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La foi en Islam

Le message de l'Islam

 

Définir et comprendre le concept de la foi en Islam est un sujet qui mérite une grande attention pour le musulman. En effet, la foi fait partie des questions d’ordre dogmatique qui ont fait l’objet de divergences au sein des musulmans dans les tout débuts de l’histoire de l’Islam. Certains, avancent même qu’il s’agirait du premier point de divergence que la communauté musulmane aurait connu. C’est pour cette raison que ce point est abordé par tous les livres ayant trait à la clarification de la croyance, écrits par les savants anciens et contemporains. Ils inscrivent cette question au chapitre qu’ils ont appelé « Les qualificatifs et les statuts ». On entend par là, la qualification des individus ici-bas, à savoir à partir de quand les nomme-t-on croyant, mécréant ou dont la foi est faible, etc., et quel sera leur jugement dans la vie future, feront-t-il partie des gens du Paradis ou de l’Enfer, ou encore de ceux qui y entreront pour un temps ?

 

C’est en ce sens, que l’imam Ibn Radjab dit pour affirmer l’importance de cette question : «Cette question est d’importance capitale, car c’est de cette dernière que dépend le sort de l’individu, son bonheur, son malheur, s’il mérite le Paradis ou l’Enfer. De plus, c’est la première divergence qui est apparue dans la communauté, ce sont les Kharijites qui en sont à l’origine, lorsqu’ils s’opposèrent aux compagnons en considérant l’auteur d’un grand péché parmi les monothéistes comme mécréant ayant été exclu de la sphère de l’Islam. Ainsi, ils adoptaient envers lui le comportement réservé aux mécréants, ils rendaient le sang et les biens des musulmans licites. Par la suite, est apparue la divergence des Mou’tazilites et leur croyance, selon laquelle l’auteur de grands péchés serait dans un état intermédiaire entre la mécréance et la foi. Ce fut ensuite au tour des Mourdjites pour qui le pervers serait croyant dont la foi est complète. C’est pour cette raison que depuis très longtemps les savants ont traité ces questions dans divers ouvrages, parmi lesquels l’imam Ahmed, Abou ‘Oubeyd Al Qâssim Ibn Sallâm, Abou Bakr Ibn Abi Chaybah, etc., et les ouvrages à ce sujet sont indénombrables ».

 

Définition

Linguistiquement, la foi est le fait de croire en la véracité d’une chose. C’est de cette définition qu’il est question dans le Coran lorsque le terme Îmân est suivi de la préposition « lam » comme dans la parole d’Allah : «Ils dirent: «Ô notre père, nous sommes allés faire une course, et nous avons laissé Joseph auprès de nos effets; et le loup l’a dévoré. Tu ne nous croiras pas, même si nous disons la vérité»[1].

 

La foi se définit selon deux points de vue distincts. Lorsque l’on évoque la foi, il peut s’agir selon le premier point de vue de la croyance et ses bases. Dans ce cas, elle est synonyme du dogme islamique qui repose sur six piliers, comme l’indique le célèbre hadith de Djibril dans lequel le Prophète, que les éloges et le salut soient sur lui, répond aux questions que lui pose Djibril parmi lesquelles figure : « « Informe-moi sur la Foi ». Le Prophète répliqua : « La foi consiste à croire en Allah, en Ses Anges, en Ses Livres, en Ses Prophètes, au Jugement Dernier, et que tu crois également au destin qu’il te soit favorable ou défavorable. » Il s’agit donc ici des bases de la croyance en Islam. Le Coran fait également mention de cette définition lorsqu’Allah dit : «La bonté pieuse ne consiste pas à tourner vos visages vers le Levant ou le Couchant. Mais la bonté pieuse est de croire en Allah, au Jour dernier, aux Anges, au Livre et aux prophètes»[2], et Il dit au sujet du destin : «Nous avons créé toute chose avec mesure»[3].

 

D’un autre point de vue, la foi se définit par les actes, leurs différentes catégories et genres. Elle est constituée d’un peu plus de soixante-dix éléments, comme l’indique la parole du Prophète, que les éloges et le salut soient sur lui : « La foi comporte un peu plus de soixante-dix branches dont la plus élevée est le fait de dire : il n’y a de divinité en droit d’être adoré si ce n’est Allah, la plus basse est d’ôter de la route un objet gênant et la pudeur est une des branches de la foi »[4]. C’est en ce sens que l’on peut concilier ces deux conceptions de la foi en disant que la foi quand elle désigne la croyance, est composée de six piliers, et quand il est question des actes, elle comporte plus de soixante-dix branches. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Allah a nommé la prière « foi » dans Sa parole : «Et Allah ne veut pas vous faire perdre [la récompense de] vos prières (litt. Votre foi)»[5]. Les exégètes ont dit que le terme « foi » désignait la prière en direction de Jérusalem vers laquelle les Compagnons priaient, jusqu’à ce qu’il leur soit ordonné de se tourner vers la Ka’bah à la Mecque.

 

Par ailleurs, c’est de ce deuxième point de vue qu’il est question dans la définition donnée par les gens de science, à savoir, la foi se compose de la croyance du cœur, de la prononciation de la langue et la mise en pratique par les membres, elle augmente par l’obéissance à Allah et diminue par Sa désobéissance. Ainsi, pour les gens de la Sounnah, la foi se compose de ces trois éléments qui sont indissociables et reste sujette à la variation en fonction de la pratique de chacun.

 

Partant de là, les deux principaux points qui font l’objet de la divergence qui fut instaurée entre les gens de la Sounnah et les groupes déviants concernent l’intégration des actes à la foi et sa variation. A titre d’exemple, pour les Kharijites, le musulman dont la pratique religieuse est incomplète en raison de son manquement aux devoirs cultuels ou à son endossement de péchés, est considéré comme apostat. Car pour eux, la foi ne varie pas et ne se subdivise pas, l’entacher revient à la perdre.

 

L’illustre savant Cheykh Sâlih Al Fawzan expose le sujet avec clarté dans son commentaire du célèbre poème d’Ibn Abi Dâoud intitulé «Al Hâ’iyyah» lorsque l’auteur évoque ce point de la croyance dont voici un essai de traduction.

N’excommunie pas les prieurs même s’ils pèchent

Tous sont sujets au péché, et le Détenteur du Trône pardonne

N’adopte pas l’avis de Kharijites car

C’est une parole destructrice pour quiconque y adhère avec passion

Ne sois pas Mourdjite joueur avec sa religion

N’est-ce pas que le Mourdjite prend la religion avec enjouement

Dis : la foi est une parole, une intention

Une action, comme le clarifient les dires du Prophète

Elle diminue parfois par les désobéissances et parfois

Elle augmente grâce à l’obéissance qui pèsera sur la balance

 

Commentaire

Il est question ici de la question de l’excommunication de ceux qui endossent de grands péchés en dehors du polythéisme à propos de laquelle il y a eu une longue divergence entre les Kharijites, les Mou’tazilites et les Mourdjites d’une part, et les gens de la Sounnah et du groupe d’autre part.

 

Les Kharijites rendent mécréants toute personne auteur d’un grand péché en dehors du polythéisme, et affirme qu’il s’éternisera en Enfer. Ils rendent licite son sang et ses biens partant du principe qu’il est mécréant. Ils s’appuient sur les versets qui mentionnent la menace qui pèse sur les auteurs de péchés et les interprètent de manière à les rendre mécréants.

 

Les Mou’tazilites disent quant à eux qu’un tel individu n’est ni mécréant, ni croyant, il se trouverait dans position intermédiaire.

 

Les Mourdjites adoptent une position diamétralement opposée. Pour eux, les péchés n’affectent en rien la foi et ne la diminue pas. Selon leur croyance, l’auteur des grands péchés est un croyant dont la foi est complète. Ils disent : le péché n’est d’aucune nuisance en présence de la foi, au même titre que l’obéissance n’est d’aucune utilité en présence de la mécréance. Telle  est leur croyance exposée de manière succincte. Ils ont adopté cette croyance du fait qu’ils considèrent que les actes n’entrent pas dans la foi. Par conséquent, quiconque délaisse une obligation ou commet un interdit, ou endosse un péché, grand ou petit soit-il en dehors du polythéisme, détient une foi complète, et celle-ci ne diminuée pas par l’endossement d’un péché et ne croît pas par les œuvre d’obéissance. Car selon leur croyance, la foi est un élément fixe dans le cœur qui n’est pas sujet à la variation. Ils s’opposent donc radicalement à la croyance des Kharijites. Ils s’appuient quant à eux sur les versets qui font mention de la promesse de la récompense et l’espérance, et ont fait abstraction des versets où il est question de la menace du châtiment.

 

Quant aux gens de la Sounnah et du groupe, ils se tiennent sur la vérité et le juste milieu. Ils ne considèrent pas l’auteur de grands péchés mécréant, et ne lui reconnaissent pas non plus une foi complète. Ils disent plutôt qu’il est croyant dont la foi est incomplète ou encore qu’il est croyant de par sa foi, et à la fois pervers pour les péchés qu’il commet. Pour eux, il est sous la volonté d’Allah, dans le sens où s’Il veut Il lui pardonnera, et s’Il veut Il le châtiera comme l’indique Sa parole : «Certes Allah ne pardonne pas qu’on Lui donne quelqu’associé. A part cela, Il pardonne à qui Il veut. Mais quiconque donne à Allah quelqu’associé commet un énorme péché»[6]. Toutefois, s’Il le châtie il ne s’éternisera pas en Enfer comme l’affirme les Kharijites et les Mou’tazilites. C’est de cette manière que les gens de la Sounnah concilient [les textes]. Ils concilient entre les versets relatifs à la promesse d’Allah, et les versets qui font mention de Sa menace. Ils ne disent pas comme les Mourdjites que les péchés n’affectent pas la foi, ni comme les Kharijites qui disent que ces derniers entraînent la mécréance.

 

Ils concilient les textes et affirment que les péchés nuisent et diminuent la foi, cependant ils ne font pas sortir l’individu de la religion. Telle est la position des gens de la Sounnah concernant le statut de l’auteur de grands péchés.

 

C’est en ce sens que l’auteur dit : « N’excommunie pas les prieurs », c'est-à-dire les gens de la Qiblah parmi les croyants et les musulmans.

 

Sa parole : « même s’il pèchent », signifie : tant que leur péché n’atteint pas le polythéisme.

 

Sa parole : « Tous sont sujet au péché » signifie que nul n’est épargné des péchés comme l’indique la parole du Prophète, que les éloges et le salut soient sur lui : «Tous les fils d’Adam sont pécheurs, et les meilleurs d’entre eux sont ceux qui se repentent»[7]. Sa parole : « et le Détenteur du Trône pardonne» comme l’indique Sa parole : «A part cela (le polythéisme), Il pardonne à qui Il veut» et le hadith Qoudsi : «Ô fils d’Adam ! Si tu viens à Moi avec la contenance de la terre comme péchés et que tu Me rencontres sans M’associer à personne, Je t’apporterai sa contenance comme absolution»[8].

 

Ainsi, dès lors que l’auteur de ces péchés fait partie des monothéistes, bien qu’il endosse des péchés il pourra malgré tout espérer la miséricorde d’Allah tant qu’il n’aura pas commis de polythéisme. Allah dit à ce sujet : «Dis: «Ô Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah. Car Allah pardonne tous les péchés. Oui, c’est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux»[9]. Il se peut qu’Il leur pardonne, il se peut également qu’Il les châtie sans pour autant qu’ils ne s’éternisent en Enfer. Telle est la position du juste milieu concernant les auteurs de grands péchés.

 

Sa parole : «N’adopte pas l’avis des Kharijites». Cette secte déviante porte son nom en raison de leur insurrection à l’encontre des détenteurs du pouvoir, son nom vient du terme kharaja en arabe qui signifie sortir. Le premier contre qui ils sont sortit fut ‘Ali Ibn Abi Tâlib, qu’Allah l’agrée, durant la période de son califat. Ils lui dirent : « Pourquoi prends-tu des hommes comme juges alors qu’Allah dit : «Le pouvoir n’appartient qu’à Allah»[10]. Ainsi, lorsqu’Ibn ‘Abbâs débattu avec eux pour les raisonner, ils se servirent de cet argument et dirent : « Il  a pris des hommes pour juge ». Il leur répondit : « Allah n’a-t-Il pas désigné des hommes comme juges concernant la chasse en état de sacralité, comme dans Sa parole : «d’après le jugement de deux personnes intègres parmi vous, et cela en offrande qu’il fera parvenir à (destination des pauvres de) la Ka’bah»[11] ; n’est-ce pas également le cas concernant les disputes conjugales où Allah dit : «Si vous craignez le désaccord entre les deux [époux], envoyez alors un arbitre de sa famille à lui, et un arbitre de sa famille à elle. Si les deux veulent la réconciliation, Allah rétablira l’entente entre eux»[12] ?!  Allah a désigné des hommes comme juges, c’est en sens que ‘Ali a agit !

 

Sa parole : «pour quiconque y adhère avec passion», c’est à dire l’aime et la suit.

Sa parole : «c’est une parole destructrice» en raison du danger que cette doctrine représente, à savoir l’excommunication de la foi, la profanation du sang et des biens et l’insurrection contre les détenteurs du pouvoir.

 

Par ailleurs, la croyance des Kharijites comprend maintes branches extrêmement graves, n’adhère donc pas à cette croyance et ne tend pas vers elle, considère-la comme déviante et fausse ! Tel est la menace qui pèse sur celui qui adopte leur avis, même s’il ne commet pas leurs actes, que dire de ceux qui adhèrent à leur croyance et la mettent en pratique ?!

 

Sa parole : «Ne sois pas Mourdjite joueur avec sa religion, n’est-ce pas que le Mourdjite prend la religion avec enjouement. Dis : la foi est une parole, une intention une action, comme le clarifient les dires du Prophète, elle diminue parfois par les désobéissances et parfois, elle augmente grâce à l’obéissance qui pèseront sur la balance.»

 

La secte Mourjite est la secte dont la croyance est l’exact opposé de celle des Kharidjites. Leur nom est tiré du terme irjâh qui signifie l’action de retarder ou de reporter une chose, car ils ont exclu les actes de la foi en disant que ces derniers ne faisaient pas partie intègre de la foi. A leurs yeux, dès lors que l’individu croit avec son cœur sans mettre aucune œuvre en pratique, ni prière, ni zakât, ni observation des prescriptions divines ou abstraction des interdits, il demeure en dépit de tout un croyant dont la foi est parfaite. Il s’agit là d’une croyance totalement fausse qui incite à faire abstraction de toutes les œuvres pratiques.

 

Sa parole : «Ne sois pas Mourdjite joueur avec sa religion». En effet, adopter la doctrine Mourjite revient à prendre la religion comme un amusement, car selon eux l’individu demeure véritable croyant même s’il ne pratique aucune œuvre, délaisse la prière, le jeûne, la zakât, le pèlerinage, ne fais rien toute sa vie et s’adonne aux interdits ! Cette croyance n’a en réalité aucun fondement. C’est pourquoi, les pervers auteurs de péchés se réjouissent de cette doctrine et la soutiennent, étant donné qu’elle va dans leur sens. Ainsi, ils peuvent faire tout ce qu’ils veulent et garder leur foi. Les gens de la passion et des désirs, les désobéissants se réjouissent de cette croyance basé sur le manque de considération pour la religion et qui tend à s’en détacher complètement.

 

Sa parole : «N’est-ce pas que le Mourdjite prend la religion avec enjouement» signifie que les Mourjites prennent la religion en dérision dans le sens où ils annulent toutes les prescriptions et les interdits religieux. Selon leur doctrine, observer les devoirs cultuels et éviter les interdits n’est pas nécessaire, ce qui revient à jouer avec la religion d’Allah.

 

Sa parole : «Dis : la foi est une parole, une intention, une action…». Voilà le troisième avis. Délaisse donc la position des Kharijites et des Mourjites, et adhère à l’avis des gens de la Sounnah et du groupe qui consiste à croire que : la foi est parole de la langue, une croyance du cœur, une action des membres, elle augmente par l’obéissance et diminue par la désobéissance. Telle est la véritable définition de la foi tiré des preuves issues du Coran et de la Sounnah, non pas des passions et des idéologies.

 

La foi se compose donc de ces quatre éléments :

1 – la parole de la langue

2 – la croyance du cœur

3 – l’action des membres

4 – l’augmentation par l’obéissance et la diminution par la désobéissance

 

La foi n’est pas uniquement la croyance du cœur comme le disent les Ach’arites, ou la croyance du cœur accompagné de la parole de la langue comme le disent les Hanafites, ou encore la parole de la langue uniquement, comme c’est la croyance de la secte Al Karrâmiyyah, ou pire encore la croyance du cœur seulement comme c’est le cas des Djahmites. Selon cette dernière définition, Pharaon serait croyant car il reconnaissait avec son cœur le message de Moïse. Allah dit : «Il dit: «Tu sais fort bien que ces choses [les miracles], seul le Seigneur des cieux et de la terre les a fait descendre comme autant de preuves illuminantes; et certes, Ô Pharaon, je te crois perdu»[13]. Pharaon reconnaissait la vérité avec son cœur, mais il la renia avec sa langue par fierté et désir de conserver son royaume, et par orgueil envers ce avec quoi avait été envoyé Moïse, que la paix soit sur lui.

 

C’est également le cas des polythéistes arabes, ils reconnaissaient avec leur cœur que Mohammed était le Messager d’Allah, qu’il était sur la vérité, Allah dit : «Nous savons qu’en vérité ce qu’ils disent te chagrine. Or, vraiment ils ne croient pas que tu es menteur, mais ce sont les versets (le Coran) d’Allah, que les injustes renient»[14]. Ils ne croyaient pas au fond d’eux que le Messager d’Allah, que les éloges et le salut soient sur lui, était un menteur, mais ce qui les a poussé à s’opposer à lui n’était autre que l’orgueil, la vanité et le fanatisme, comme ce fut le cas de son oncle Abou Tâlib qui reconnaissait que Mohammed, que les éloges et le salut soient sur lui, était sur la vérité. Ainsi, étant donné qu’il n’a pas emprunté sa voie et qu’il est mort sur la religion polythéiste de son père, il sera voué au feu de l’Enfer, et ce, malgré qu’il reconnaissait que la religion de Mohammed, que les éloges et le salut soient sur lui, était la vérité. Rien ne l’empêcha de suivre le Messager d’Allah, que les éloges et le salut soient sur lui, si ce n’est la fureur de la religion de ses ancêtres, à cause de laquelle il mourut sur la mécréance. Ainsi, selon la doctrine des Ach’arites, il faudrait le considérer croyant.

 

Par ailleurs, la foi n’est pas uniquement la parole de la langue sans la croyance du cœur, comme c’est l’avis de la secte Al Karrâmiyyah, car cela impliquerait que les hypocrites seraient de vrais croyants ! Car ils reconnaissent la foi avec leur langue, mais la réfutaient dans leur cœur. C’est pour cette raison qu’Allah a décrété qu’ils seront dans le plus bas degré du feu de l’Enfer, sous les polythéistes. Allah dit : « Parmi les gens, il y a ceux qui disent: «Nous croyons en Allah et au Jour dernier!» tandis qu’en fait, ils n’y croient pas»[15], c'est-à-dire qu’ils ne font que prononcer cela avec leur langue. Allah dit également : «Ils disaient de leurs bouches ce qui n’était pas dans leurs cœurs»[16]. De ce fait, le simple fait de prononcer la foi par la langue ne suffit pas à être croyant. Allah dit à propos de ces gens : «Quand les hypocrites viennent à toi, ils disent: «Nous attestons que tu es certes le Messager d’Allah» Allah sait que tu es vraiment Son messager; et Allah atteste que les hypocrites sont assurément des menteurs. 2. Ils prennent leurs serments pour bouclier et obstruent le chemin d’Allah. Quelles mauvaises choses que ce qu’ils faisaient !  3. C’est parce qu’en vérité ils ont cru, puis rejeté la foi»[17]. Ils ont cru avec leur langue, et mécru avec leur cœur.

 

Ainsi, la prononciation avec la langue ne suffit pas pour être croyant, même si l’individu reconnait la foi verbalement, et même s’il va jusqu’à lutter et combattre en compagnie des musulmans, prier et jeûner, cela ne sera pas suffisant tant qu’il ne croira pas avec son cœur aux paroles que prononce sa langue.

 

La foi n’est pas non plus comme le disent les juristes Mourjites : la parole de la langue et la croyance du cœur ! Car si c’était le cas, les obligations et les interdictions divines n’auraient plus aucun sens. Il serait suffisant de croire avec le cœur et de prononcer la foi avec la langue, sans observer la prière ni le jeûne, pour être croyant ! Cette croyance n’a assurément aucun fondement car cela implique d’abolir toutes les prescriptions divines alors qu’Allah a lié les œuvres à la foi dans de nombreux versets où Il dit : « Ceux qui ont cru et accompli de bonnes œuvres ». Il incombe donc d’allier les deux, la foi sans les actes ne suffit pas, et les actes sans la foi ne suffisent pas. Dans de nombreux versets, on trouve la foi associée à l’œuvre pieuse.

 

Parmi les preuves qui indiquent que la foi se compose de la parole de la langue, de la croyance du cœur et des actes des membres, figure le hadith dans lequel le Messager d’Allah a dit : «La foi est constituée d’un peu plus de soixante-dix branches dont la plus élevée est le fait de dire : il n’y a de divinité en droit d’être adoré si ce n’est Allah, la plus basse est d’ôter de la route un objet gênant, et la pudeur est une des branches de la foi»[18].

 

(Dire : il n’y a de divinité en droit d’être adoré si ce n’est Allah) constitue la parole de la langue. (la pudeur est une des branches de la foi) fait partie des actes du cœur. (d’ôter de la route un objet gênant) fait partie des actes des membres. Ceci montre que la foi se compose de la parole, de la croyance et des actes.

 

Quant au fait que la foi augmente et diminue, ceci est clairement exposé à travers le Coran: «Les vrais croyants sont ceux dont les cœurs frémissent quand on mentionne Allah. Et quand Ses versets leur sont récités, cela fait augmenter leur foi. Et ils placent leur confiance en leur Seigneur. 3. Ceux qui accomplissent la alāt et qui dépensent [dans le sentier d’Allah] de ce que Nous leur avons attribué. 4. Ceux-là sont, en toute vérité les croyants: à eux des degrés (élevés) auprès de leur Seigneur, ainsi qu’un pardon et une dotation généreuse»[19]. Dans ce verset, Allah considère la prière et la dépense qui sont des actes des membres comme faisant partie de la foi ; la mention d’Allah correspond à la parole de la langue ; Sa parole (cela fait augmenter leur foi) est la preuve que la foi varie.

 

Allah dit également : «Et quand une Sourate est révélée, il en est parmi eux qui dit: «Quel est celui d’entre vous dont elle fait croître la foi?» Quant aux croyants, elle fait certes croître leur foi, et ils s’en réjouissent»[20], Il dit aussi : «et que croisse la foi de ceux qui croient»[21]. Ce verset prouvent que la foi augmente et se renforce par l’obéissance.

 

De même, la foi diminue par la désobéissance comme l’indique le hadith suivant : « Que celui d'entre vous qui voit une chose répréhensible la corrige avec sa main ! S'il ne le peut pas de sa main, qu'il la corrige avec sa langue ! S'il ne le peut avec sa langue que ce soit avec son cœur et c'est là le degré le plus faible de la foi »[22]. Ceci montre bien que la foi peut diminuer, et que la foi de celui qui ne désapprouve pas le blâmable, ni par sa main, ni par sa langue est faible. Quant à celui qui ne le désapprouve pas par son cœur, il n’a pas de foi du tout, comme l’indique le hadith suivant : « Puis il viendra après eux des successeurs qui diront ce qu’ils ne font pas eux-mêmes et feront ce dont ils n’auront pas reçu l’ordre. Celui qui les aura combattus de sa main sera croyant ; celui qui les aura combattus avec sa langue sera croyant et celui qui les aura combattus avec son cœur sera croyant. Mais après cela il n’y a plus le poids d’un grain de moutarde de foi » et sa parole: «Allah fera sortir du Feu celui qui possède la moitié d'un grain de moutarde de foi». Tout ceci indique avec clarté que la foi peut diminuer au point d’être comparable au grain de moutarde ou moins encore.

 

La parole d’Allah : «Ils étaient, ce jour-là, plus près de la mécréance que de la foi»[23] prouve également que la foi peut diminuer au point que l’individu soit tout proche de la mécréance.

 

Les Mourjites quant eux disent que la foi n’est pas sujet à variation, elle n’augmente pas et ne diminue pas, car la foi est dans le cœur comme un bloc et les gens n’occupent pas différents degrés vis-à-vis de la foi. Pour eux, la foi d’Abou Bakr est identique à celle du plus pervers des individus !

 

Cette croyance est infondée, car la foi est sujette à variations, certains croyants ont une foi plus forte que d’autres ; le Prophète, que les éloges et le salut soient sur lui, a dit : «Le croyant fort est plus aimé auprès d’Allah que le croyant faible, et en tous deux il y a du bien»[24]. On entend par ce hadith la force de la foi, du corps et des actes.

 

De ce fait, la foi augmente et diminue ; les péchés la font diminuer et les bonnes œuvres la font augmenter. Telle la définition de la foi chez les gens de la Sounnah. Fin de citation.

 

Il est opportun dans ce contexte de citer un passage particulièrement intéressant du célèbre ouvrage du Cheykh Al Islam Ibn Taymiyya : «Le dogme Wassît» qui est un exposé de la croyance des gens de la Sounnah et du groupe, dans lequel l’auteur traite la réalité de la foi et statut de celui qui commet un péché majeur. Il résume cette question en ces termes :  «Parmi les principes des gens de la Sounnah et du groupe, il y a le fait que la religion et la foi (al îmân) sont paroles et actes, paroles du cœur et de la langue et actes du cœur, de la langue et des membres et que la foi croît avec l'obéissance et décroît avec la désobéissance. Toutefois, ils ne déclarent pas les gens de la Qibla mécréants du simple fait des actes de désobéissance et des péchés majeurs, à l'instar des Kharidjites.

 

Bien plus, la fraternité fondée sur la foi est, malgré les péchés, toujours présente en vertu de ce qu'Allah dit dans le verset du talion : «Mais celui à qui son frère aura pardonné en quelque façon doit faire face à une requête convenable». Il dit aussi : «Et si deux groupes de croyants se combattent, faites la conciliation entre eux. Si l'un d'eux se rebelle contre l'autre, combattez le groupe qui se rebelle, jusqu'à ce qu'il se conforme à l'ordre d'Allah. Puis, s'il s'y conforme, réconciliez-les avec justice et soyez équitables car Allah aime les équitables. Les croyants ne sont que des frères. Établissez la concorde entre vos deux frères et craignez Allah, afin qu'on vous fasse miséricorde».

 

Ils ne privent pas complètement le pervers adepte de la religion musulmane de son appartenance à l'islam. Ils ne considèrent pas [non plus] qu'il sera en enfer éternellement comme disent les Mou’tazilites. Au contraire, le pervers peut être inclus dans [le cadre de] la foi au sens général comme dans la parole d'Allah : «qu'on affranchisse alors un esclave croyant», et peut ne pas être inclus dans [le cadre de] la foi au sens absolu comme dans la parole d'Allah : «Les vrais croyants sont uniquement ceux-là dont, à l’évocation d’Allah, les cœurs frémissent. Et quand Ses versets leur sont récités, cela fait augmenter leur foi». Il y a [aussi] la parole du Prophète, que les éloges et le salut soient sur lui : « Le fornicateur n'est pas croyant au moment où il fornique, le voleur n'est pas croyant au moment où il commet le vol, le buveur de vin n'est pas croyant au moment où il boit et tout spoliateur qui spolie [au grand jour] quelque chose de précieux, au cours de laquelle spoliation les gens dirigent vers lui leur regard n'est pas croyant à l'instant où il commet cela ».

 

Nous disons qu'il est croyant mais que sa foi est faible ou bien qu'il est croyant de par sa foi mais pervers de par le péché majeur [qu'il commet]. Ainsi, on ne lui attribue pas la foi absolue [totale] et on ne le prive pas [non plus] de façon absolue [catégorique] de cette dénomination ». Fin de citation

 

Causes de l’augmentation de la foi

La foi du croyant augmente et diminue en fonction de la relation que ce dernier entretient avec son Seigneur, de la nature et la ferveur de sa pratique cultuelle. C’est pourquoi, les gens de science énumèrent un certains nombres de causes permettant d’augmenter sa foi. Parmi les principales causes figurent :

 

1 - La connaissance d'Allah le Très-haut, à travers Ses Noms, Ses Attributs car plus le croyant accroît sa connaissance d'Allah, de Ses Noms et Attributs, et plus sa foi augmentera. C'est pourquoi les gens de science qui ont une profonde connaissance des Noms d'Allah et Ses Attributs ont une foi plus grande. Cette connaissance représente la plus grande nécessité et le plus important besoin pour le serviteur. Ibn Qayyim a dit : «Il n’est pas de besoin plus immense pour les âmes que de connaître leur Créateur, de L’aimer, de L’évoquer, et de se rapprocher de Lui. Tout cela n’est possible qu’à travers la connaissance de Ses attributs et Ses beaux noms. Ainsi plus le serviteur acquiert la connaissance de ces noms et attributs, plus il connaît Allah, L’invoque et se rapproche de Lui. Au contraire, plus il ignore les beaux noms d’Allah et Ses attribut, plus il ignorera Allah et s’éloignera de Lui. Et Allah estime son serviteur selon l’estime que celui-ci lui accorde»[25].

 

2 – L’observation des Signes d’Allah dans Sa création et Sa révélation. Allah dit : «Il y a sur terre des preuves pour ceux qui croient avec certitude ; 21. ainsi qu'en vous-mêmes. N'observez-vous donc pas ?»[26]. Et les versets allant dans ce sens prouvant que l’observation et la méditation sur ces signes sont une cause de l’augmentation de la foi sont très nombreux.

 

3 - La multiplication des obéissances, tel que la prière, la zakât, le jeûne, etc.

 

Le sanctuaire de la foi

Le Prophète, que les éloges et le salut soient sur lui, a dit : «Il y a dans le corps un morceau de chair qui s’il est sain alors tout le corps sera sain, mais s’il est corrompu alors tout le corps sera corrompu, ce morceau de chair n’est autre que le cœur».  Allah, exalté soit-Il, dit : «[…] ceux qui ont cru, et dont les cœurs se tranquillisent à l’évocation d’Allah. N’est-ce point par l’évocation d’Allah que se tranquillisent les cœurs?»[27].

 

Ibn al-Qayyim, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit : «Il ne fait aucun doute que le cœur rouille comme rouille le cuivre, l’argent ou d’autres métaux ; par conséquent, son polissage s’effectue avec l’évocation d’Allah, laquelle le polit jusqu’à rendre le cœur aussi brillant qu’un miroir. En résumé, si on abandonne le cœur il rouille, si on invoque Allah, on le polie. Le cœur se rouille à cause de deux choses : la négligence et les péchés ; et il peut être poli grâce à deux choses : le demande de pardon et l’évocation d’Allah»[28].

 

C’est en ce sens que le Prophète a dit : «La différence entre celui qui évoque Allah et celui qui ne L’évoque est comme la différence entre celui qui est vivant et celui qui est mort».

 

En fait, l’évocation d’Allah est un remède à la dureté du cœur, elle lui donne force et tranquillité et enracine la foi en lui. Le grand savant As-Sa’di, qu’Allah lui fasse miséricorde, a dit : «Parmi les causes du renforcement de la foi dans le cœur figure : la multiplication et la fréquence des évocations d’Allah ainsi que l’invocation, qui est l’essence de l’adoration. L’évocation d’Allah plante l’arbre de la foi dans le cœur, elle le nourrit et le fait se développer, et plus un croyant évoque Allah, exalté soit-Il, plus sa foi se renforce, et parallèlement plus la foi augmente plus les évocations se multiplient. Parmi ceux qu’Allah, exalté soit-Il, aime le plus, on trouve ceux qu’ils L’invoquent beaucoup, et l’amour d’Allah c’est la foi, je dirais même que c’est l’âme de cette dernière»[29].

 

Et Allah est plus savant

 

Que les éloges et le salut soient sur notre Prophète Mohammed, sa famille et ses compagnons.

 

 


[1] Sourate 12 Youssouf, verset 17

[2] Sourate 2 La vache, verset 177

[3] Sourate 54 La lune, verset 49

[4] Rapporté par Mouslim (35)

[5] Sourate 2 La vache, verset 143

[6] Sourate 4 Les femmes, verset 48

[7] Rapporté par At-Tirmidhi (2499) et Ibn Mâjah (4251) d’après Anas

[8] Rapporté par At-Tirmidhi (3540)

[9] Sourate 39 Les groupes, verset 53

[10] Sourate 12 Youssouf, verset 40

[11] Sourate 5 La table servie, verset 95

[12] Sourate 4 Les femmes, verset 35

[13] Sourate 17 Le voyage nocturne, verset 102

[14] Sourate 6 Les bestiaux, verset 33

[15] Sourate 2 La vache, verset 8

[16] Sourate 3 La famille d’Imrân, verset 167

[17] Sourate 63 Les hypocrites, versets 1-3

[18] Rapporté par Al Boukhâri (9) et Mouslim (35) d’après Abou Houreyra

[19] Sourate 8 Le butin, verset 2-4

[20] Sourate 9 Le repentir, verset 124

[21] Sourate 74 L’enveloppé, verset 31

[22] Rapporté par  Mouslim (49)

[23] Sourate 3 La famille d’Imrân, verset 167

[24] Rapporté par Mouslim (2667) d’après Abou Houreyra

[25] Voir : « Miftâh dar as-sa’âda » page 202

[26] Sourate 51 Adh-Dhâriyâtt, versets 20-21

[27] Sourate 13 Le tonnerre, verset 28

[28] Voir « Al-wâbil as-sayyib »

[29] Voir « At-tawdîh wal-bayân »

 

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