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Consolidation et Raffermissement de sa Foi (2)

Jamaal al-Din M. Zarabozo

 

Augmentation et Diminution de la Foi

Le Qur'an indique très clairement que la foi de l’individu augmente et diminue de temps en temps. Par exemple, Allah dit : [Et quand Ses versets leur sont récités, cela fait augmenter leur foi] (8:2); [que croisse la foi de ceux qui croient,] (al-Muddattir 31); [C’est Lui qui a fait descendre la quiétude dans les cœurs des croyants afin qu’ils ajoutent une foi à leur foi] (al-Fath 4); [Certes ceux auxquels l’on disait : “Les gens se sont rassemblés contre vous; craignez-les” - cela accrut leur foi - et ils dirent : “Allah nous suffit; Il est notre meilleur garant”] (3:173).

 

Il existe incontestablement des différences au niveau des actes apparents de l’homme. Il s’agit d’une manifestation de l’augmentation et de la diminution du degré de foi. Cependant, l’on ne doit pas croire qu’il s’agit là de l’unique aspect de la fluctuation de la foi. En réalité, tous les aspects de la foi s’exposent à cette éventualité, y compris – ou plus particulièrement – les actes du cœur. Même le degré de « croyance » dans le cœur ou certitude, peut changer chez une personne et se présente différemment d’un individu à un autre. En vérité, l’amour d’Allah, la crainte d’Allah, la confiance en Allah et d’autres expressions du cœur sont probablement les plus enclins aux changements et fluctuations.

 

Chaque individu a peut-être eu à vivre le fait décrit dans les versets susmentionnés. Parfois, l’on a tout à fait conscience d’Allah, de sa crainte et de son amour envers Lui. Ce sentiment fort dans le cœur de l’individu lui procure tranquillité, enthousiasme et le tient à l’écart des péchés. Non seulement, il l’incite à faire des sacrifices et œuvrer davantage pour la cause d’Allah, mais aussi, il devient très désireux de se lever tard dans la nuit pour accomplir la prière, par exemple, ou d’accomplir des actes de générosité pour la cause d’Allah. Cependant, par moment aussi, peut-être lorsqu’il est envahi par les affaires de ce monde, il arrive que son rappel et son attachement à Allah ne soient plus tout aussi forts. Il ne ressent plus ce fort sentiment de foi dans son cœur. Son comportement et ses actions ne restent pas toujours les mêmes suivant les circonstances. Lorsqu’il fait face à une telle situation, la seule idée de se lever dans la nuit pour l’accomplissement de la prière ou d’accomplir un acte de générosité pour la cause d’Allah remplit son âme de fatigue et la débarrasse de toute volonté de sacrifice. Il ne s’agit de rien d’autre que de la fluctuation de la foi dans le cœur de l’individu.

 

Il y a des moments où l’individu atteint un degré très élevé de foi et de rappel d’Allah. En revanche, lorsqu’il se rapproche des événements mondains, de sa famille et de ses amis, il peut ne pas se maintenir à ce même niveau. Même Abu Bakr a connu pareille situation. Un hadith de Sahih Muslim affirme qu’Abu Bakr avait demandé à Handhalah, un autre Compagnon, comment il allait. Celui-ci avait répondu qu’il commettait de l’hypocrisie. Il s’expliqua en disant que, lorsqu’ils se trouvaient auprès du Prophète (Paix sur lui) et qu’il leur était rappelé le Ciel et L’Enfer, ils se sentaient un peu comme s’ils voyaient ce Ciel et cet Enfer. Et, lorsqu’ils retournaient auprès de leurs familles, ils oubliaient bon nombre de ce qu’ils avaient ressenti plus tôt. Abu Bakr affirma que lui-même vivait la même situation. Il s’agit de quelque chose de naturel. L’individu doit apprendre à apprécier ces moments où il connaît le degré le plus élevé de la foi et s’efforcer de garder ce cap le plus longtemps possible.

 

Même le degré d’affirmation et de connaissance dans le cœur varie d’une personne à une autre et d’un moment à un autre. Ibn Taimiyyah note que l’affirmation dans le cœur d’un individu qui ne connait tout simplement que les aspects généraux de l’enseignement du Prophète Muhammad (Paix sur lui) ne saurait être la même que celle d’un individu qui connaît profondément les enseignements et la vie du Prophète. De même, celui qui en sait davantage sur les noms et attributs d’Allah, sur la vie dans l’Au-delà, etc., accédera à un degré d’affirmation et de connaissance différent de celui qui est ignorant de toutes ces choses[1]. Ibn Taimiyyah affirme également que la foi d’un individu qui connaît les preuves de ses croyances et reconnaît la fausseté des autres croyances sera plus forte et plus grande que celle d’une personne ignorante de ces aspects[2].

 

Ibn Taimiyyah conclut qu’il n’y a rien de plus chancelant dans le cœur de l’homme que la foi. Il affirme que les gens doivent être à même de reconnaître ce fait lorsqu’ils prennent en compte l’une des composantes de la foi que constitue l’amour. Les gens reconnaissent les différents degrés de leur propre amour. L’amour implique parfois tout simplement le désir d’être avec ou auprès de ses bien-aimés. Cependant, il peut atteindre un niveau où l’individu ne peut vivre sans être en présence de ses bien-aimés[3]. De même, la foi, dont l’amour d’Allah constitue une composante, peut s’avérer extrêmement instable.

 

Cette foi qui augmente ou diminue ne relève pas tout simplement d’une question théorique qui, autrefois, faisait l’objet de divergences chez les érudits. Un individu qui pense avoir une foi immuable, ne se donne aucune peine pour raffermir sa foi et ne craindra ni n’observera aucune diminution de celle-ci. Cette approche en elle-même peut être très dangereuse pour sa foi, étant donné que l’individu pourrait ne pas reconnaître les signes indicateurs d’une baisse de sa foi.

 

Par conséquent, tout croyant doit garder à l’esprit que la foi augmente et diminue de temps à autre. Aussi, le croyant doit-il toujours être attentif aux signes indiquant la baisse de sa foi. En réalité, il doit prendre des mesures bien précises pour raffermir sa foi. Les Compagnons du Prophète (paix et bénédiction d'Allah sur lui) en sont une parfaite illustration. Un Compagnon avait pris un autre par la main et dit : « Viens, [augmentons notre] foi pour une période de temps »[4]. Il faisait allusion à la lecture du Qur'an, au rappel d’Allah, etc., des actions qui permettent de raviver et d’accroitre sa foi.

 

Développement et Raffermissement de sa Foi

Juste après avoir fait son attestation de foi, l’on s’engage sur la voie de la transformation en un véritable Musulman, en un véritable croyant. Cette première étape consiste à se débarrasser de la forme évidente, majeure et intégrale d’association de Dieu. Il s’agit de la première étape absolument nécessaire, en l’absence de laquelle tout autre acte ou toute autre étape ne sera d’aucun intérêt ou d’aucune utilité. Cependant, cela ne revient aucunement à dire qu’elle constitue un acquis ou une constante qui n’admet aucun développement ou aucune amélioration. C’est à juste titre que Murad relève : « Vous avez à présent une mission : devenir un mumin [vrai croyant] et moujahid [celui qui lutte pour la cause d’Allah]. En vous engageant dans cette mission, il pourrait vous arriver de sentir que votre connaissance de l’Islam est quelque peu limitée ou que vous n’êtes peut-être pas à même d’atteindre ce haut degré de soumission et de purification que vous désirez ou que les autres attendent de vous. Ce qui n’est que naturel. Vous ne devez, cependant, pas laisser ces sentiments de défaillances personnelles entamer vos efforts de pratique de l’Islam. Rappelez-vous que l’Islam est un processus et non un état. Vous devez vous battre chaque jour pour vous améliorer – et vous allez vous améliorer [avec la volonté d’Allah]…       Une fois que vous vous êtes consacré à Allah, tout ce que vous possédez doit être dépensé dans Sa voie. C’est ça l’idéal. Cependant, les idéaux sont toujours difficiles à réaliser –et cela doit être compris et accepté. Les idéaux sont toujours une quête permanente ; s’ils deviennent facilement et toujours réalisables, ils pourraient difficilement demeurer des idéaux. Tenir votre part de marché [mentionné dans al-Taubah 111][5] est un idéal que vous devez toujours chercher à entretenir. C’est cette recherche, cet effort visant à dépenser tout ce que nous possédons dans la voie d’Allah qui est appelé djihad ou bien, dans ce cas, tazkiya [purification] »[6].

 

Lorsqu’un individu vient d’embrasser l’Islam –ou lorsqu’un Musulman né musulman s’engage dans l’Islam– son cœur se débarrasse de l’association majeure d’Allah et de la mécréance. Ce qui ne veut pas pour autant dire qu’il comprend tous les concepts du monothéisme pur, ou que son cœur ne garde pas quelques résidus de shirk et de mécréance. Allah dit au sujet des Bédouins : [Les Bédouins ont dit : “Nous avons la foi”. Dis : “Vous n’avez pas encore la foi. Dites plutôt : Nous nous sommes simplement soumis, car la foi n’a pas encore pénétré dans vos cœurs. Et si vous obéissez à Allah et à Son messager, Il ne vous fera rien perdre de vos œuvres”. Allah est Pardonneur et Miséricordieux] (49: 14).

 

En réalité, certaines lacunes concernant l’ensemble du concept du monothéisme pur avaient cours même chez les nouveaux Musulmans de l’époque du Prophète (paix et bénédiction d'Allah sur lui), alors même qu’ils maitrisaient bien l’arabe (qui leur permettait ainsi de comprendre le sens premier du Qur'an) et vivaient à l’époque de la révélation. Tenons par exemple le récit suivant : Abu Waaqid al-Laithi rapporte que le Messager d’Allah (paix et bénédiction d'Allah sur lui), se rendant à Hunain [avant sa bataille], passa avec eux près d’un arbre appelé dhaat anwaat, arbre sur lequel les polythéistes avaient l’habitude d’accrocher leurs armes. Ils [certains Compagnons] dirent : « Ô Messager d’Allah (paix et bénédiction d'Allah sur lui), trouve nous un dhaat anwaat comme eux ont leur dhaat anwaat ». Le Prophète (Paix et bénédiction d'Allah sur lui) dit : « Exalté soit Allah. C’est comme lorsque le peuple de Moïse dit : « Trouve pour nous une idole comme ils ont leur idole ». Par Celui qui détient mon âme, vous allez certainement suivre les pratiques des gens qui vous ont précédés »[7].

 

Cependant, à mesure que se raffermit la foi de l’individu, des horizons nouveaux s’ouvrent devant lui –ils peuvent, en réalité, se rapporter aux choses qui ont déjà été portées à sa connaissance alors qu’il ne les avait encore jamais vécues ou éprouvées par le passé. Cette nouvelle perception de la foi le purifie même davantage et lui permet de s’affirmer spirituellement sur des questions qu’on avait eu de la peine à lui décrire.

 

Ce passage d’ibn al-Qayyim souligne certains aspects de la foi qui pourraient ne pas nécessairement se trouver dans le cœur de l’individu juste après sa conversion ou lorsqu’il pratique l’Islam. Cependant, à mesure qu’il raffermit sa foi, ces aspects se consolident de plus en plus et commencent à développer de plus en plus en lui les effets souhaités. Par exemple, le nouveau Musulman qui voit la pluie tomber se rappelle immédiatement des prévisions du journal de la nuit précédente, se disant tout simplement que tous les facteurs étaient réunis pour que tombe la pluie, et il a effectivement plu. En revanche, le croyant dont la connaissance et la conscience d’Allah se trouvent à un degré différent se rend à l’évidence qu’Allah n’a pas produit cette pluie par hasard. Peut-être qu’il s’agit d’un acte de miséricorde d’Allah ou les prémices d’un châtiment d’Allah. Aussi, ibn al-Qayyim écrit, « Lorsque le serviteur sait qu’Allah est le seul qui apporte le mal et le bien, donne et refuse, crée et pourvoit, donne la vie et la mort, cela génère dans son cœur les actes d’adoration, d’espérance et de confiance totale en Lui, et tout ce que cette confiance nécessite en termes d’espérance et d’actes extérieurs. Le fait de savoir qu’Allah écoute, voit et sait –même la plus infime particule dans les cieux et sur la terre n’échappe à Sa vue–, qu’Il connaît le secret, le caché et la duplicité ainsi que ce qui est caché dans les cœurs suscite chez l’individu une forte envie de préserver sa langue, les parties de son corps et ses pensées les plus profondes de tout ce qui déplaît à Allah. Par ailleurs, cela lui fait impliquer ces parties du corps dans les actes appréciés et agréé par Allah. Ce qui, en retour, suscite une timidité intérieure. Cela produit également une timidité qui amène l’individu à éviter les actes interdits et malveillants. La connaissance [par le serviteur] de l’Autosuffisance d’Allah, de Sa générosité, de Sa bonté, de Sa bienveillance et de Sa miséricorde amène l’individu à nourrir plein d’espoir en Allah. Par ailleurs, cela suscite en lui des actes similaires, des formes intérieures et extérieures d’adoration, en fonction de son niveau de compréhension et de connaissance. De même, sa reconnaissance de la noblesse, de la grandeur et de la magnificence d’Allah fait naitre en lui l’humilité, la soumission et l’amour. Cela suscite également en lui des émotions et sentiments intérieurs d’adoration aussi bien que les actes extérieurs qui les accompagnent. De même, sa connaissance de la perfection, de la beauté et des attributs exaltés d’Allah se manifeste en une sorte d’amour spécial que présentent les différents niveaux d’adoration »[8].

A Suivre...


[1] Ibn Taimiyyah, Majmoo, vol. 7, p. 564.

[2] Ibn Taimiyyah, Majmoo, vol. 7, pp. 565-566.

[3] Ibn Taimiyyah, Majmoo, vol. 7, pp. 566-567.

[4] Rapporté par al-Bukhari.

[5] Ce verset dit : [Certes, Allah a acheté des croyants, leurs personnes et leurs biens en échange du Paradis. Ils combattent dans le sentier d’Allah : ils tuent, et ils se font tuer. C’est une promesse authentique qu’Il a prise sur Lui-même dans la Thora, l’évangile et le Coran. Et qui est plus fidèle qu’Allah à son engagement ? Réjouissez-vous donc de l’échange que vous avez fait : Et c’est là le très grand succès.]

[6] Murad, pp. 6-7. Ailleurs (p. 13), il écrit : « De même, l’espoir est vital dans vos efforts et vos succès. Vous devez espérer et croire sincèrement que tout ce que vous faites pour obtenir l’agrément d’Allah mènera à votre accomplissement. Le complexe de supériorité nie toute œuvre de développement personnel. Le complexe d’infériorité provient du manque de confiance en Allah et en soi. Vous ne devez jamais vous permettre de croire que vous ne pouvez pas accomplir vos obligations et vous ne devez désespérer de la miséricorde d’Allah. La confiance, l’espoir et la détermination sont des ingrédients importants de votre succès ».

[7] Rapporté par Ahmad et al-Tirmidhi. D’après al-Albaani, il s’agit d’un hadith sahih. Voir al-Albaani, Saheeh Sunan al-Tirmidhi (Riyad: Maktab al-Tarbiyah al-Arabi li-Duwal al-Khaleej, 1988), vol. 2, p. 235.

[8] Ibn al-Qayyim, Miftaah Daar al-Saadah, vol. 2, p. 90.

 

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