n’y a pas une manière particulière qu’il est obligatoire de dire, le musulman jouit d’une certaine largesse pour l’observer. L’essentiel est de le proclamer selon n’importe quelle forme conforme à la législation.

Plusieurs manières ont été rapporté des pieux prédécesseurs, et la plus répandue était : « Allahou akbar, Allahou akbar, Allahou akbar, La ilâha illa-llahou, Allahou akbar wa lillahi-l-hamd ». D’autres disaient : « Allahou akbar, Allahou akbar, La ilâha-illa-llah, wa-llahou akbar, Allahou akbar, wa lillahi-l-hamd ». D’autres encore disaient : « Allahou akbar kabîra, wa-l-hamdoulillahi kathîra, wa soubhanallahi boukratan wa assîla ».

 

En plus de ce takbîr sans restrictions de temps particulière (moutlaq) qui commence le premier jour de ce mois et se termine au coucher du soleil du treizième jour, il est légiféré de proclamer ce takbîr à des moments précis (mouqayad) qui doit être observé après chaque prière obligatoire. Pour les pèlerins, ce takbîr débute à la prière du Dhohr le jour du sacrifice et prend fin avec la prière de l’Asr du dernier jour du pèlerinage. Quant aux autres musulmans, il débute pour eux à la prière de l’aube du jour de ‘Arafat et se termine à la prière de l’Asr du dernier jour du pèlerinage. C’est l’avis le plus prépondérant conformément à la majorité des prédécesseurs et celui émis par les jurisconsultes.

 

Le sens apparent des textes tend à indiquer que le takbîr est une recommandation qui concerne aussi bien le résident que le voyageur, le groupe que l’individu, et qu’il s’effectue après la prière obligatoire et surérogatoire. Quant à celui qui arrive en retard à la prière, il peut faire ce takbîr après avoir rattraper sa prière, car il s’agit d’une évocation qui s’effectue après le salut final.

 

Parmi les particularités de ces jours, il y a le fait que s’y déroule la saison du pèlerinage qui fait partie des plus grandes adorations et constitue l’un des piliers de l’Islam. C’est donc une œuvre parmi les plus méritantes à observer durant ces jours. Allah dit : « Et c’est un devoir envers Allah pour les gens qui ont les moyens, d’aller faire le pèlerinage de la Maison. Et quiconque ne croit pas... Allah Se passe largement des mondes »[18]. De même, le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit à ce sujet : « Accomplissez le Pèlerinage et la ‘Omra, successivement, car ils suppriment la pauvreté et pardonnent les péchés »[19], « Deux ’Omra consécutives expient les péchés commis dans l’intervalle de temps qui les sépare et le pèlerinage accepté n'a d’autre rétribution que le Paradis »[20].

 

Le pèlerinage est l’un des cinq piliers de l’Islam, il est obligatoire au moins une fois dans sa vie pour le musulman, pubère, saint d’esprit, ayant la capacité physique et financière. Quant à celui qui a la capacité financière mais dont l’état physique ne permet de se rendre au pèlerinage, en raison d’un âge avancé ou d’une maladie incurable, il est alors tenu de charger quelqu’un à sa place. Par contre, s’il s’agit d’une maladie dont il espère la guérison, il doit alors attendre de se rétablir et aller aussitôt faire son pèlerinage, et s’il meurt entre temps, ses proches accompliront ce devoir à sa place.

 

D’autre part, il est impératif pour le musulman de se hâter à s’acquitter de cette obligation dès lors que les conditions sont réunies, en vertu de la parole du Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) : « Hâtez-vous à accomplir le pèlerinage, car l’un d’entre vous ne sait ce qu’il peut lui arriver »[21]. Il est rapporté que ‘Omar a dit : « Quiconque délaisse le pèlerinage alors qu’il a la capacité de l’accomplir, qu’il choisisse entre mourir juif ou chrétien ».

 

Il convient aussi d’attirer l’attention sur un point, à savoir que dès lors que le musulman a l’intention de sacrifier et qu’entrent les dix jours de Dhoul Hidja, il ne lui est alors pas permis de se couper les cheveux, les ongles, et la peaux, comme l’indique la parole du Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) : « Quiconque compte observer le sacrifice ne doit pas se couper les cheveux, ni les ongles dès que débute le mois de Dhoul Hidja, et ce, jusqu’à ce qu’il sacrifie sa bête »[22]. Ici, l’ordre induit l’obligation, et l’interdiction induit le caractère illicite de cet acte.

 

Néanmoins, celui qui commet cela volontairement doit se repentir et n’est pas tenu de recourir à une quelconque expiation. De plus, cela n’affecte en rien son sacrifice. La sagesse que renferme cette interdiction réside dans le fait que le musulman qui a l’intention de sacrifier s’associe au pèlerin dans l’accomplissement de cette œuvre pieuse, c’est pourquoi il est tenu de respecter certaines règles observées par le pèlerin.

Par ailleurs, cette interdiction concerne le sacrificateur, et non l’épouse et les enfants de celui qui a chargé quelqu’un de sacrifier à sa place, à moins que l’un d’entre eux soit tenu de sacrifier également une bête, étant donné que le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) observait le sacrifice pour sa famille et ne leur a jamais interdit de se couper les cheveux ou les ongles.

 

Nous implorons Allah de nous accorder l’opportunité de faire de bonnes œuvres, et de profiter des périodes honorables, de nous embrasser de Sa miséricorde, Il est parfaitement Audient, et répond aux demandes.

 


[1] Sourate 89 L’aube, versets 1 à 3.

[2] Sourate 22 Le pèlerinage, versets 27 et 28.

[3] Rapporté par Al Boukhâri.

[4] Rapporté par Ad-Dârimi et Al Bayhaqi avec une chaîne de transmission jugée bonne.

[5] Rapporté par Ahmed avec une chaîne de transmission authentique.

[6] Sourate 23 Les croyants, versets 101 à 103

[7] Rapporté par Al Boukhâri

[8] Sourate 24 La lumière, verset 31

[9] Sourate 28 Le récit, verset 67

[10] Sourate 20 Ta Ha, verset 82

[11] Sourate 2 La vache, verset 197

[12] Sourate 4 Les femmes, verset 123

[13] Rapporté par Abou Daoud, Ahmed et Al Bayhaqi, jugé authentique par Al Albâni

[14] Rapporté par Al Boukhâri et Mouslim

[15] Rapporté par Mouslim

[16] Sourate 22 Le pèlerinage, verset 28

[17] Rapporté par Ahmed avec une chaîne de transmission authentique.

[18] Sourate 3 La famille d’Imrân, verset 97

[19] Rapporté par At-Tirmidhi et An-Nassâ’i

[20] Rapporté par Al Boukhâri et Mouslim

[21] Rapporté Ahmed, et authentifié par Al Albâni

[22] Rapporté par Mouslim

 

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