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Contexte géographique et historique préislamique (3)

Hakim Mhadhbi

 

L’Empire sassanide

Armés de glaives à longue lame de fer, montés sur des chars à roues à rayons consolidés de clous de fer, déjà 2000 ans av. JC, les Perses s’étaient depuis longtemps placés sous la protection du dieu Feu le purificateur. Toutefois note Hérodote : « Les Perses n’élèvent aux dieux ni statues, ni temples, ni autels ».

Pour eux, l’âme, étant d’essence divine, n’a pas de besoins matériels et leurs rituels funéraires ne comportaient pas d’offrandes. Rival de l’Empire byzantin, l’Empire perse régi depuis le IIIe siècle par la dynastie sassanide, soutient à maints égards la comparaison avec lui. Cet Empire sassanide englobe l’Iran (jusqu’aux rives de l’Indus), la plus grande partie de la Mésopotamie, l’Arménie et les provinces riveraines de la mer d’Aral (voir carte 4).

 

Carte 4 : Frontières de l’Empire sassanide

 

Les Iraniens n’entrèrent véritablement dans l’Histoire qu’avec la constitution de l’Empire mède (728 av. JC – 550 av. JC). Puis vinrent les Empires achéménide (550 av. JC – 331 av. JC), parthe (250 av. JC – 224 apr. JC), et enfin sassanide (224 – 651) qui sera défait par les troupes arabes.

 

L’Etat sassanide est fondé sur l’équilibre de trois castes dominantes :

· Une bureaucratie centralisée, coiffée par une monarchie prestigieuse.

· Une puissante et vieille noblesse terrienne.

· Un clergé officiel, hiérarchisé et riche.

 

En dessous, travaille la masse paysanne. Dans les villes et dans la capitale Ctésiphon, sur le Tigre, vit un peuple d’artisans actifs. Le souverain, « roi des rois », est un personnage quasi sacré, vivant dans un luxe splendide, disposant de quantités d’or phénoménales. Les principaux Empereurs perses du VIIe siècle furent Khusru Ier , Khusru II et Yazdgard III (voir tableau II).

 

 

Empereurs byzantins au VIIe siècle

Empereurs perses au VIIe siècle

Justinien Ier (527-565)

Khusru Ier (531-579)

 

Justin II (565-578)

Khusru II (590-628)

 

Héraclius Ier (610-641)

Yazdgard III (632-651)

 

Tableau II : Empereurs byzantins et perses du VIIe siècle

 

La religion dominante d’Ahura Mazda, le plus grand de leurs dieux, eut une longue histoire. Réformée de manière monothéiste et puritaine à l’époque mède par Zarathoustra, la religion mazdéenne ou zoroastrienne ou religion des mages, s’imposa progressivement comme religion unique sous les Achéménides. Au IIIe siècle apparaît sur le sol iranien une autre religion, le manichéisme, plus populaire, plus centré sur la notion du salut individuel. Cette religion s’étendra un peu aux siècles suivants vers l’Afrique du Nord, en Egypte et en Asie centrale et exercera aussi son influence sur la doctrine des bogomiles, et des albigeois (ou cathares) en France.

 

Dans l’Empire sassanide on trouve encore des bouddhistes, dans les provinces du Nord-Ouest, des chrétiens nestoriens ayant émigré de l’Empire byzantin, des juifs et aussi des sabéens[1]. En Iran, à la fin du Ve siècle, la prédication de Mazdak, dérivée du manichéisme prend la forme d’une protestation sociale, exigeant la mise en commun des biens et des femmes !

 

L’art, la littérature et la science de l’Empire sassanide, subirent les influences indiennes, syriaque, grecque et chinoise (voir la position centrale de la Perse à la croisée des trois grandes civilisations de l’époque – gréco-romaine, chinoise et indienne sur la carte 3). Les Iraniens surent habilement en assimiler le meilleur. Reflet d’une recherche de pureté, l’art iranien très abstrait et dépouillé, a porté vers l’Occident le message du Bouddha coiffé du triple chignon des rois des Parthes, portant sur ses épaules les six ailes du feu de la compassion, tandis que la roue de la loi s’inscrit sur la paume de sa main, en geste de bénédiction.

 

Carte 3 : Les quatre grands empires aux V-VIe siècles

 

Le grand foyer intellectuel de l’Empire fut Gundishapur, (fondée dès le IIIe siècle par le roi Shapur) près de Schahabad, dans le sud-ouest de l’Iran moderne. Le souverain sassanide Khusru Anusharwan (521-579) y accueillit des savants grecs (tels les Néoplatoniciens chassés d’Athènes après la fermeture de l’Académie par Justinien en 529) ou des syriaques chassés d’Edesse par le pouvoir byzantin qui leur reprochait leur adhésion au christianisme non officiel (nestorien surtout).

 

Les historiens ont généralement affirmé que Gundishapur était un important centre d’enseignement où se fit un mélange de moult langues et cultures : grecque, indienne, hébraïque, syriaque, hindoue et persane et que c’était un important centre hospitalier possédant une école de médecine qui assurait la traduction de textes grecs et sanskrits en persan et en syriaque. Toutefois il n’existe aucune preuve à cette assertion[2].

 

De grandes luttes d’influence entre Ctésiphon et Constantinople s’exercèrent par le biais de rivalités commerciales sur les bords de la mer Rouge, de la mer Noire, dans les pays de la Volga ou en Asie. Les Iraniens firent la guerre à l’Empire byzantin. En 626, Constantinople fut assiégée mais Héraclius sauva Byzance. Ces guerres incessantes affaiblissaient l’Empire sassanide comme, de l’autre côté, l’Empire byzantin s’épuisait à résister aux invasions barbares et était en proie aux dissensions internes. Ces deux empires étaient bel et bien des « colosses aux pieds d’argile ».

 

La rivalité entre les deux empires était aussi doctrinale, et allait favoriser la survie en Perse de la tradition philosophique grecque ; mais une survie au ralenti, comme en veilleuse, en attendant un souffle nouveau. Ce souffle, allait venir de là où personne ne l’attendait, de la lointaine Arabie.

 


[1] Les sabéens pratiquaient un culte apparenté au paganisme mésopotamien et qui serait d’origine néoplatonicienne, centré sur l’adoration de la lune et du soleil, et pour lesquels des temples étaient construits. Leur ville spirituelle était Harran en haute Mésopotamie. Comme le Coran mentionne les sabéens, cela leur a permis d’être assimilés aux « gens du livre » (« Ahl el Kitab »), c’est-à-dire aux monothéistes et de bénéficier du statut de « tributaire » (« dimmi »).

[2] Rashed, R. « Histoire des sciences arabes, Tome 3 : Technologie, alchimie et sciences de la vie) : 160-161.

 

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