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La charia doit être appliquée de manière graduelle dans les pays qui ne l’applique pas encore

Cheykh Abdelaziz Al Fawzan

 

La louange appartient à Allah qui a fait descendre Sa législation par miséricorde pour Ses serviteurs, dans l’intérêt de leur vie présente et future. Que les éloges et le salut soient sur notre Prophète Mohammed, le meilleur des messagers et le plus noble des guides, ainsi que sur ses compagnons, ceux qui le suivent jusqu’au jour de la résurrection.

 

Ceci dit : Parmi les nouvelles qui ravissent le musulman, remplissent son cœur de joie et de bonheur, figure le fait qu’un certain nombre de pays musulmans s’orientent vers une application de la législation islamique après avoir vécu sous le drapeau de la laïcité occidentale durant des décennies, et après avoir pris les lois mises en place par l’homme pour juger ; des lois que les colonisateurs ont instaurées à la place de la charia et dont l’application à perdurer malgré l’indépendance de ces états, ce qui a contribué à favoriser l’ignorance au sein de la communauté, à l’éloigner les gens de la religion, et à propager l’injustice et la discorde au sein de ses rangs. Tout ceci a fait de la communauté des musulmans de vils adeptes au service de ses ennemis, grandissant depuis le plus jeune âge à servir leurs intérêts, jugeant par leurs lois et leurs manières de penser insensées, suivant le fruit de leur raison retreinte guidée par la passion, le désir, les coutumes déviantes ancestrales.

 

Ces pays ont malheureusement fait prévaloir ces lois à la législation d’Allah et la voie droite qu’Il a fait descendre par miséricorde pour l’univers, comme chemin à suivre pour tous les hommes, émanant de Celui qui a créé l’homme et sait parfaitement ce qui est dans son intérêt de tout temps et en tout endroit. C’est la voie fondée sur la justice et la miséricorde, la sagesse et les intérêts, une voie qui banni l’ignorance, la passion, la faiblesse, dans laquelle aucune préférence n’est donné à une personne en particulier, une classe, un groupe, une nationalité, un peuple, une génération. Car Allah est le Seigneur de tous, et tous les hommes sont Ses serviteurs. Il a certes fait descendre sur eux Sa législation dans leurs intérêts, afin de garantir leurs droits, et les guider vers ce qui constitue leur bien-être dans cette vie et dans l’au-delà.

 

En revanche, les lois instaurées par les humains visent la plupart du temps à favoriser les intérêts de certaines classes de la société, de certaines nationalités par rapport à d’autres. Ainsi, l’ensemble des régimes connus dans le monde agissent de manière semblable. Il suffit d’écouter les critiques mutuelles que se font les régimes communistes et capitalistes, les régimes démocrates et dictatoriaux, pour voir que chacun d’entre eux favorise les intérêts d’individus particuliers et de groupes, au détriment des autres, et que les détenteurs du pouvoir au sein de ces régimes ne font que servir leurs propres intérêts par le biais de lois qu’ils mettent en place dans le but d’acquérir le maximum de liberté et de plaisirs, et ce, au détriment des autres et de l’éthique.

 

Ainsi, tant que la loi en question est d’origine terrestre, elle sera toujours sujette aux chamboulements que les oppresseurs exerceront sur les populations à l’intérieur d’une même communauté, voire même à l’échelle mondiale, comme le confirme la parole des occidentaux « pragmatiques » -englobant non à juste titre les pays musulmans- qui tend à dire que les hautes classes de la société instaurent des lois qui font toujours leurs intérêts.

 

Ainsi, après que les peuples des pays musulmans se soient rendus comptes de leur éloignement de la religion ; qu’ils aient endossé un sacrilège immense en prenant les lois humaines pour juger leurs affaires tout en acceptant l’injustice et l’ignorance qu’elles suscitent ; qu’ils aient souffert de nombreuses calamités ; et après qu’ils se soient rendus compte de leur décadence face à la sécurité et l’instauration de fondements de la justice et la préservation des intérêts de leur vie et de leur religion ; ces peuples se mirent à clamer haut et fort et à exiger l’application de la législation islamique dans sa globalité, et ce, dans toutes les affaires mondaines.

 

Or, il ne fait aucun doute que l’application de la charia dans les pays musulmans constitue une obligation d’institution divine, c’est une obligation formelle qui s’applique aussi bien aux détenteurs de l’autorité qu’aux civils, et ce, de tout temps et en tout lieu. Il est n’est pas permis de prendre d’autres lois que celles de la législation islamique.

 

Comment serait-ce permis, alors qu’Allah dit : « Il n’appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois qu’Allah et Son messager ont décidé d’une chose d’avoir encore le choix dans leur façon d’agir. Et quiconque désobéit à Allah et à Son messager, s’est égaré certes, d’un égarement évident »[1], « Non!... Par ton Seigneur! Ils ne seront pas croyants aussi longtemps qu’ils ne t’auront demandé de juger de leurs disputes et qu’ils n’auront éprouvé nulle angoisse pour ce que tu auras décidé, et qu’ils se soumettent complètement [à ta sentence] »[2], « Juge alors parmi eux d’après ce qu’Allah a fait descendre. Ne suis pas leurs passions, et prends garde qu’ils ne tentent de t’éloigner d’une partie de ce qu’Allah t’a révélé »[3], « Et ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, les voilà les mécréants »[4].  Et les textes allant dans ce sens sont nombreux.

 

Si Satan a mérité la malédiction d’Allah, été privé de Sa miséricorde, a échangé le statut de rapproché pour celui d’éloigné d’Allah, le Paradis pour l’Enfer, et ce, pour avoir rejeté un seul des ordres d’Allah en refusant de s’exécuter en se prosternant devant Adam, qu’en est-il de ceux qui jettent le Livre d’Allah derrière leur dos, négligent Sa législation et Ses lois, et échangent le meilleur pour le moins bon ?!

 

L’état des sociétés musulmanes aujourd’hui

Cependant, si nous observons avec attention l’état des sociétés musulmanes aujourd’hui qui ne mettent pas en application la législation divine, on peut s’apercevoir de nombreuses contradictions apparentes concernant divers aspects de la vie en société, entre ce à quoi aspire la charia et ce que décrètent les lois humaines mises en application, au point où l’Islam est devenu quelque chose de totalement étrange dans ces sociétés qui ont écarté la religion dans beaucoup de domaines comme le social, l’économie, la politique, le judiciaire, etc.  Au point même où c’est la laïcité, prônant une séparation entre religion et Etat, qui prime sur bon nombre de lois, et bon nombre de conceptions, de comportements et d’éthique.

Parmi les éléments qui nous montrent que l’Islam est devenu vraiment étranger dans ces sociétés, figure le fait qu’à chaque fois que l’on appelle à revenir aux lois islamiques et a l’application de la charia, on assiste à un courant d’oppositions et d’ambigüités prétendant qu’une application des lois divines n’est plus possible aujourd’hui, remettant en cause le caractère juste et applicable de ces lois, et que finalement ces lois ne garantissent pas les intérêts et les besoins des gens.

 

Il s’agit d’ambigüités que propagent des gens qui s’affilient à l’Islam et qui sont issus de nos sociétés et parlent notre langue, mais qui ont été frappés par la guerre intellectuelle et touchés par les attaques menées au nom de la laïcité occidentale ou du communisme. Leur but est de détruire notre religion, notre histoire et notre communauté, ils font en général partie de la classe intellectuelle qui occupe de nombreux postes dans l’enseignement, les médias, les centres d’intérêts et l’opinion publique.

 

Combien sont nombreux ceux qui se disent musulmans croyants, alors qu’ils affirment de vive voix et écrivent par leur plume que la législation islamique n’est plus applicable à notre époque, et que les peines légales sont barbares et ne conviennent plus au monde d’aujourd’hui !!! Tels sont leurs prétentions et les paroles qu’ils profèrent, quelle monstrueuse parole que celle qui sort de leurs bouches, si seulement ils savaient.

 

Appliquer la charia de manière graduelle

C’est pourquoi, il est une obligation de palier à ces circonstances affligeantes en réformant les croyances et les comportements petit à petit jusqu’à ce que les gens se soumettent d’eux-mêmes avec facilité à la législation d’Allah, à Ses lois et Ses décrets, et ce, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de discorde et qu’il n’y ait plus de place pour les injures à l’encontre de la religion d’Allah, ni de rébellion contre les autorités qui appliquent Sa législation.

 

Il s’agit d’une graduation dans l’application, et non le fait de légiférer, car la législation s’est parachevé du vivant du Prophète, que les éloges et le salut soient sur lui. Allah dit : « Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et J’agrée l’Islam comme religion pour vous »[5]. Il ne fait donc aucun doute que la charia a été parachevée, c’est néanmoins son application qui de nos jours exige une préparation et une mise en condition par le biais de laquelle la société musulmane pourra s’y conformer de manière légale et valable, après avoir pris l’Occident comme modèle.

 

Parmi les preuves qui indiquent que l’application de la charia doit se faire de manière graduelle dans les sociétés musulmanes comme l’impliquent les règles universelles et les objectifs de la législation, figure le fait que cette même législation n’est pas descendue d’un trait sur ceux qui ont reçu la révélation, mais elle fut révélée petit à petit, loi après loi. Ainsi, Allah a décrété cette manière graduelle de révéler Sa législation à Ses serviteurs afin de leur faciliter la mise en application de Sa religion, et afin qu’ils répondent plus aisément à Ses ordres et Ses lois. Car, s’Il avait fait révélé au début de la révélation l’interdiction de l’alcool, de l’adultère, de l’usure, etc., ainsi que les sentences relatives à ces infractions du code pénal islamique, cela aurait fait fuir les gens, et aurait pu être une tentation pour certains d’entre eux et une cause d’apostasie. Allah dit : « Et ceux qui ne croient pas disent: «Pourquoi n’a-t-on pas fait descendre sur lui le Coran en une seule fois?» Nous l’avons révélé ainsi pour raffermir ton cœur. Et Nous l’avons récité soigneusement. 33. Ils ne t’apporteront aucune parabole, sans que Nous ne t’apportions la vérité avec la meilleure interprétation »[6].

 

Allah était capable de révéler Sa législation d’un seul trait, et de l’imposer à Ses serviteurs en une seule fois, mais de par la sagesse de l’Omniscient, le Sage, Celui qui a créé l’homme, connait son état et ce qui fait ses intérêts, Allah dit : « Ne connaît-Il pas ce qu’Il a créé alors que c’est Lui le Compatissant, le Parfaitement Connaisseur »[7].

 

L’imam Al Boukhâri rapporte que ‘Aicha, qu’Allah l’agrée, a dit au sujet du Coran : «Parmi les premiers passages du Coran à avoir été révélés, il y a une sourate parmi les sourates moufassal, dans laquelle il est question du Paradis et de l’Enfer ; et puis, lorsque les hommes retournèrent vers l’islam, le licite et l’illicite furent révélés. Si dès le début Allah avait révélé : « Ne buvez plus d’alcool », les hommes auraient dit : «Nous ne le délaisserons jamais !». Si dès le début Dieu avait révélé : «Ne commettez plus l'adultère !», les hommes auraient dit : «Nous ne le délaisserons jamais !»…»[8].

 

De plus, parmi ce qu’il convient de citer ici pour appuyer ce point, figurent les propos de ‘Omar Ibn Abdel-‘Azîz que les historiens mentionnent. En effet, il prit le pouvoir califale après certains souverains qui dévièrent de la voie des califes bien-guidés, commirent maintes injustices par lesquelles ils bafouèrent les droits communs des gens et dépassèrent les limites.

 

Son fils vertueux et pieux, Abdel-Malik, se rendit auprès de lui et se confia à lui avec fougue : « Ô mon père, qu’as-tu a retarder l’application des lois ?! Par Allah, tant pis si la vérité nous conduit à la dispute ! Le père sage dit alors : « Ne t’empresse pas mon enfant, Allah a certes blâmé l’alcool dans le Coran à deux reprises, et l’a interdit la troisième fois. Quant à moi, je crains qu’en imposant aux gens la vérité d’un trait, ils la rejetteront en bloc, ce qui engendrera la discorde »[9].

 

Observez de quelle manière il attira l’attention sur la pédagogie à adopter quant à l’application de la législation en s’argumentant par la façon graduelle qu’Allah a employée  pour légiférer certaines obligations et interdictions, tel que l’alcool.

 

Néanmoins, il ne s’agit pas d’user de cette pédagogie dans l’injonction des obligations et l’interdiction de l’illicite comme ce fut le cas avant que la législation islamique ne soit entièrement instaurée, et par conséquent d’autoriser la consommation d’alcool en montrant que cela comporte plus de mal que de bien, pour ensuite l’interdire aux heures des prières obligatoires seulement, puis après un certain temps l’interdire complètement. Quiconque a un minimum de connaissance des textes issus de la législation et une compréhension des objectifs de cette dernière, ne peut en aucun cas affirmer une telle chose.

Dans une situation similaire, ‘Omar Ibn Abdel-‘Azîz dit à son fils : «Ô mon fils, ton peuple (c'est-à-dire Banî Oumeyyah) ont certes outrepassé les limites, si tu cherches à t’opposer à eux pour leur enlever ce qu’ils possèdent, je crains qu’ils ne se divisent gravement et que le sang soit versé. Par Allah, la disparition du monde tout en entier m’est moins difficile à supporter qu’un sang versé par ma cause. Ne voudrais-tu pas plutôt que ton père ne passe pas un jour de sa vie sans faire mourir une innovation, et fasse vivre une sounnah jusqu’à ce qu’Allah juge entre nous et notre peuple, et Il est le meilleur des Juges ?!..»[10].

 

Parmi les éléments qui indiquent le besoin d’agir de manière graduelle dans l’application de la charia, le fait qu’un grand nombre d’actes répréhensibles condamnés par la législation islamique sont licites dans les loi instaurées par l’homme, à l’image de l’usure, l’apostasie, avoir un ou une petite amie, le dénudement des femmes, la mixité entre les sexes dans les écoles et les universités, etc…

 

C’est pourquoi, il n’est pas possible d’appliquer les peines prévues par la charia dans ces sociétés musulmanes qui ont ancré les lois humaines dans leurs constitutions et en ont fait leur code. Il n’est pas possible de fouetter le fornicateur et de l’isoler une année, de lapider à mort le fornicateur marié[11], alors que l’adultère fait encore partie des choses considéré –non à juste titre– comme licite et représente une forme de liberté protégée par la loi, et que tout ce qui pousse au désir est encore présent dans le pays, au point même de trouver des rues et des quartiers célèbres où les gens s’adonnent à cette turpitude encouragée par des milliers de commerçants et de personnes qui font tout leur possible pour la répandre entre les croyants.

 

Il n’est pas possible de fouetter l’individu qui se livre à la consommation d’alcool, alors que les usines de production d’alcool ont des autorisations légales et sont officiellement protégées, et que l’alcool est vendu librement dans les magasins, les hôtels, et les lieux publiques et privés.

 

De plus, il n’est pas possible d’appliquer la sentence sur le voleur lorsque certaines personnes n’arrivent pas à trouver ne serait-ce qu’un morceau de pain pour couper sa faim, et qu’à côté de cela on assiste à l’expansion de l’usure, des pots de vins et du vol de l’argent publique par certaines personnalités d’état et grands voleurs. Il en est ainsi pour tous les crimes et actes répréhensibles.

 

C’est en ce sens qu’il convient de couper la tentation à sa source, d’éradiquer les causes responsables de ces délits, de mettre les gens en garde contre ces maux et ces désobéissances, leur montrer les méfaits qui en découlent dans cette vie et dans l’au-delà. D’autre part, il faut tout mettre en œuvre pour la réalisation des intérêts communs, combler les besoins de première nécessité, après quoi, quiconque persiste dans la désobéissance n’aura plus d’excuse, car c’est là une preuve de sa déviation et de son insouciance. C’est à ce moment là qu’il méritera la peine légale répressive, et ce, dans le but de l’inciter à ne pas récidiver et de l’aider à atteindre la droiture et les bonnes mœurs.

Trois points essentiels

1 – La législation islamique n’est pas qu’un simple code de répression, c’est un mode de vie complet qui englobe tous les aspects de la vie d’ordre dogmatique, pratique, comportemental. C’est un mode de vie qui a trait à l’éducation, la protection des individus, et attache plus d’importance à ces aspects qu’aux aspects punitifs et répressifs.

 

C’est un point par lequel l’Islam se distingue nettement des autres modes de vie instaurés par les hommes, qui insistent sur le côté répressif plus que sur le côté éducatif et préventif et accorde une grande attention à remédier aux méfaits causés par les délit une fois commis, au lieu de se pencher sur la prévention contre ces derniers.

Ainsi, concernant la réforme de la société et la lutte contre le crime, la législation islamique se base en premier lieu sur les moyens éducatifs et préventifs. Ensuite, vient le rôle des moyens répressifs qui se place en trois lignes dans la lutte contre le délit et le crime.

 

En prenant pour exemple le délit que représente le vol, on s’aperçoit que l’Islam a prévu une sentence répressive qui correspond aux maux et aux dangers que représente ce délit pour l’individu et la société, qui consiste à couper la main. Cependant, cette sentence n’est pas la première étape, c’est même la dernière, car en premier lieu l’Islam éduque le musulman à garder à l’esprit qu’Allah l’observe, à avoir peur de son châtiment et le dissuade de commettre un tel délit. De plus, l’Islam encourage le musulman à travailler et à chercher sa subsistance et à se suffire des biens licites, au point où cela est considéré comme une adoration par laquelle le musulman se rapproche de son Seigneur. A côté de cela, il a mis en place un système économique qui garantit à l’homme l’acquisition de biens licites par le travail de ses mains, par les dépenses d’un proche, de la société, ou de la caisse commune. Après cela, il ne doit pas avoir de raison de vouloir voler, et s’il s’en rend coupable il n’aura alors plus d’excuse et devra subir la sentence prévu à cet effet si les conditions de son application sont réunies. Il en est ainsi concernant les autres délits tels que la consommation d’alcool, l’adultère, etc.

 

De là, il est des personnes qui se trompent au sujet de l’Islam et nuit considérablement à cette religion en appelant à l’application de la charia tout en laissant paraître qu’elle se résume à des sentences légales, ignorant qu’elle renferme en réalité des règles et des moyens éducatifs et préventifs établis dans le but de réformer les sociétés et les purifier, et garantir les intérêts des individus.

 

D’autant plus, que l’homme s’enfonce dans l’erreur, dès lors qu’il parle de l’Islam en faisant de ses dispositions de première ordre la dernière des priorités, ou même la seule chose qui importe, comme si l’Islam se résumait à couper des mains, fouetter le fornicateur, le calomniateur et l’homme ivre !!! Même si ces aspects font partie intègre de l’Islam, il n’empêche qu’ils ne forment l’Islam dans sa globalité, ne représentent pas non plus les éléments les plus important, et ne sont pas les premières choses requises.

 

De ce fait, l’application des peines à elle seule n’est pas suffisante pour réformer les sociétés, combler les besoins des gens, garantir leur avenir et les conduire vers la sécurité et la stabilité. Ce n’est pas le premier des moyens à mettre en œuvre pour bâtir une société, c’est plutôt la dernière étape et le recours ultime.

En effet, l’Islam ne fait pas de l’application des peines son principale recours dans la construction d’une société saine, il se base avant tout sur l’éducation individuelle, l’enracinement de la foi dans les cœurs, la purification des âmes, il vise à instaurer une opinion générale consolidée afin de faire croître le bien et tenter de diminuer le mal au sein de la société. De plus, l’Islam établi tout un système favorisant l’union, régissant la politique et l’économie qui barre tout chemin menant au crime et au mal.

 

Il contribue à l’observation de la droiture et du bien. L’islam ne s’oppose pas à la nature humaine, cependant il la régit pour lui garantir une atmosphère propice, loin de tout ce qui pourrait la perturber et l’encourager  à l’accomplissement de délits et actes pervers, et ce, en limitant les opportunités de s’égarer et en l’éloignant des tentations, tout en supprimant tous les obstacles pouvant y conduire sans aller jusqu’à condamner l’assouvissement de ses désirs naturels tant qu’il s’agit de moyens légaux décents.

 

Au regard de tout cela, il apparait clairement l’importance de l’application de la législation dans sa globalité, car l’Islam est un ensemble de principes qui se complètent les uns les autres et s’accordent mutuellement sur le plan de la croyance, de la législation, de l’éthique. De ce fait, les peines légales ne sont qu’une partie de l’aspect législatif qui ne donnera véritablement ses fruits en termes de sécurité, de stabilité, que dans une société qui se conforme correctement à l’Islam du point de vue du dogme et de la législation et adopte cette religion comme code de vie.

 

2 – L’application de la législation d’Allah et le fait de s’y conformer demeure une obligation pour tous les musulmans, qu’ils soient gouverneurs ou gouvernés, savants ou du commun des gens, hommes ou femmes. Il est donc impératif pour tous d’unir ses efforts afin d’observer cette obligation qui fait partie des plus grands devoirs, car le bien et les résultats bénéfiques qui en découlent concernent tout le monde, tout comme les méfaits dus à la négligence face à l’accomplissement de cette tâche.

 

Cependant, les personnes qui sont le plus concernées par cette obligation sont les détenteurs de l’autorité parmi lesquels on compte les savants et les dirigeants, puis leur succèdent les notables qui ont rôle exécutif dans la société et qui ont de l’influence tels que les prêcheurs, les intellectuels, les enseignants, les fonctionnaires de justice ; puis le reste des classes populaires. Ainsi, chacun a un rôle en fonction de la place qu’il occupe dans la société, de ses capacités dans le cadre des responsabilités qu’il lui revient.

 

De là, il faut comprendre que l’application de la charia n’est pas uniquement le rôle des gouvernants, même si leur part de responsabilité est plus grande du fait qu’ils font autorité et détiennent le pouvoir.

 

Aussi, la charia ne résume pas à un code pénal dont la mise en application dépendrait uniquement du détenteur de l’autorité, c’est un mode de vie complet qui concerne tout ce qu’Allah a légiféré pour Ses serviteurs. C’est un mode de vie qui régit la vie sur le plan dogmatique, cultuel, relationnel, éthique et comportemental. L’application de la charia englobe l’ensemble de tous ces aspects.

 

Si tel est le cas, la responsabilité liée à son application ne se limite pas à une personne en particulier, un appareil d’Etat, ou un conseil collectif, c’est la responsabilité de toute la communauté composée d’individus et de collectivités. Nul n’est exempt de cette responsabilité. Ainsi, l’homme est responsable au sein de sa famille, il est donc responsable de la mise en pratique de l’Islam sur le plan individuel et familial. Les institutions chargées de l’enseignement et de l’éducation sont responsables de la mise en pratique de l’Islam par tous ceux qui demeurent sous leurs responsabilités. Les institutions médiatiques sont quant à elles sont tenues de se conformer aux préceptes légaux en matière de communication, elles ont un rôle éducatif qu’elles se doivent de remplir, elles ont la responsabilité de réformer les opinions et les comportements. Nul n’ignore que les outils médiatiques, quels qu’ils soient, sont les moyens les plus influents, et ce, positivement ou négativement, c’est une arme à double tranchant en fonction de ce que y est diffusé par ces derniers.

 

Lorsqu’ils sont utilisés à bon escient, dans le but d’ancrer la bonne croyance, encourager le bon comportement et l’application de la législation, c’est alors un moyen qui n’a pas d’égal. Tandis que lorsque ce n’est pas le cas, ces outils médiatiques constituent alors un mal qui se répand inexorablement et détruit la religion et l’éthique, anéanti les valeurs, brise les déterminations et les résolutions. De plus, ils font perdre un temps considérable dans des choses inutiles et sans intérêts, et conduisent la communauté à la débauche, la décadence et au mépris de leurs intérêts ici-bas et dans l’au-delà.

 

Par ailleurs, les institutions administratives et économiques sont elles aussi tenues d’épurer tous leurs programmes de tout ce qui n’est pas conforme à l’Islam d’une part, et de veiller que les acteurs de ces programmes aient une pratique en accord avec l’Islam d’autre part.

 

Les institutions judiciaires sont quant à elles les plus responsables vis-à-vis du respect de l’application de la législation  dans leurs affaires mondaines et religieuse, tout comme elles sont chargées de veiller à ce que rien ne viennent obstruer l’application des lois de la charia.

 

Il est donc impératif que les enseignements de l’Islam soient présents dans tous les domaines et pris comme modèle au sein des institutions dans la société. Il n’est pas permis que les tribunaux appliquent certaines lois de la charia et en négligent d’autres. De plus, que les tribunaux appliquent ces lois ne suffit pas si au même moment il s’avère que l’appareil éducatif et médiatique fonctionne de manière contraire à l’Islam et propage une pensée en opposition avec ce dernier.

 

C’est pourquoi il est une obligation pour toutes les institutions au sein de l’Etat et tous les acteurs faisant autorité parmi les musulmans, à commencer par la plus haute fonction de l’Etat jusqu’à la responsabilité individuelle de l’homme dans son foyer, de coopérer dans la dispense d’une éducation islamique distinguée, et ce, en enracinant la foi dans les cœurs, en apprenant aux musulmans à garder à l’esprit qu’Allah les observe constamment, en leur enseignant la droiture et la manière de purifier son âme, améliorer son comportement, et s’acquitter des devoirs envers Allah et envers Ses serviteurs.

 

De même, ils se doivent de faire tout leur possible pour créer une atmosphère saine, loin de tout ce qui encourage au délit, au crime et à la perversité, ce qui passe par la lutte contre les mauvaises mœurs et l’éloignement des tentations, tout en supprimant tous les obstacles pouvant y conduire sans aller jusqu’à condamner l’assouvissement de désirs naturels tant que cela passe par des moyens légaux décents.

 

Après quoi, on peut alors mettre en pratique l’application des peines prévues par la charia sur les auteurs de délits, qui seront toujours présents dans les sociétés aussi vertueuses soient-elles.

 

Il faut donc que l’application de ces peines soient précédées de l’application des autres aspects de la charia qui englobe un mode de vie dans son ensemble, car l’application de ces peines à elle seule ne suffit pas pour bâtir une société, tout comme elle ne suffit pas à éradiquer le mal, empêcher l’injustice et le crime. Ce qui rend tout cela possible n’est autre que la croyance saine qui pousse le serviteur à garder à l’esprit qu’Allah l’observe et à éprouver de la pudeur envers son Seigneur, de l’amour, de l’espérance, de la crainte. Cela passe également par une adoration authentique qui nourrit l’âme et lui procure apaisement et quiétude ; un comportement exemplaire qui purifie l’âme et la pousse à la vertu ; ainsi qu’une législation juste qui garantit les intérêts des individus et la justice, comme le prône la législation islamique avec tous ses aspects d’ordre dogmatique, législatif et éthique.

 

3 – La nécessité de veiller à cette pédagogie qui vise à appliquer la législation de manière graduelle sur le plan exécutif, ne signifie pas l’interdiction de prôner une application immédiate et générale sur le plan intellectuel et théorique, et ne doit pas empêcher l’Etat  de clamer que sa religion est l’Islam et que sa constitution n’est autre que la charia avec tout ce qu’elle comporte comme règles et lois, et que c’est le seul code qu’il est permis de suivre.

 

Au même moment, cette pédagogie ne doit pas devenir non plus un slogan emblématique que l’on prend pour devise.

 

C’est en ce sens qu’il apparait que cette pédagogie qui se veut graduelle dans l’application de la charia ne signifie pas la suppression de la loi divine ou son annulation définitive, il est seulement question d’établir une démarche comportant différentes étapes par le biais desquelles on passera de la laïcité à l’Islam, et ce, en mettant l’accent avant tout sur le plan éducatif, éthique et préventif afin de préparer l’individu à l’application de l’ensemble des aspects de la charia parmi lesquels les peines légales instaurées dans le but garantir la sécurité, la stabilité, la justice, et la lutte contre le crime et le désordre.

 

La pédagogie nécessaire pour ce faire doit être consciencieusement organisée et méthodique selon des étapes de temps précises à l’issu desquelles on doit avancer vers une application globale de la charia.

 

D’autre part, il n’est pas permis d’utiliser cette pédagogie comme une emblème que l’on élève pour satisfaire la masse de croyants et caresser leur rêve, de remettre à plus tard certaines peines par tromperie et manigance, dans le but de dénier leurs applications et les rejeter en tant que constitution.

 

Cette pédagogie est malheureusement devenue l’emblème des opposants à l’application de la loi d’Allah par laquelle ils cherchent à fuir sa mise en pratique, et pour preuve, ils n’ont jamais rien fait concernant la mise en place de cette pédagogie qu’ils prétendent attendre. Les années se sont écoulées et ils n’ont jamais présenté la moindre démarche pour justifier ce à quoi ils appellent. Nous n’avons jamais vu de plan concret ni de démarche visant à appliquer la charia de manière graduelle de la part de ces gens qui clament des slogans pour la justice, la sagesse, la pédagogie présumée, et ce, bien qu’ils en ont les capacités s’ils étaient vraiment sincères.

 

J’implore Allah d’accorder aux musulmans Son agrément, et de remplir leurs cœurs de Son amour, Son espérance et Sa crainte. Qu’Il les guide vers les voies de la paix, et qu’Il les fasse sortir des ténèbres vers la lumière. Je L’implore de guider les dirigeants musulmans vers l’application de Sa législation et le cramponnement à Son livre et à la Sounnah. Qu’Il les unisse à une parole commune, Il est certes Omnipotent sur toute chose.

 

Que les éloges et le salut soient sur notre Prophète Mohammed, sa famille et ses compagnons. La louange appartient à Allah le Seigneur des mondes.

 


[1] Sourate 33 Les coalisés, verset 36.

[2] Sourate 4 Les femmes, verset 65.

[3] Sourate 5 La table servie, verset 49.

[4] Sourate 5 La table servie, verset 44.

[5] Sourate 5 La table servie, verset 3

[6] Sourate 25 Le discernement, versets 32 et 33

[7] Sourate 67 La royauté, verset 14

[8] Rapporté par Al Boukhâri (4707)

[9] voir l’ouvrage « Al mouwâfqâtt » 2/92-93

[10] Voir « Hiliyatou-l-awliyah » 5/283 et « Sîra wa manâqib ‘Omar ibn Abdel-‘Azîz » d’Ibn Al Djawzî p.300

[11] c'est-à-dire qui a déjà été marié dans sa vie, cette sentence s’applique qu’il le soit encore ou qu’il soit divorcé.

 

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