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Ce que le musulman doit savoir sur le Christianisme

Le message de l'Islam

 

Allah dit : « Et quand Allah dira: «Ô Jésus, fils de Marie, rappelle-toi Mon bienfait sur toi et sur ta mère quand Je te fortifiais du Saint-Esprit. Au berceau tu parlais aux gens, tout comme en ton âge mûr. Je t’enseignais le Livre, la Sagesse, la Thora et l’Evangile! Tu fabriquais de l’argile comme une forme d’oiseau par Ma permission; puis tu soufflais dedans. Alors par Ma permission, elle devenait oiseau. Et tu guérissais par Ma permission, l’aveugle-né et le lépreux. Et par Ma permission, tu faisais revivre les morts. Je te protégeais contre les Enfants d’Israël pendant que tu leur apportais les preuves. Mais ceux d’entre eux qui ne croyaient pas dirent: «Ceci n’est que de la magie évidente». 111. Et quand J’ai révélé aux Apôtres ceci: «Croyez en Moi et en Mon messager (Jésus)». Ils dirent: «Nous croyons; et atteste que nous sommes entièrement soumis »[1].

 

Certes la Louange est à Allah, nous le louons, implorons Son Secours et Lui demandons le Pardon. Nous nous protégeons par Allah contre le mal de nos propres âmes et contre les maux engendrés par nos mauvaises actions. Celui qu'Allah guide, nul ne pourra l'égarer, et celui qu'Il égare nul ne pourra le guider. Et j'atteste qu'il n'y a point de dieu à Part Allah, Seul sans aucun associé, et j'atteste que Mohammed est Son serviteur et Messager.

 

Le christianisme qui est une religion dite « monothéiste », demeure la religion la plus répandue dans le monde. L'histoire de cette religion commence discrètement avec la naissance de Jésus-Christ (‘Issâ en arabe), puis commence à se développer vers l’an 30 (après J. -C. car les années sont comptées depuis sa naissance) avec sa prédication auprès des juifs d'Israël (peuple auquel il appartient), alors sous domination romaine. La naissance de Jésus-Christ en Palestine parmi les juifs qui attendent la venue d’un Messie, à l'époque où cette région du Proche-Orient était occupée par les Romains, est donc à l’origine de cette nouvelle religion.

 

Jésus, que la paix soient sur lui, est sans aucun doute le principal personnage chargé de cette nouvelle révélation divine faites aux hommes par le Seigneur de l’univers. Cependant, c’est autour de sa véritable nature que vont très vite éclater d’innombrables dissensions au sein même de la communauté chrétienne encore toute jeune. C’est en ce sens qu’il est opportun pour le musulman et quiconque est désireux de mieux connaître les bases de cette religion qui compte le plus d’adeptes au monde, de se pencher sur les origines et les étapes de son évolution afin de mieux cerner l’existence des dissensions et des différents courants qui perdurent au sein de cette communauté jusqu’à nos jours.

 

Quelques brèves notions

Il existe au sein du christianisme plusieurs courants dont les principaux sont le catholicisme, l'orthodoxie et le protestantisme qui s’accordent sur certains points essentiels tel que la foi à la trinité et la déité de Jésus. Mais le but de notre approche n’est pas de s’étaler sur la nature de ces courants, mais de se pencher sur les origines de la doctrine sur laquelle ils reposent.

Tout d’abord, le texte de référence pour les chrétiens est la Bible. Elle est considérée comme sacré et comprend deux parties : l’Ancien Testament et le Nouveau Testament. On appelle Ancien Testament l'ensemble des écrits de la Bible hébraïque, textes hébreux antérieurs à la vie de Jésus et se compose entre autres de la Torah (Pentateuque) transmise par Moïse.

 

Le Nouveau Testament, quant à lui, est l’ensemble des écrits relatifs à la vie de Jésus et aux premières années du christianisme considérés comme authentiques par les Églises chrétiennes. Ce dernier comprend les quatre évangiles canoniques (Évangiles selon Matthieu, Marc, Luc, Jean) ; les Actes des Apôtres ;14 épîtres, dont la plupart attribuées à Paul de Tarse ; d'autres épîtres catholiques attribuées à d'autres disciples ; l’Apocalypse selon Jean.

 

D’où les liens étroits qui lient le judaïsme au christianisme qui sont deux religions abrahamiques, relatives au Messager Abraham (Ibrâhîm en arabe) dont le fondement commun est l’obligation de vouer un culte exclusif à Dieu. Ce lien est par ailleurs confirmé par le Coran qui affirme : « Et Nous avons envoyé après eux Jésus, fils de Marie, pour confirmer ce qu’il y avait dans la Thora avant lui. Et Nous lui avons donné l’Evangile, où il y a guide et lumière, pour confirmer ce qu’il y avait dans la Thora avant lui, et un guide et une exhortation pour les pieux. »[2]

 

Les Evangiles constituent donc le texte scripturaire de référence dans les fondements du christianisme. Ils ont pour but de transmettre le message de Jésus. Ces écrits relatent la vie et/ou le message de Jésus-Christ.

 

Cependant, les évangiles auraient été écrits en plusieurs phases, par la deuxième ou troisième génération de disciples, environ deux générations après la mort de Jésus, vraisemblablement dans une fourchette qui oscille entre l’an 65 et 110. Le premier évangile est celui attribué à Marc qui aurait été écrit vers l’an 70.

 

Cette première époque de rédaction a donné lieu aux quatre évangiles précités, écrits pour des communautés différentes (ce qui explique des différences et même parfois des divergences entre les évangiles sur certains points).

 

Aussi, les quatre Évangiles canoniques ont été écrits en grec. Il n’y a que l’Évangile de Matthieu qui est soupçonné d’avoir eu un original en araméen. Mais si Jésus parlait araméen, pourquoi les Évangiles ont-ils été écrit en grec ? Car l’écriture de ces Évangiles en grec, qui était la langue la plus courante, représentait l’ouverture de la révélation à toutes les nations : aux Juifs comme aux païens.

 

Pour ce qui est de la chaîne de transmission, nous pouvons affirmer qu’il n’y en a aucune qui relie l’Evangile actuel avec les personnes qui l’ont rédigé à l’époque. Ici, il serait intéressant d’ouvrir une parenthèse et tenter une comparaison entre la manière dont les évangiles et les hadiths du Prophète ont été compilés.

 

En Islam, le hadith fait autorité car le Prophète était inspiré par Allah : «et il ne prononce rien sous l’effet de la passion ; ce n’est rien d’autre qu’une révélation inspirée»[3].

 

Il est de ce fait la deuxième source de droit après le Coran. Il se trouve néanmoins que des gens malintentionnés ont forgé des faux hadiths en les attribuant au Prophète (Paix et salut sur lui). Ainsi, des milliers de faux hadiths ont été recensés. D’autres hadiths, bien qu’authentiques à l’origine, ont été déformés par certains narrateurs.

 

C’est la raison pour laquelle les savants de l’Islam se sont mobilisés et ont déployé des efforts gigantesques pour purifier les propos du Prophète et les débarrasser des faussetés et des additions qui s’y étaient greffées. Ils ont mis plusieurs siècles à faire ce travail de séparation entre le vrai hadith authentique et le faux hadith ou le hadith douteux et apocryphe. Travail qui n’a pas été effectué pour les évangiles.

 

Pour ce faire, une science appropriée a été mise en place avec des principes, des méthodes et des procédés extrêmement efficaces. Il s’agit de méthodes d’analyse, de vérification, de comparaison de textes des hadiths, des chaînes des narrateurs, du premier narrateur -qui est en principe un compagnon du Prophète- jusqu’au dernier.

L’histoire n’a jamais connu une entreprise aussi laborieuse et d’une aussi grande précision que celle des spécialistes des hadiths, appelés « mouhaddiths ». Il leur a fallu étudier pour chaque hadith les versions, les rapporteurs, les dates de transmission, le niveau d’instruction des rapporteurs, leurs maîtres, leurs disciples, leur conduite, leur âge. Tout a été consigné dans des ouvrages de biographie que les spécialistes ont appelés les livres de la critique et de l’éloge.

 

La moindre contradiction d’un rapporteur, l’oubli, le comportement indécent d’un rapporteur, le mot qu’il ajoute pour une raison ou pour une autre est un motif de disqualification du hadith et de son rapporteur.

 

Le hadith est rejeté ou considéré comme faible lorsqu’il est rapporté par une chaîne unique de narrateurs, ou lorsqu’il contredit un événement historique connu, ou s’il calomnie un des compagnons, ou s’il paraît absurde et illogique ou s’il contredit les enseignements de l’islam ou s’il rapporte un événement dont le déroulement n’aurait pas échappé à la connaissance de plusieurs, ou s’il porte sur une futilité incompatible avec le sérieux du Prophète ou si le style du hadith ne reflète pas l’éloquence du Prophète.

 

Ainsi, les savants du hadith ont établi des règles définissant les conditions d’acceptation du hadith. Ces normes ont constitué et demeurent les meilleurs outils que l’humanité n’ait jamais connus. Néanmoins, ce travail d’épuration et de tri n’a pas eu lieu chez les juifs et les chrétiens.

 

Pour ce qui est du Coran, il fut compilé une première fois du vivant du Prophète par ses ordres sur divers supports, puis compilé en un seul livre sous le califat de ‘Othmâne. Néanmoins, le travail entrepris pour la vérification des hadiths ne fut pas nécessaires étant donné que le Coran était mémorisé à la lettre prés par un si grand nombre de compagnons qu’il était impossible d’en altérer le contenu.

 

En revanche, il faut savoir qu’en ce qui concerne la Bible, la plus vieille copie de l’Evangile fut découverte au IIIe siècle après J.C. (225). L’Evangile que les chrétiens possèdent aujourd’hui a donc pour base les copies datant du IIe siècle. Well Durant dit dans son ouvrage «L’histoire de la civilisation» : «Les copies des Quatre Evangiles les plus anciennes que nous possédions datent du IIIe siècle après J.C. ; quant aux copies originales, il semble qu’elles ont été écrites entre 60 et 120 après J.C., puis ces dernières furent durant deux siècles l’objet d’erreurs lors des copiages et des transmissions, il est de surcroît fort possible qu’elles subirent des modifications délibérées dont le but était de contenter la secte à laquelle appartenait le copiste ou d’aider à l’accomplissement des desseins de cette dernière».

 

C’est sans aucun doute le premier évènement majeur qui est la cause des scissions et des dissensions que connaîtra le monde chrétien. Quelles étaient donc les raisons de ces altérations délibérées ? Quels buts ou doctrines avaient-elles pour dessein de défendre ? Pour obtenir un élément de réponse, il nous faut se pencher sur la doctrine chrétienne et son évolution, les changements qu’elle subit entre l’enseignement de Jésus et les déviations dont elle fut très vite l’objet. C’est là tout l’intérêt de cette approche, à savoir, comment le message de Jésus qui était d’appeler à l’adoration d’un Dieu Unique, Eternel, et Tout Puissant, est passé au dogme de déification de sa personne et de la trinité.

 

Début de l’apparition des dissensions

Même s’il est l'une des figures principales du christianisme tant par le rôle qu'il aurait joué dans son expansion initiale auprès des polythéistes de certaines régions de l'Empire romain que par son interprétation de l'enseignement de Jésus, Paul de Tarse ou saint Paul semble être le premier élément à l’origine du changement de la doctrine enseigné par Jésus. Personnage à la réputation très controversée, il quitte le judaïsme dont il est issu pour se convertir au christianisme quelques années après la mort du Christ, après une vision qu’il aurait eu de ce dernier. Avant sa conversion, il était un pharisien qui persécutait de manière violente ceux qui suivaient Jésus. Paul n'a jamais rencontré Jésus avant la prétendue crucifixion et ne faisait pas partie de ses disciples. Bien que Paul se présente par la suite comme un apôtre du Christ, il ne faisait pas partie de ceux qu'on appelle «les Douze».

 

Il est le premier à évoquer et à prôner la déification de Jésus. A l’exception de l’évangile de Jean, les trois autres évangiles n’insistent pas sur la déité de Jésus pendant que les épîtres de Paul en parlent avec excès. Nous y trouvons, en effet, des passages où Jésus apparaît tantôt comme un homme et d’autres où il est un Dieu. On y trouve par exemple à titre d’exemple : «Jésus-Christ possédait depuis toujours la condition divine, mais il n’a pas voulu demeurer l’égal de Dieu. Au contraire, il a renoncé de lui-même à tout ce qu’il avait et il a pris la condition de serviteur.» (Les Philippiens 2-6/7).

 

Certains chercheurs parlent du milieu où Paul a vécu et qui l’a conduit à proclamer la déification du Messie dans lequel il a acquis cette conviction. Il a vécu dans une société païenne de l’époque et croyaient en plusieurs dieux, en leur incarnation et en leur mort. C’est pour cette raison que Paul a voulu faire descendre Dieu sur terre pour le montrer aux Romains et afin qu’il soit près d’eux.

Le professeur Housnî El-Athîr, dans son excellent ouvrage «Croyances des Chrétiens monothéistes entre l’Islam et le Christianisme», pense que c’est l’empereur romain Tibère qui a poussé Paul, en l’an 37 après J-C, à propager cette idée. Al-Athîr a puisé cette information chez Eusèbe de Césarée.

 

Cependant, les Chrétiens ont toujours essayé, d’une part d’enraciner l’idée de la déification de Jésus comme provenant du maître lui-même et de ses élèves, et d’autre part de dégager l’innocence de Paul dans cette allégation. Ils fondent leur point de vue sur ce que Matthieu a enregistré. Ce dernier a écrit que Pierre a été le premier à avancer cette idée. Le Messie l’a entendu prononcer et n’a pas réagi et a rectifié : « Et vous, leur demanda Jésus, qui dites-vous que je suis. Simon Pierre répondit : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! » Jésus lui dit alors : « Tu es heureux Simon fils de Jean…. » (Matthieu 16-15/16). Néanmoins, Al-Athîr pense que ce qu’a consigné Matthieu a été modifié car les autres évangiles ont relaté la même scène d’une manière différente : « Pierre lui répondit : «Tu es le Messie» (Marc 8/29). Marc n’a pas cité la filiation et dans Luc nous lisons : «Pierre répondit : «Tu es le Messie de Dieu» (Luc 9/20).

 

Par ailleurs, certains spécialistes affirment que Paul est le concepteur de la Trinité dans le Christianisme sans produire des preuves émanant des paroles de l’homme lui-même. Cette imputation reste très discutable puisque ses lettres ne renferment aucune allusion à la déité de l’Esprit Saint, ni aux trois membres de la Trinité, à l’exception d’une seule fois : «Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint Esprit soient avec vous tous» (Les Corinthiens II -13/13). Il n’y a dans ce passage rien qui exprime clairement la déification de l’Esprit Saint, ni que les trois qui ont été cités forment Un.

 

En réalité, Paul n’a aucun rapport avec la Trinité, celle-ci est apparue bien plus tard. Tertullien, fut le premier à l’avoir prononcée. Toutefois, il est fait mention dans les épitres annexées aux Evangiles qu’en réalité  Paul a fait naître de très graves pratiques. Les sources chrétiennes agréées témoignent de ces faits. Il aurait autorisé de boire le vin, de manger le porc dont la chaire est impure. Il aurait également interdit la circoncision, et se serait donné à appeler, dans les congrégations chrétiennes, à une croyance contraire à l'Unicité enseigné par Jésus.

 

Naissance de la trinité

Le christianisme prétend être une religion monothéiste. Pourtant, la croyance fondamentale du monothéisme veut que Dieu soit Un. La doctrine chrétienne de la trinité est donc perçue, par l’Islam, comme du polythéisme. Les chrétiens n’adorent pas un Dieu unique, ils en adorent trois. Même si certains diront que le concept de trinité n’est autre que l’unité de trois entité en une, n’empêche que n’importe quel individu ne voit en apparence que cela implique forcément de vouer un culte à trois entités bien distinctes. Les Chrétiens diront qu’en réalité tout ceci reste le mystère auquel il faut croire, étant donné qu’il n’est pas possible de comprendre l’essence de Dieu. Comment cet Etre Suprême, Parfait et Sage révèlerait-Il une religion dont la principale doctrine aurait pour dessein de rester mystérieuse ? N’a-t-Il pas crée l’homme pour qu’il L’adore et Le connaisse à travers Sa révélation ?

 

Toutefois, en ce qui concerne l’origine de cette doctrine, le premier homme à l’avoir évoquée est bel et bien Tertullien, né entre 150 et 160 à Carthage (actuelle Tunisie) et décédé vers 220. En effet, il est le premier auteur latin à utiliser le terme de Trinité, et à développer une théologie précise de celle-ci, comme l’admettent les érudits catholiques. Adversaire du paganisme et moraliste intransigeant, il est considéré comme le premier auteur chrétien à énoncer la foi en latin. En effet, jusqu'à Tertullien, le christianisme s'est pensé et formulé en grec car il s'est d'abord développé dans la partie orientale de l'Empire, celle de la Diaspora hellénistique, où l'on parlait le grec.

 

Mais si cet enseignement fondamental concernant la nature de Dieu était exact, pourquoi ne fut-il pas révélé 150 ans plus tôt ? Pour quelle raison cette doctrine ne fut-elle pas enseignée et expliquée par les premiers disciples du Christ ?

 

En effet, la philosophie grec fut le principal vecteur d’influence ayant altéré la doctrine chrétienne. Au cours des IIème et IIIème siècles, il n’y avait pas seulement une seule hérésie en cours, mais plusieurs qui se contredisaient. Il semblerait qu’à cette époque, il y eut presque autant d’idées différentes qu’il y avait d’écoles de philosophie et de professeurs. La pensée catholique prédominante, de laquelle l’enseignement orthodoxe et protestant relatif à ce sujet a jailli, n’est que l’héritière de l’hérésie qui a triomphé en supplantant toutes les autres.

 

Ainsi, l’arrière-plan de l’orthodoxie relative à la Trinité, qui a vu le jour au troisième siècle, ne vient pas du texte biblique, mais des écrits des philosophes grecs. A ce propos, The Roman Catholic New Theological Dictionary, en se référant à l’enseignement biblique traitant de la nature du Saint-Esprit, au chapitre «Trinité», admet ceci : «En tant que tel, l’Esprit n’a jamais fait l’objet d’un culte explicite dans le Nouveau Testament, et n’a jamais été non plus décrit dans les discours du Nouveau Testament, comme une entité entretenant des relations réciproques et personnelles avec le Père et le Fils».

 

C’est donc à partir de cette période qu’une réflexion proprement théologique au sujet du Christ s’est développée, notamment en relation avec la nature de Jésus, un homme né d’une femme et considéré comme fils de Dieu. Cette réflexion s’est encore affinée et a rapidement donné lieu à des polémiques entre les chrétiens unitariens et les adeptes de cette nouvelle conception dont les fondateurs sont Paul puis Tertullien. Il apparait ainsi qu’en toute objectivité si l’on en croit la définition, ceux qu’il faudrait qualifier de véritables hérétiques se sont les protagonistes de cette doctrine qui n’existait pas au temps de Jésus et ses disciples. Au lieu de cela, l’Eglise va juger tous les mouvements opposant à la nouvelle doctrine qui appelle à croire en la déité de Jésus et au principe de trinité comme hérétique, et ce, jusqu’à nos jours !!!

 

Ces remous donneront naissance à ce qu’appellent les chercheurs l’arianisme, due à Arius (256-336), théologien alexandrin d'origine berbère de langue grecque de l'École théologique d'Antioche, dont le point central concerne la nature de la trinité chrétienne et des positions respectives des concepts de «Dieu le père» et «son fils Jésus». La pensée de l'arianisme affirme que si Dieu est divin, son Fils, lui, est d'abord humain, mais un humain disposant d'une part de divinité. Arius fut l’un des premiers antagonistes à s’opposer ouvertement à la doctrine trinitaire et lorsque la controverse éclate, en 318, entre lui et Alexandre l’évêque qui professe que «Le Fils est une incarnation du Dieu d'Israël», l’empereur Constantin descendit dans l’arène.

 

Bien que le dogme chrétien releva pour lui du plus total mystère, il comprenait néanmoins qu’une église unie était essentielle à un royaume fort.  Devant l’échec des négociations pour régler la dispute, Constantin ordonna le premier concile œcuménique de l’histoire de l’Église afin de régler la question une fois pour toute.

 

Six semaines plus tard, les 300 évêques qui s’étaient rassemblés à Nicée, en 325, se mirent d’accord sur la doctrine de la trinité après de longues négociations. Le Dieu des chrétiens était désormais constitué de trois natures différentes, sous la forme du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

 

C’est également lors de ce Concile que furent sélectionnés parmi 70 évangiles les quatre Evangiles sur lesquels les chrétiens du monde entier s’appuient aujourd’hui pour pratiquer leur foi. Cette sélection ne fut pas faite selon une méthode scientifique, les textes furent écartés ou choisis de manière peu claire et arbitraire. Il semblerait en fait que le principal critère de sélection des participants du Concile se résumait à la question suivante : est-ce que les textes s’opposaient ou non au credo adopté par eux selon lequel Jésus était divin et le fils de Dieu. Ainsi, ils écartèrent tous les évangiles qui comportaient des paroles contredisant la croyance adoptée par l’Eglise et les jugèrent apocryphes, à l’instar de l’évangile de Barnabé qui fait jusqu’à nos jours l’objet d’une énorme controverse, étant donné qu’il contient l’annonce du Prophète Mohammed et cite son nom. On y trouve par exemple : «Le pontife dit alors : «Comment s'appellera le Messie ? Et quel signe prouvera sa venue ?». Jésus répondit : «Le nom du Messie est Admirable, car Dieu lui-même le lui donna quand il eut créé son âme et qu'il l'eut placé dans une splendeur céleste. Il dit : «Attends, Muhammad par amour pour toi je veux créer le paradis, le monde et une grande multitude de créatures dont je te fais présent. Aussi celui qui te bénira sera béni et celui qui te maudira sera maudit ! Quand je t'enverrai dans le monde, je t'enverrai comme mon messager de salut. Ta parole sera si vraie que le ciel et la terre passeront mais que ta foi ne manquera jamais !» Muhammad est son nom béni». Alors les gens élevèrent la voix et dirent : "O Dieu, envoie-nous ton messager ! O Muhammad, viens vite pour le salut du monde !"» Chapitre 97.

 

«Les disciples répondirent : «Maître, qui sera cet homme dont tu parles et qui viendra dans le monde ?» Jésus répondit dans la joie de son cœur : «C'est Muhammad, messager de Dieu! Sa venue dans le monde porteuse d'abondante miséricorde, comme la pluie qui fait fructifier la terre quand il n'a pas plu depuis longtemps, sera cause de bonnes actions parmi les hommes. Car il est une nuée blanche, remplie de la miséricorde de Dieu, que Dieu répandra sur les fidèles comme la pluie» Chapitre 163.

 

Ensuite vint Théodose qui rassembla le concile de Constantinople en 381 apr. JC dans lequel ceux qui y assistèrent décidèrent de diviniser le Saint Esprit -que le Salut soit sur Lui-. Elle fut une conviction chrétienne officielle en 381 pendant le concile de Constantinople

 

L’Église fait acte d’autorité

La question était toutefois loin d’être réglée, en dépit des espoirs nourris par Constantin à cet égard. Arius et le nouvel évêque d’Alexandrie, un homme nommé Athanase, se mirent à se disputer à ce sujet alors même qu’on signait le Symbole de Nicée. Le terme «arianisme» devint, dès ce moment, le terme de référence pour quiconque n’adhérait pas à la doctrine de la trinité.

 

Ce n’est pas avant l’an 451, au Concile de Chalcédoine, qu’avec l’approbation du Pape, le Symbole de Nicée fut officialisé. Les débats sur le sujet ne furent plus tolérés.  Désormais, parler contre la trinité était un acte de blasphème, qui se méritait un châtiment exemplaire pouvant aller de la torture jusqu’à la mort. Des chrétiens se retournaient maintenant contre d’autres chrétiens, torturant et tuant des milliers de personnes pour une différence d’opinion. C’était le début de la longue période d’inquisition que le monde chrétien connut pendant des siècles.

 

Le débat se poursuit malgré tout

La menace de sévères châtiments et même de peine de mort ne suffirent pas à faire totalement cesser la controverse au sujet de la trinité et cette controverse est d’ailleurs toujours d’actualité.

 

Lorsqu’on leur demande d’expliquer cette doctrine, la majorité des chrétiens se contentent de répondre : «J’y crois parce que c’est ce qu’on m’a enseigné». Ils font aussi souvent référence à un «grand mystère», bien que la Bible affirme : «…Car Dieu n'est point pour la confusion, mais pour la paix.» Corinthiens 14:33

 

Néanmoins, au fil du temps, l’Église chrétienne dite «unitarienne» a repris les enseignements d’Arius sur l’unicité de Dieu et s’affiche clairement contre le concept de trinité.  À cause de cette prise de position, elle est détestée des autres chrétiens et le Conseil œcuménique des Églises a refusé de l’accepter comme membre. Les unitariens, pour leur part, ne perdent pas espoir de voir un jour les chrétiens revenir aux enseignements de Jésus : «Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et c'est à lui seul que tu rendras un culte.» (Luc 4:8)

 

Voilà pour ce qui est de la chronologie de l’histoire de l’évolution de la doctrine chrétienne. Néanmoins, il est des groupes de chrétiens dont il est peu question lors de l’étude de cette question, il s’agit des groupes de chrétiens que l’on qualifie de monothéistes, dans le sens où ces derniers rejettent non seulement la trinité mais aussi l’idée que Jésus ait un quelconque caractère divin. A leurs yeux ce n’est qu’un Prophète envoyé aux peuple d’Israël pour leur rappeler les enseignements de la Torah et leur apporté le livre qui lui a été révélé, l’Evangile.

 

Cette minorité chrétienne a porté le nom de Nazôréens ou Nazaréens. C’est un groupe religieux juif-messianiste mal connu, attesté de manière indirecte à partir de la seconde moitié du 1er siècle. Ce groupe a la particularité de reconnaître en Jésus le messie tout en continuant à pratiquer les préceptes de la loi juive. Pour une branche de la recherche, les Nazôréens reconnaissent la messianité de Jésus, qu'ils qualifient de «serviteur de Dieu», mais pas sa divinité. Le groupe désigné sous ce terme constitue probablement la première communauté connue de disciples de «Jésus le Nazôréen» (aussi appelé dans les évangiles «Jésus le Nazarénien»), celle de Jérusalem dont ils sont les représentants les plus importants, au moins jusqu'à la destruction du Temple en 70. Leurs dirigeants les plus notables sont très célèbres puisqu'ils appartiennent au «groupe des douze», que l'Église de Rome appellera par la suite : les douze apôtres.

 

D’un point de vue étymologique, le terme «nazôréens» est le terme couramment utilisé dans les écrits juifs antiques en hébreu (notzrim), en araméen (nasara) —comme dans les évangiles— pour désigner tous les chrétiens ou tous les groupes chrétiens, au moins jusqu'au 3e siècle. Il en est de même dans le Coran où l’on a le terme (nassârah). Il est particulièrement étonnant de voir les hérésiologues classer cette mouvance «orthodoxe» parmi les sectes chrétiennes, alors que ces derniers ne font que s’attacher aux enseignements originels dispensés par Jésus, confirmant le message transmis par l’ensemble de tous les prophètes qui consiste à inviter les hommes à n’adorer qu’un Dieu Unique, le Seigneur et Créateur.

 

C’est en ce sens que la croyance de ce groupe, s’il en subsiste encore de nos jours, rejoins littéralement la croyance du musulman à l’égard de Jésus et du message qu’il lui a été révélé. En effet, le Prophète Mohammed, que les éloges et le salut soient sur lui, a dit : «De tous les gens, je suis le plus proche de ‘Issâ Ibn Mariam (Jésus fils de Marie) autant ici-bas qu'à l'au-delà. Et les Prophètes sont des frères provenant d'un seul père et de mères différentes, mais leur religion est une». 

 

Ainsi, tous les prophètes étaient tous sur la base d'une seule et même religion, d'une croyance unique, bien que les législations propres à chacun d’entre eux divergeaient, comme Allah dit dans le Coran : «A chacun de vous Nous avons assigné une législation et une Voie à suivre». [4]

 

De même, ce fut le prêche de Jésus ; ils étaient, lui et sa mère, un des signes de Dieu. Car en réalité, Jésus n’est autre que le dernier des Prophètes envoyés aux enfants d'Israël. Dieu lui fit grâce par l'attribution de miracles éclatants. Durant sa présence parmi son peuple, il suivit la même ligne que les Messagers qui le précédèrent.

 

Notre Seigneur, tout Puissant, lui révéla l'Evangile, un Livre céleste qui contenait un Appel, franc, pur, et direct, à la croyance authentique, à savoir de prendre Dieu, Seul et Unique, pour Adoré ; Lui être dévoué dans tout acte d'adoration. Ce Livre (l'Evangile) comportait aussi des textes qui interdisaient de donner des associés à Dieu. Ainsi, la mission de Jésus était un prolongement de celles des Messagers qui vinrent avant lui. Parmi les multiples textes qui prouvent que l'Evangile fut un Livre qui prônait l'Unicité de Dieu, nous pouvons citer : «Un des scribes, qui les avait entendus discuter, sachant que Jésus avait bien répondu aux sadducéens, s'approcha, et lui demanda : Quel est le premier de tous les commandements ? Jésus répondit : Voici le premier : Ecoute Israël, le Seigneur, notre Dieu, est l'unique Seigneur » Marc 12:28-29.

 

«Tu te prosterneras au Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul.» Matthieu 4:10; Luc 4:8.

 

Par ces dires, Jésus démontre bien qu'il n'est que le serviteur de Dieu qui lui a ordonné de transmettre la Vérité, et de mettre en garde toute œuvre vouée à un autre que son Seigneur. Ainsi, chaque Prophète confirme la religion (l'Unicité) des Messagers qui l'ont précédé, jusqu'à ce que le tour de Jésus soit venu, succédant à Moïse. Il a confirmé aux enfants d'Israël qu'il était le Messager de Dieu qu'Il a fait parvenir, afin d'éclairer la vérité révélée avant lui dans la Thora, et pour leur annoncer la venue d'un autre Messager qui viendra après lui dont le nom sera Ahmed. Le Coran affirme cela en ces termes : «Je suis vraiment le Messager d'Allah [envoyé] à vous, confirmateur de ce qui, dans la Thora, est antérieur à moi, et annonciateur d'un Messager à venir après moi, dont le nom sera «Ahmed»»[5].

 

En réalité la Bible regorge malgré les altérations qu’elle a subies des textes prônant clairement l’ordre de ne vouer de culte qu’à Dieu Seul.

 

L'Unicité dans la Thora

«Je suis l'Éternel, ton Dieu, qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte, de la maison de servitude. Tu n'auras pas d'autres dieux devant ma face.» L’exode20 :2-3

 

«Tu as été rendu témoin de ces choses, afin que tu reconnaisses que l'Eternel est Dieu, qu'il n'y en a point d'autre.» Deutéronome 4:35

 

« Je suis le premier et je suis le dernier, et hors Moi il n'y a point de Dieu.» Esaïe 44 :6

 

L'Unicité dans l'Evangile

Quiconque étudie les quatre Evangiles verra qu'ils attestent que le Messie -que le salut soit sur lui- n'était ni un Dieu ni un Seigneur. Il n'était qu'un Messager et un des Prophètes envoyés aux fils d'Israël. Dieu lui a accordé la mission de les inciter au repentir et de les guider vers le chemin du salut. Parmi ses propos -que le salut soit sur lui- qui montrent ceci :  «Un des scribes, qui les avait entendus discuter, sachant que Jésus avait bien répondu aux sadducéens, s'approcha, et lui demanda : Quel est le premier de tous les commandements? Jésus répondit : Voici le premier : Ecoute, Israël, le Seigneur, notre Dieu, est l'unique Seigneur» Marc 12:28-29

 

«Tu te prosterneras au Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul.» Matthieu 4:10; Luc 4:8.

 

«Toi, le seul vrai Dieu.» Jean 17:4.

 

«Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ» Jean 17:3.

 

«Celui qui m'a envoyé est avec moi» Jean 8:29

 

Ainsi, on voit bien qu’il n'a jamais invité les hommes à l'adorer ni à se prosterner devant lui. Il leur a plutôt ordonné de vouer un culte exclusif à Dieu -Pureté à Lui-, car c'est bien Lui le Seigneur des mondes, l'Adoré des premiers et des derniers. Ses recommandations ainsi que ses propos contenus dans les Evangiles explicitent bien cela. Le Coran dit à ce propos : « (Rappelle-leur) le moment où Allah dira: «Ô Jésus, fils de Marie, est-ce toi qui as dit aux gens: «Prenez-moi, ainsi que ma mère, pour deux divinités en dehors d’Allah?» Il dira: «Gloire et pureté à Toi! Il ne m’appartient pas de déclarer ce que je n’ai pas le droit de dire! Si je l’avais dit, Tu l’aurais su, certes. Tu sais ce qu’il y a en moi, et je ne sais pas ce qu’il y a en Toi. Tu es, en vérité, le grand connaisseur de tout ce qui est inconnu. 117. Je ne leur ai dit que ce que Tu m’avais commandé, (à savoir): «Adorez Allah, mon Seigneur et votre Seigneur». Et je fus témoin contre eux aussi longtemps que je fus parmi eux. Puis quand Tu m’as rappelé, c’est Toi qui fus leur observateur attentif. Et Tu es témoin de toute chose. 118. Si Tu les châties, ils sont Tes serviteurs. Et si Tu leur pardonnes, c’est Toi le Puissant, le Sage»[6].

 

« Alors que le Messie a dit : "Ô enfants d'Israël, adorez Allah, mon Seigneur et votre Seigneur". Quiconque associe à Allah (d'autres divinités) Allah lui interdit le Paradis ; et son refuge sera le Feu. Et pour les injustes, pas de secoureurs !»[7].

 

Nous invitons donc tous les musulmans et tous les lecteurs en quête de vérité à méditer et analyser l’histoire de cette religion de plus près afin d’acquérir un avis objectif sur la réelle nature de Jésus et la réalité de la doctrine trinitaire.

 

 


[1] Sourate 5 La table servie, versets 110 et 111

[2] Sourate 5 La table servie, verset 46

[3] sourate 53 L’étoile, verset 3-4

[4] Sourate 5 La table servie, verset 48

[5] Sourate 60 Le rang, verset 6

[6] Sourate 5 La table servie, verset 116

[7] Sourate 5 La table servie, verset 72

 

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