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‘Achoûrâ : le jour du grand secours

Cheykh Abdelaziz Al Fawzan

La lutte entre la vérité et le faux, entre les alliés du Tout Miséricordieux et les alliés de Satan est aussi vielle que l’humanité, et ce conflit ne cessera d’être aviver, et ce, jusqu’à ce que sonne l’heure de la fin des temps. Telle est la règle d’Allah dans sa création. Allah dit : « Les croyants combattent dans le sentier d’Allah, et ceux qui ne croient pas combattent dans le sentier du āğūt. Eh bien, combattez les alliés du Diable, car la ruse du Diable est, certes, faible »[1], et Il dit également : « Il en est ainsi, car si Allah voulait, Il se vengerait Lui-même contre eux, mais c’est pour vous éprouver les uns par les autres »[2]. Certes, Allah est tout à fait capable d’anéantir les injustes en une fraction de seconde et s’emparer d’eux en un clin d’œil, mais Il éprouve par là Ses serviteurs croyants, et teste leur véracité, leur patiente, et leurs efforts. C’est par l’épreuve que se distinguent les véritables croyants des hypocrites, et ceux qui luttent des inactifs inertes.

 

De plus, Allah nous a certes fait part du récit de nombreux épisodes de cette lutte entre les croyants et les mécréants. Parmi lesquels, le récit de Moussa et du Pharaon d’Egypte à son époque qui est évoqué à maintes reprises dans le Coran et dont l’histoire est traitée environ une trentaine de fois. C’est d’ailleurs le récit le plus évoqué dans le Coran, et ce, en raison des similitudes qu’il présente entre les difficultés éprouvées par le Messager d’Allah (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) vis-à-vis des notables Quouraychs de la Mecque et des ennemis pharaonesques de cette communauté d’une part et de ce qu’endura Moussa d’autre part ; mais aussi en raison de ce qu’il contient comme soutien et exemple à suivre pour le Messager d’Allah (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) et les croyants face aux nuisances des mécréants et des hypocrites ; et de ce que ce récit comporte comme exhortations sublimes, leçons, sagesses admirables et preuves irréfutables.

 

Le récit de Moussa et de Pharaon commence de la période prénatale de Moussa, alors que ce dernier était encore dans le ventre de sa mère. On dit alors à Pharaon à cette époque : « Bientôt un garçon des enfants d’Israël va venir au monde, et il sera la cause de ton anéantissement et de la disparition de ton royaume ». Israël n’est autre que Ya’qoûb fils d’Isshâq, fils d’Ibrâhîm, paix sur eux. Il émigra avec ses enfants du nord de la péninsule arabique vers l’Egypte comme cela est relaté dans la sourate Youssouf. Leur nombre était à ce moment là d’environ 80 personnes. Puis, ce nombre ne cessa de grandir au point d’atteindre 600 milles au temps du tyran Pharaon.

 

Ainsi, dès lors qu’il fut informé que son royaume disparaitrait par la venue au monde d’un garçon parmi les enfants d’Israël, Pharaon fut animé d’un désir de révolte et ordonna que l’on exécute tout les nouveau-nés garçons et que l’on laisse vivre les filles, par crainte de la venue au monde de ce garçon. Mais ce qu’il devait advenir arriva, et ses dispositions ne furent d’aucunes utilités, « Et Allah est souverain en Son Commandement: mais la plupart des gens ne savent pas »[3]. Pharaon pris toutes les mesures nécessaires afin que ce garçon ne puisse venir au monde, au point où il ordonna que l’on surveille toute femme enceinte et que l’on sache le terme de la grossesse de chacune d’elles. Pas une femme ne mettait au monde un nouveau-né sans que des hommes s’en emparaient.

 

Hâroun, le frère de Moussa lui, était né avant l’avènement de cette épreuve, Allah le sauva de la ruse de Pharaon, mais certains rapportent qu’il était en réalité plus jeûne que Moussa. En effet, lorsque l’ordre de Pharaon fut exécuté, certains notable autour de lui, lui suggérèrent que si cela continuait, il n’y aurait plus personnes pour le servir et entretenir son royaume, ce qui le poussa à décider de tuer les garçons nouveau-nés une année sur deux. Hâroun naquît durant une année où les nouveau-né était épargnés, et Allah est plus savant.

 

Quant à Moussa, lorsque sa mère fut enceinte de lui, elle fit tout son possible pour garder sa grossesse secrète de peur qu’il ne soit tué. Sa peur grandissait de jour en jour, au fur et à mesure qu’approchait le terme de sa grossesse. Puis, lorsqu’elle mit au monde ce bébé, et s’aperçut qu’il s’agissait d’un garçon, toute vaste qu’elle fût, la terre lui parut étroite, et elle fut prise d’une angoisse et d’une peur aussi grande que sa joie de mettre au monde cet enfant. Mais Allah lui inspira alors de quoi affermir son cœur : « Et Nous révélâmes à la mère de Moïse [ceci]: «Allaite-le. Et quand tu craindras pour lui, jette-le dans le flot. Et n’aie pas peur et ne t’attriste pas: Nous te le rendrons et ferons de lui un Messager »[4]. La mère de Moussa répondit à cette inspiration, elle fabriqua une boite pour son fils, et le mit sur le Nil, dont elle habitait à proximité. Elle avait l’impression d’avoir jeter son cœur en jetant son fils dans ce fleuve, elle fût alors dépourvue de quiétude, de sérénité et d’équilibre. Si Allah n’avait pas renforcé son cœur par la foi, et raffermit sa volonté par la certitude, elle aurait assurément divulgué ce secret et mis en échec toute la stratégie : « Et le cœur de la mère de Moïse devint vide. Peu s’en fallut qu’elle ne divulguât tout, si Nous n’avions pas renforcé son cœur pour qu’elle restât du nombre des croyants »[5].

 

Les vagues emportèrent alors ce bébé fragile posé dans ce landau, mais Allah y accorda toute Son attention, le confia [aux eaux] sous Sa protection jusqu’à ce qu’il arrive au palais de Pharaon, et sois recueilli par son clan. Ainsi, lorsqu’ils ouvrirent le coffret, ils découvrirent ce bébé sans défense, mais le Maître des maîtres, le Roi des cœurs, mis dans le cœur d’Assia, l’épouse de Pharaon, un élan de miséricorde, de compatissance, et de douceur à l’égard de ce bébé : « Et la femme de Pharaon dit: «(Cet enfant) réjouira mon œil et le tien! Ne le tuez pas. Il pourrait nous être utile ou le prendrons-nous pour enfant… », Assia était une femme stérile, « …et ils ne pressentaient rien », c'est-à-dire : Nous usèrent de cette ruse et Nous firent en sorte qu’ils recueillent Moussa qui sera plus tard leur ennemi et la cause de leur tristesse sans qu’ils ne s’en aperçoivent. Certes, Allah lui accorda le bien qu’elle espérait en cet enfant en la guidant vers le droit chemin par sa cause, et lui accorda une place auprès de Lui, dans Son Paradis.

 

Néanmoins, cet enfant qui jouissait de l’attention particulière d’Allah, étonna tout le monde en refusant le sein de toutes celles qui essayait de l’allaiter. Ils se trouvèrent alors dans l’embarras et tentèrent par tous les moyens de le nourrir en vain. C’est alors que sa sœur qui suivait les traces de son frère sous ordre de sa mère et cherchait l’endroit où il trouverait gîte afin d’obtenir des informations à son sujet, surgit à eux : « Elle dit à sa sœur : «Suis-le» elle l’aperçut alors de loin sans qu’ils ne s’en rendent compte.  12. Nous lui avions interdit auparavant (le sein) des nourrices. Elle (la sœur de Moïse) dit donc: «Voulez-vous que je vous indique les gens d’une maison qui s’en chargeront pour vous tout en étant bienveillants à son égard ?...»[6]. Ils exultèrent de joie et la suivirent jusqu’à sa maison, et quant sa mère le vit, elle n’en crut ses yeux, elle le prit et le serra fort contre sa poitrine, et lui donna le sein. Il prit le sein de sa mère et bût de son lait à grandes gorgées, ce qui les époustoufla et les rendit en même temps joyeux.

 

C’est ainsi qu’il en fut, Allah fit en sorte que le clan de Pharaon rapporta cet enfant à sa mère qui craignait à son sujet de leur part, qui lui versait par-dessus tout un salaire pour allaiter son fils et s’engagèrent à l’éduquer. Allah dit : « Ainsi Nous le rendîmes à sa mère, afin que son œil se réjouisse, qu’elle ne s’affligeât pas et qu’elle sût que la promesse d’Allah est vraie. Mais la plupart d’entre eux ne savent pas »[7]. Les jours passèrent, les années défilèrent, et Moussa grandit et atteint sa maturité et sa pleine formation. Allah lui octroya le pouvoir et la connaissance, il ordonnait et interdisait, lorsqu’il parlait il était entendu, lorsqu’il intercédait on acceptait son intercession, et rien de surprenant car il était le fils adoptif de Pharaon et faisait partie de sa famille. Allah dit : « Et quand il eut atteint sa maturité et sa pleine formation, Nous lui donnâmes la faculté de juger et une science. C’est ainsi que Nous récompensons les bienfaisants »[8].

 

Puis, Moussa fut éprouvé, et ce, lorsqu’il tua un homme du clan de Pharaon involontairement. La peur l’envahit lorsqu’il sût qu’il était recherché, il s’enfuit alors vers la terre de Madyan où il séjourna dix années et au cours de laquelle il se maria. Ensuite, il retourna en Egypte en compagnie de sa famille et c’est au cours de son retour qu’Allah l’honora du message divin, lui fit part de Sa révélation, et lui adressa la parole sans aucun intermédiaire. Il l’envoya vers Pharaon avec des signes évidents et un pouvoir manifeste, mais Pharaon s’enfla d’orgueil et refusa son message : « Mais il le qualifia de mensonge et désobéit; 22. Ensuite, il tourna le dos, s’en alla précipitamment,  23. rassembla [les gens] et leur fit une proclamation, 24. et dit: « C’est moi votre Seigneur, le très haut »[9]. Il prétendit que les miracles de Moussa n’étaient que sorcellerie, et qu’il possédait une sorcellerie qui anéantirait celle de Moussa. Il réunit alors les sorciers de toutes les contrées de son royaume et tous jetèrent [leur sort] : « Lorsqu’ils jetèrent, Moïse dit: « Ce que vous avez produit est magie! Allah l’annulera. Car Allah ne fait pas prospérer ce que font les fauteurs de désordre. 82. Et par Ses paroles, Allah fera triompher la Vérité, quelque répulsion qu’en aient les criminels »[10], « Puis Moïse jeta son bâton, et voilà qu’il happait ce qu’ils avaient fabriqué »[11], « Ainsi la vérité se manifesta et ce qu’ils firent fût vain. 119. Ainsi ils furent battus et se trouvèrent humiliés. 120. Et les magiciens se jetèrent prosternés. 121. Ils dirent: «Nous croyons au Seigneur de l’Univers, 122. au Seigneur de Moïse et d’Aaron »[12].

 

Puis, lorsque la ruse de Pharaon fût vaine, que ses arguments tombèrent à l’eau, et que son mensonge fut découvert au grand jour, il eut alors recours à la force, la menace, la torture, l’effroi, la terreur par le feu et l’épée. Telle est la méthode tyrannique qu’utilisent les tyrans à chaque fois qu’ils sont à court d’arguments, que les preuves leur font défaut, qu’ils craignent que la vérité éclate au grand jour et que ses partisans prennent le dessus.

 

Après quoi, Allah envoya à Pharaon et son peuple des signes surprenants accompagnés de punitions diverses, parmi lesquels l’inondation, les sauterelles, les poux (ou la calandre), les grenouilles et le sang, comme signes explicites : « Nul ne connaît les armées de ton Seigneur, à part Lui. Et ce n’est là qu’un rappel pour les humains »[13]. Cependant, tous ces signes ne firent qu’accroître leur répulsion et leur orgueil, leur injustice et leur inimitié. Allah dit : « Et Nous avons alors envoyé sur eux l’inondation, les sauterelles, les poux (ou la calandre), les grenouilles et le sang, comme signes explicites. Mais ils s’enflèrent d’orgueil et demeurèrent un peuple criminel »[14].

 

Puis, lorsque Pharaon persista dans son comportement tyrannique et outrancier à l’égard de Moussa et de tous ceux qui le suivirent, Allah révéla à Moussa de sortir d’Egypte avec tous les musulmans[15] durant la nuit. Ils sortirent en direction du nord de la péninsule arabique. Mais, lorsque Pharaon apprit qu’ils étaient sur le point de quitter l’Egypte, il rassembla son armée et fit appel à ses soldats à travers toutes les contrées de son royaume dans le but de les rattraper et de les anéantir comme il le prétendait. Allah dit à ce sujet : « Puis, Pharaon envoya des rassembleurs [dire] dans les villes: 54. «Ce sont, en fait, une bande peu nombreuse, 55. mais ils nous irritent, 56. tandis que nous sommes tous vigilants »[16]. Ainsi, Pharaon partit à leur poursuite enflé d’orgueil, jusqu'à les rattraper à la mer rouge : « Puis, quand les deux partis se virent, les compagnons de Moïse dirent: «Nous sommes cernés»[17].

 

En effet, la mer se trouvait devant eux et leurs ennemis se tenaient derrière eux !!! Moussa leur répondit, à l’image du vrai croyant qui a l’entière conviction qu’Allah est avec lui et qu’Il ne le délaissera pas, il leur rétorqua avec sérénité : « Il dit : «Jamais, car j’ai avec moi mon Seigneur qui va me guider »[18]. Allah lui révéla alors de frapper la mer avec son bâton, et lorsqu’il s’exécuta les vagues s’entrechoquèrent les unes contre les autres et se fendit par la permission d’Allah pour laisser se former dix chemins secs. Cette eau démentielle et ces vagues gigantesques devinrent tels des montagnes fixes. Ils s’empressèrent donc d’emprunter ces chemins avec enthousiasme, et Pharaon se précipita à suivre leurs pas sans se douter de rien. Puis, lorsque Moussa et son peuple acheva la traversée de la mer et que Pharaon et toute son armée étaient au cœur de la mer ouverte, Allah replia la mer sur eux et les engloutit tous. Allah dit à ce propos : « Nous révélâmes à Moïse : «Pars la nuit, à la tête de Mes serviteurs, puis, trace-leur un passage à sec dans la mer: sans craindre une poursuite et sans éprouver aucune peur». 78. Pharaon les poursuivit avec ses armées. La mer les submergea bel et bien. 79. Pharaon égara ainsi son peuple et ne le mît pas sur le droit chemin »[19]. Telle est la fin des ennemis d’Allah de tout temps, telle est la rétribution des menteurs égarés. Et ton Seigneur n’est point injuste envers Ses serviteurs. Allah dit : « Nous saisîmes donc chacun pour son péché: Il y en eut sur qui Nous envoyâmes un ouragan; il y en eut que le Cri saisit; il y en eut que Nous fîmes engloutir par la terre; et il y en eut que Nous noyâmes. Cependant, Allah n’est pas tel à leur faire du tort; mais ils ont fait du tort à eux-mêmes »[20]

 

Les points à retenir

1 - La bonne fin appartient aux pieux, et la victoire leur est toujours promise tant qu’ils s’accrochent à leur religion, et qu’ils implorent le secours de leur Seigneur. Allah dit : « Il n’y a de victoire que de la part d’Allah. Allah est Puissant et Sage »[21], « Nous secourrons, certes, Nos Messagers et ceux qui croient, dans la vie présente tout comme au jour où les témoins [les Anges gardiens] se dresseront (le Jour du Jugement), 52. au jour où leur excuse ne sera pas utile aux injustes, tandis qu’il y aura pour eux la malédiction et la pire demeure »[22].

 

2 – Aussi grand que peut être le faux, quelque soit le degré d’injustice et de tyrannie qu’il peut atteindre, et même si nul n’est en mesure de le contrer, le rejeter ou le vaincre, n’empêche qu’il sera toujours voué à la perte, et sa fin sera toujours l’ignominie et l’avilissement. Tel est le cas de Pharaon qui atteignit le summum de la vanité et de l’arrogance au point de se prétendre divinité, et de proclamer aux gens avec audace et insolence : « Ô notables, je ne connais pas de divinité pour vous, autre que moi »[23], et de dire sans aucune gêne : « Ô mon peuple! Le royaume de Mir [l’Egypte] ne m’appartient-il pas ainsi que ces canaux qui coulent à mes pieds? N’observez-vous donc pas ? »[24], puis il se permit de mépriser Moussa, ce prophète vertueux et ce prêcheur bienveillant en disant à son sujet : « Ne suis-je pas meilleur que ce misérable qui sait à peine s’exprimer ? »[25]. Enfin, lorsque vient son heure, son pouvoir, son royaume, son armée, ses adeptes, sa vanité et ses prétentions ne lui furent d’aucune utilité : « Alors Allah le saisit de la punition exemplaire de l’au-delà et de celle d’ici-bas. 26. Il y a certes là un sujet de réflexion pour celui qui craint »[26].

 

A quel moment eut lieu cet évènement grandiose, et se concrétisa cette victoire éclatante ? Cet évènement eut lieu durant le dixième jour du mois de Mouharram. L’imam Al Boukhâri et l’imam Mouslim rapporte d’après Ibn ‘Abbâss : « Lorsque le Prophète émigra à Médine, il trouva les Juifs qui jeûnaient le jour d’'Achoura. Il leur demanda : « Quel est ce jour que vous jeûnez ? ». Ils répondirent : « C'est un grand jour durant lequel Allah sauva Moussa et son peuple, et noya Pharaon et son peuple. Moussa le jeûna alors pour remercier Allah, , nous le jeûnons donc également. ». Le Prophète dit : « Nous sommes plus dignes de nous réclamer de Moussa que vous.». Ainsi, il jeûna ce jour et ordonna de le jeûner ».

 

Cette année là, ce jeûne était une obligation d’après l’avis le plus sûr, puis lorsque le jeûne du mois de Ramadan fut imposé, il prit le statut de recommandation. Hafsa relate les propos suivants : « Il y a quatre choses que le Messager d’Allah (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) ne délaissait jamais : le jeûne de ‘Achoûrâ, le jeûne des dix premiers jours du mois de Dhoul Hidja, le jeûne des trois jours lunaires et les deux unités de prière avant l’aube »[27].

 

Selon Djâbir Ibn Samourah : « Le Messager d’Allah (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) nous ordonnait de jeûner le jour de ‘Achoûrâ et nous incitait à le faire »[28].

 

De plus, Ibn ‘Abbâss fut interrogé au sujet de ce jeûne et répondit : « Je n’ai jamais vu le Messager d’Allah (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) jeûner un jour duquel il vantait les mérites en dehors de ce jour »[29].

 

Ces récits sont une preuve évidente indiquant que le jeûne de ce jour fait partie des jeûnes les plus méritoires. Le Prophète a dit par ailleurs que jeûner ce jour expiait les péchés d’une année entière en ces termes : « J’espère la récompense d’Allah que le jeûne du jour d’Achoûrâ efface les péchés de l’année écoulée »[30].

 

Selon Ibn ‘Abbâs : « Lorsque le Prophète jeûna le jour de ‘Achoûrâ et ordonna aux gens de jeûner, ils dirent : « Ô Messager d’Allah (Paix et bénédiction d’Allah sur lui), c’est un jour que les juifs et les chrétiens vénèrent ! ». Le Messager d’Allah (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) répondit alors : « Si je suis encore vivant l’année prochaine – si Allah le veut,  je jeûnerai le 9 [en plus du 10 pour me différencier d’eux] ». Cependant, le Prophète mourut avant cela »[31]. L’imam Mouslim rapporte le hadith suivant : « Différenciez-vous des juifs, jeûnez un jour avant ou un jour après [en plus du jour de ‘Achoûrâ’] ».

 

L’imam Ibn Al Qayyim dit au sujet de la manière d’observer ce jeûne : « Il est de trois degrés : le plus haut consiste à jeûner un jour avant et un jour après. Ensuite, c’est de jeûner le neuvième et le dixième jour comme l’indique la plupart des ahâdîths. Enfin, le degré le plus bas consiste à jeûner uniquement le dixième jour ».

 

De ce fait, jeûner le jour de ‘Achoûrâ sans le faire précéder ou le faire suivre d’un jour est tout à fait permis et l’on obtient la récompense mentionnée dans les ahâdîths à ce sujet. Cependant, le mieux est de jeûner un jour supplémentaire avant ou après le dixième jour afin de se distinguer des gens du Livre.

 

Toutefois, si le musulman jeûne un jour avant ainsi qu’un jour après, ceci est d’autant plus parfait, et ce, car en agissant ainsi il sera sûr d’avoir jeûner le dixième jour, surtout si l’entrée du mois fait l’objet de controverse. De plus, il fait partie de la Sounnah de jeûner trois jours par mois, et le jeûne durant le mois de Mouharram a des mérites particuliers. L’imam Mouslim rapporte d’après Abou Houreyra que le Prophète a dit : « Le meilleur des jeûnes après le Ramadan est celui observé durant le mois de Mouharram, et la meilleure prière après celle obligatoire est la prière accomplie durant la nuit ».

 

Par ailleurs, si le jour de ‘Achoûrâ, le jour qui précède ou qui suit tombe un vendredi ou un samedi, il n’y a pas de mal à jeûner, car l’interdiction concerne le fait de jeûner l’un de ces deux jours sans raison particulière, mais si l’on jeûne l’un de ses deux jours pour une raison légale tel que ‘Achoûrâ, ‘Arafat, un serment, un rattrapage, ou s’il s’agit du mois de Ramadan, Cha’bâne, ou Mouharram, ou encore si l’on a l’habitude de jeûner un jour sur deux, l’interdiction n’est pas effective. On peut assimiler cela aux prière dont la cause légale est avérée qu’il est permis d’accomplir durant les moments interdits de la journée.

 

Paradoxalement, c’est durant ce jour béni que fut tué le prince des jeunes du Paradis : Al Housseyn fils de ‘Ali qu’Allah les agrée, lors d’une grande discorde qui éclata entre deux clans parmi les musulmans. Cependant, tout comme Allah a épargnés nos mains d’y participer, il ne nous est pas permis d’y participer avec nos langues, même si nos cœurs ressentent de l’affliction et du chagrin face à cette dispute. Mais « C’est à Allah qu’appartient le commandement, au début et à la fin », « et s’Il avait voulu, ils ne l’auraient pas fait » !!. Néanmoins, il convient d’attirer l’attention sur les pratiques auxquelles se livrent certains chiites durant ce jour, comme les pleurs, les lamentations, les cris, la rage à l’égard de la mort d’Al Housseyn, ou encore tel que les châtiments corporels qu’ils s’infligent, les frappes au visage, sur la poitrine et le dos desquelles coulent le sang, les coups de fouet qu’ils se mettent au visage, les cheveux qu’ils s’arrachent, les coups qu’ils se mettent avec des chaînes et des lames dans le but se rapprocher d’Allah, tout ceci ne fait en aucun cas partie de l’Islam.

 

Il s’agit de toute évidence d’innovations et d’actes abominables qui sont des péchés capitaux desquels le Prophète se désavoue lorsqu’il dit : « Ne fait pas partie des nôtres quiconque se frappe les joues, déchire ses vêtements et prononce des invocations propres au temps de l'ignorance (djâhiliya) [lorsqu’une calamité le touche]»[32].

 

D’après Abou Moussa le Prophète s’est désavoué de la sâliqah, de la hâliqah et de la châqah »[33]. As-sâliqah désigne celle qui éleve la voix en se lamentant ; Al-hâliqah désigne celle qui se rase la tête lors qu’un malheur la touche ; et Ach-châqah désigne celle qui déchire ses habits. Ainsi, tout comportement indiquant une forme de rage et d’énervement lors d’un malheur et qui montre que l’on accepte pas le décret d’Allah est interdit en Islam. Le Messager d’Allah (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) est mort, et rien de pire que sa mort ne pouvait toucher les musulmans, de même que le meurtre ignoble et injuste de ses nobles compagnons ‘Omar et ‘Othmâne, et tous jouissent d’un rang plus élevé qu’Al Housseyn avec tout le respect que nous lui devons, pourtant les musulmans ne se sont jamais livrés aux pratiques observées par les chiites qui commémorent la mort d’Al Housseyn. Nous implorons Allah de guider leurs cœurs vers le droit chemin.

 

Nous pouvons d’autre part ajouter à cela, qu’outre le fait que ces pratiques soient totalement hérétiques et véritablement stupides, elles entachent l’image de l’Islam et des musulmans et font fuir les non-musulmans. C’est d’ailleurs ce que nous avons constaté de la part de certains médias malveillants qui s’acharnent à diffuser ces cérémonies en prétendant leur appartenance à l’Islam et en disant : voilà ce que font les musulmans chaque année.

 

Pire encore, il faut attirer l’attention sur les insultes que profèrent ces innovateurs chiites lorsqu’ils maudissent les compagnons du Prophète et proclament leur mécréance et se désavouent d’eux !!! Par Allah, c’est là la pire des injustices, le plus lointain des égarements et le plus ignoble des actes. En réalité, c’est même une façon de détruire la religion à sa base, car les compagnons sont ceux qui nous ont transmis cette religion. Par conséquent, quiconque les insulte et remet en cause leur fiabilité, insulte ce qu’ils ont transmis, à savoir le Coran et la Sounnah. De même, cela implique également le fait d’imputer au Prophète une certaine ignorance et naïveté du fait qu’il n’ait trouvé personne digne de confiance à qui confier le plus immense des dépôts et qu’il ait pris ces « traitres et mécréants » pour seuls alliés !! En réalité, c’est même une insulte envers Allah, Lui-même, Sa science, Sa sagesse et Son décret, du fait qu’Il n’ait pas pu choisir pour tenir compagnie au Prophète, le secourir et transmettre cette religion des personnes dignes de ce nom !!!

 

Par ailleurs, il existe une autre tendance qui vient s’opposer aux chiites, en déclarant leur haine à l’encontre d’Al Housseyn. C’est pourquoi, ils prennent ce jour comme jour de fête et y manifestent leur joie, se parent de nouveaux vêtements pour l’occasion, s’échangent des cadeaux, et confectionnent des plats particuliers. Tout ceci n’est que pur innovation et égarement. On ne palie pas à une innovation par une autre, et l’on ne corrige pas une faute par une autre. Cheykh Al Islam a dit à ce sujet : « Certains voient la recommandation de se mettre du noir sur les yeux, de se laver, de combler les enfants de cadeaux, et de confectionner des plats particuliers ce jour là. Cette pratique est en réalité issue de la croyance de certains fanatiques. Or, toute innovation est un égarement. Aucun imam reconnu n’a recommandé une telle pratique, et ceux qui ont adopté cette recommandation n’ont aucun argument légal valable. Ce qui est conseillé de faire le jour de ‘Achoûrâ se résume à jeûner d’après la majorité des gens de science ».

 

Crains donc Allah cher musulman, accroches-toi à la Sounnah et au groupe, car la main d’Allah est au dessus du groupe et quiconque s’isole du groupe des musulmans est voué à l’Enfer. Et sache que concernant les compagnons de la famille du Prophète et autres, les gens de la Sounnah et du groupe ont pour croyance, qu’ils sont tous dignes de confiance, et qu’ils sont les meilleurs gens de cette communauté après le Prophète. C’est pour cette raison qu’Allah les a particulièrement choisis pour être les compagnons de Son messager, le secourir, et transmettre son message et sa voie.

 

De même, ils considèrent comme faisant partie intègre de la religion le fait  de les aimer et de les agréer, tous sans exception, et ils se taisent sur les différends qu’ils ont pu avoir, et les discordes qui ont éclaté entre eux. Ils ont la conviction que tous, ont agit par effort d’interprétation personnel ne recherchant que la vérité. Ainsi, quiconque parmi eux a agit justement aura deux récompenses, et quiconque s’est trompé n’aura qu’une seule récompense et son péché sera pardonné. De plus, quelque soit le nombre de leurs erreurs, elles sont noyées dans l’océan de leurs bonnes actions parmi lesquelles la plus grande est d’avoir été compagnon du Prophète et avoir combattu à ses côtés.

 

Qu’Allah les agrée tous, et qu’Il nous réunissent en leur compagnie dans les jardins des délices, et la louange est à Allah le Seigneur des mondes.

 

 

 



[1] Sourate 4 Les femmes, verset 76

[2] Sourate 47 Mohammed, verset 4

[3] Sourate 12 Youssouf, verset 21

[4] Sourate 28 Le récit, verset 7

[5] Sourate 28 Le récit, verset 10

[6] Sourate 28 Le récit, verset 11 et 12

[7] Sourate 28 Le récit, verset 13

[8] Sourate 28 Le récit, verset 14

[9] Sourate 79 An-Nâzi’âtt, versets 21à 24

[10] Sourate 10 Yoûnous, versets 81 et 82

[11] Sourate 26 Les poètes, verset 45

[12] Sourate 7 Al A’râf, versets 118 à 122

[13] Sourate 74 L’enveloppé, verset 31

[14] Sourate 7 Al A’râf, verset 133

[15] Litt. Le terme « musulman », (mouslim) en arabe, signifie celui qui est soumis. Ainsi, tous les adeptes des Prophètes envoyés par Allah, toute époque confondue, peuvent être nommés ainsi.

[16] Sourate 26 Les poètes, versets 53 à 56

[17] Sourate 26 Les poètes, verset 61

[18] Sourate 26 Les poètes, verset 62

[19] Sourate 20 Ta Ha, versets 77 à 79

[20] Sourate 29 L’araignée, verset 40

[21] Sourate 8 Le butin, verset 10

[22] Sourate 40 Le Pardonneur, verset 51

[23] Sourate 28 Le récit, verset 38

[24] Sourate 43 L’ornement, verset 51

[25] Sourate 43 L’ornement, verset 52

[26] Sourate 79 An-Nâzi’âtt, versets 25 et 26

[27] Rapporté par Ahmed et An-Nassâ’i et jugé authentique par Al Albâni

[28] Rapporté par Mouslim

[29] Rapporté par Al Boukhâri et Mouslim

[30] Rapporté par Mouslim (1162)

[31] Rapporté par Mouslim (1134)

[32] Rapporté par Al Boukhâri et Mouslim

[33] Rapporté par Al Boukhâri et Mouslim

 

 

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