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Comment devenir un croyant ? (4)

Jamaal al-Din M. Zarabozo

 

La croyance au Jour Dernier et à l’Au-delà

« Le Jour Dernier » est ainsi appelé parce qu’il n’y aura aucun autre jour nouveau après celui-là. Les gens du Paradis seront dans leur demeure et ceux de l’Enfer dans la leur. Entre autres noms, il est également appelé « Le Jour de la Résurrection, » « La Réalité, » « L’Evénement, » « Le Jour du Jugement, » et « L’Accablant ». Il s’agit du jour le plus important que l’humanité aura à traverser. En réalité, ce sera le jour le plus terrible et le plus effroyable. La nouvelle vie de l’homme sera décidée ce jour-là. Il marquera un nouveau départ pour chaque âme. Ce nouveau pas pourrait mener à la félicité éternelle ou à la peine du dam[1].

 

La croyance au Jour Dernier implique la croyance en tout ce que le Qur'an ou le Prophète (paix sur lui) a dit sur les événements de ce Jour et après. Il existe un certain nombre d’aspects généraux (résurrections, jugement et récompense, Paradis et Enfer) dont tout Musulman doit être conscient et auxquels il doit croire avec certitude. Il existe également des aspects plus détaillés qui ont été évoqués par le Qur'an et le Messager d’Allah (paix sur lui). Plus l’on est conscient de ce Jour et des événements qui l’accompagnent, plus grand sera l’effet de cette croyance sur soi. Ainsi, il est fortement recommandé à chaque Musulman de s’informer sur les événements qui se produiront avant et au Jour de la Résurrection.

 

Comme le rapporte le Sahih Muslim, avant le Jour du Jugement et la destruction de cette terre, Allah enverra un vent plus doux que de la soie, venant du Yémen, qui arrachera l’âme de tout individu qui possède la plus infime quantité de foi dans son cœur. Par conséquent, les événements de la fin du monde ne seront subis que par les pires des hommes, ceux n’ayant aucune once de foi.

 

L’un des événements qui se produiront est le lever du soleil du côté de l’Ouest. A ce moment-là, tous ces gens feront leur attestation de foi qui ne leur sera cependant d’aucune utilité. Puis, l’on soufflera sur la Trompe et tout ce qui se trouve sur cette terre mourra. A cet effet, Allah dit: [Et on soufflera dans la Trompe, et voilà que ceux qui seront dans les cieux et ceux qui seront sur la terre seront foudroyés, sauf ceux qu’Allah voudra [épargner]] (39:68). Cette terre et ce ciel seront alors détruits. Après un période de quarante –l’on ne sait pas s’il s’agit de quarante heures, quarante jours ou quarante années– un second coup de Trompe retentira et les gens seront ressuscités : [Et on soufflera dans la Trompe, et voilà que, des tombes, ils se précipiteront vers leur Seigneur, en disant : “Malheur à nous ! Qui nous a ressuscités de là ou nous dormions ? ” C’est ce que le Tout Miséricordieux avait promis; et les Messagers avaient dit vrai] (36:51-52).

 

D’après ibn Uthaimeen[2], la croyance au jour dernier se décline en trois aspects : Il s’agit premièrement de la croyance en la Résurrection : après le Second Coup de Trompe, les gens seront ressuscités et ramenés devant Allah. Ils seront en tenue d’Adam, nu-pieds et incirconcis[3]. Allah dit : [Tout comme Nous avons commencé la première création, ainsi Nous la répéterons ; c’est une promesse qui Nous incombe et Nous l’accomplirons !] (21:104).

 

Cette résurrection s’opérera dans le même corps que la personne aura eu dans cette vie terrestre. Ibn Uthaimeen souligne la sagesse et l’importance de ce fait en ces termes : « S’il s’agissait d’une nouvelle création, cela signifierait que le corps qui a commis des péchés dans la vie présente aurait été exempt de tout châtiment. Il serait injuste de revenir dans un nouveau corps auquel il sera infligé le châtiment. Ainsi, les textes et les arguments rationnels indiquent que [la personne] ressuscitée n’est pas une nouvelle [création], mais un retour [a l’ancienne création] »[4]. Il souligne également qu’Allah est capable de recréer les corps, même après leur putréfaction. L’homme pourrait ne pas être à même de comprendre comment cela est exactement possible –tout comme de si nombreux autres aspects que l’homme ne peut cerner– mais Allah l’a affirmé et le croyant sait qu’Allah en est bel et bien capable.

 

Le deuxième aspect porte sur la croyance à la responsabilité ou au jugement des actes et la récompense/châtiment pour ces faits. Cet aspect est évoqué et souligné dans de nombreux passages du Qur'an. Ici se trouvent quelques exemples : [Vers Nous est leur retour. Ensuite, c’est à Nous de leur demander compte] (88:25-26); [Au Jour de la Résurrection, Nous placerons les balances exactes. Nulle âme ne sera lésée en rien, fût-ce du poids d’un grain de moutarde que Nous ferons venir. Nous suffisons largement pour dresser les comptes] (21:47).

 

Allah laisse clairement entendre que tous les actes seront pesés au Jour du Jugement. Ainsi déclare-t-Il : [Et la pesée, ce jour-là, sera équitable. Donc, celui dont les bonnes actions pèseront lourd...Voilà ceux qui réussiront ! Et quand à celui dont les bonnes actions pèseront léger...Voilà ceux qui auront causé la perte de leurs âmes parce qu’ils étaient injustes envers Nos enseignements] (7:8-9).

 

L’on doit toujours avoir présent à l’esprit que la récompense qu’Allah accorde à Ses serviteurs est un acte de miséricorde de Sa part, étant donné qu’Il les récompense bien au-delà de la valeur de leurs actes. Cependant, le châtiment d’Allah relève de Sa justice et Il ne punit personne plus qu’elle ne le mérite.

 

Le troisième aspect fondamental de la croyance au Jour Dernier est la croyance au Paradis et à l’Enfer. Le Paradis est la demeure éternelle ou récompense des croyants. L’Enfer est la demeure éternelle de châtiment des mécréants. La majorité des gens pensent que les deux existent présentement et existeront à jamais. Il ne s’agit pas tout simplement d’états d’âme comme le pensent certains non Musulmans et quelques Musulmans hérétiques. Allah et Son Messager en ont fait allusion et les ont décrits en des termes clairs et sans équivoque. Il n’y a absolument aucune raison pour qu’un Musulman rejette leur existence ou leurs descriptions.

 

Au sujet du Paradis, par exemple, Allah dit : [Quant à ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres, ce sont les meilleurs de toute la création. Leur récompense auprès d’Allah sera les Jardins de séjour, sous lesquels coulent les ruisseaux, pour y demeurer éternellement. Allah les agrée et ils L’agréent. Telle sera [la récompense] de celui qui craint son Seigneur] (98:7-8). [Aucun être ne sait ce qu’on a réservé pour eux comme réjouissance pour les yeux, en récompense de ce qu’ils œuvraient !] (32:17).

 

Au sujet de l’Enfer, Allah dit par exemple : [Nous avons préparé pour les injustes un Feu dont les flammes les cernent. Et s’ils implorent à boire on les abreuvera d’une eau comme du métal fondu brûlant les visages. Quelle mauvaise boisson et quelle détestable demeure!] (18:29); [Allah a maudit les infidèles et leur a préparé une fournaise, pour qu’ils y demeurent éternellement, sans trouver ni alliés ni secoureur. Le jour où leurs visages seront tournés dans le Feu, ils diront : “Hélas pour nous ! Si seulement nous avions obéi à Allah et obéi au Messager ! ”] (33:64-66).

 

Ibn Taimiya note que la croyance au Jour Dernier intègre également la croyance en toutes ces choses qui arriveront à l’homme après sa mort et avant le Jour de la Résurrection[5]. Entrent en ligne de compte l’épreuve et le plaisir ou le supplice de la tombe. Le supplice de la tombe est mentionné dans un hadith rapporté par al-Tirmidhi. Il stipule que deux anges, al-Munkar et al-Nakeer, viennent interroger l’homme comme suit: Que disais-tu au sujet de cet homme [c'est-à-dire, le Prophète Muhammad (paix sur lui)]? D’autres récits relatent que ces deux anges viennent poser ces trois questions : Qui est ton Seigneur ? Quelle est ta religion ? Qui est ton prophète ?[6].

 

Il existe d’autres aspects précis liés à l’Au-delà que le croyant doit apprendre et croire. Ce cadre ne nous permet malheureusement pas de les aborder plus en profondeur. Au nombre de ceux-ci se trouvent :

1- La Source ou le Bassin du Messager Muhammad (paix et bénédictions d’Allah sur lui)[7];

2- Les différentes intercessions[8];

3- La distribution des livres des actions;

4- La traversée du siraat (pont) sur l’Enfer[9];

5- L’entrée au Paradis et en Enfer et tous les aspects qui y sont relatifs.

 

La croyance en ces événements importants du Jour Dernier et de l’Au-delà et leur connaissance doit profondément influencer l’individu – s’il prend du temps pour se rappeler et méditer sérieusement sur ce Jour. Tout d’abord, cela doit inciter le croyant à se précipiter vers l’accomplissement des bonnes actions, étant conscient de la récompense qu’il pourra ainsi engranger. La félicité du Paradis est plus grande que ce que l’œil a déjà vu ou même le produit de l’imagination la plus débordante. D’abord et avant tout, cette importante récompense inclut l’agrément d’Allah et l’occasion de Le voir dans l’Au-delà. Si l’homme pouvait être conscient de cet aspect à tout moment de sa vie, il mettrait tout son cœur à chercher et rechercher une quelconque bonne action à accomplir.

 

Deuxièmement, la menace du châtiment doit dissuader l’homme de commettre tout péché, aussi insignifiant soit-il. Aucun péché commis dans ce bas monde ne vaut le châtiment qu’il pourrait apporter dans l’Au-delà. En outre, en commettant des péchés, l’homme pourrait également subir la colère d’Allah, son Seigneur, Créateur et Bien-aimé.

 

Troisièmement, d’après ibn Uthaimeen, le jugement et la justice du Jour du Jugement apporteront réconfort et consolation dans le cœur du croyant. Il est normal pour l’homme d’éprouver de la haine pour l’injustice. Dans ce bas monde, cela semble souvent se produire. Ceux qui trichent et font preuve de peu de morale avancent très souvent dans ce monde sans jamais payer pour leurs actes. Il en est ainsi parce que ce monde n’est pas le dernier lieu du jugement, de la récompense et du châtiment. Ils n’échapperont pas au mal qu’ils commettent. Les bonnes actions n’auront également pas été accomplies en vain, comme cela semble souvent être le cas dans ce monde. Il viendra un temps où toutes ces choses seront tranchées en toute équité. Et ce moment, c’est le Jour du Jugement[10].

 

La Croyance au Décret divin

Le prochain et dernier pilier de la foi mentionné par le Prophète (paix sur lui) est la croyance au « décret divin » ou al-Qadar. Idris proposes une définition de ce mot lorsqu’il déclare : « Le sens premier du mot Qadar est la mesure ou évaluation spécifique, en termes de quantité ou de qualité. Il se prête à plusieurs autres usages qui dérivent de cette base. C’est ainsi que yuqad-dir signifie, entre autres choses, mesurer ou déterminer la quantité, la qualité, la position, etc., de quelque chose avant de le faire. Et c’est bien ce dernier sens qui nous intéresse dans ce cadre »[11].

 

Il est obligatoire pour tout Musulman de croire au concept de Qadar ou Décret Divin, comme il est clairement mentionné dans de nombreux hadiths authentiques. Ibn al-Qayyim démontre qu’il existe quatre « niveaux » ou aspects de la croyance au Qadar. Toute personne qui ne croit pas à ces quatre aspects ne voue pas une croyance correcte et convenable à Allah[12].

 

Le premier niveau est la croyance en la connaissance d’Allah sur toutes choses, sur les plans tant général qu’individuel, avant même leur existence. Ce fait est lié à ce qui est parfois appelé les œuvres d’Allah, telles que la production de la pluie, l’octroi de la vie, etc., aussi bien qu’aux œuvres des êtres humains. Allah a une connaissance préalable de toutes les actions de la création, du fait de l’Omniscience dont Il dispose éternellement, selon les écritures. Cette science intègre Sa connaissance de toutes les affaires relevant de l’obéissance, de la désobéissance, de la subsistance et des périodes de vie.

 

Cet aspect peut être appuyé par plusieurs versets du Qur'an, dont : [C’est Lui qui détient les clefs de l’Inconnaissable. Nul autre que Lui ne les connaît. Et Il connaît ce qui est dans la terre ferme, comme dans la mer. Et pas une feuille ne tombe qu’Il ne le sache. Et pas une graine dans les ténèbres de la terre, rien de frais ou de sec, qui ne soit consigné dans un livre explicite] (6:59).

 

Le deuxième niveau de la croyance au Qadar est la croyance en l’enregistrement de toutes choses par Allah avant même qu’Il ne crée les cieux et la terre. Ainsi, non seulement Allah connaissait et connaît ce qui se produira, mais également Il a consigné toutes ces informations dans la Table Préservé (al-Lauh al-Mahfoodh). Une pareille chose ne coute rien à Allah. Allah dit : [Ne sais-tu pas qu’Allah sait ce qu’il y a dans le ciel et sur la terre? Tout cela est dans un Livre, et cela est certes facile à Allah] (22:70). Allah dit également : [Nul malheur n’atteint la terre ni vos personnes, qui ne soit enregistré dans un Livre avant que Nous ne l’ayons créé; et cela est certes facile à Allah] (57:22).

 

Le troisième niveau est la croyance au fait qu’Allah décrète toute chose qui existe, et que toute chose n’existe que par Sa volonté. Une fois de plus, ceci renvoie également à toutes les choses. Il renvoie aux actes d’Allah de pourvoir à la vie, à la subsistance, etc. ; il inclut également toutes les actions accomplies par les êtres humains. Rien ne peut s’accomplir que si Allah le décrète et lui permet de se produire. Un individu qui a l’intention ou essaie, par exemple, de tirer sur un autre et le tuer ne peut le faire que si Allah le décrète. L’individu pourrait prendre toutes les mesures nécessaires, mais en l’absence de la volonté d’Allah, il n’en sera rien. Dans le cas que nous venons d’évoquer, Allah pourrait vouloir que le fusil se bloque ou que la main du tireur tremble et rate sa cible, etc.

 

Cet aspect du Qadar pourrait également se fonder sur plusieurs éléments de preuve. Par exemple, Allah dit : [Et si Allah avait voulu, les gens qui vinrent après eux ne se seraient pas entre-tués, après que les preuves leur furent venues; mais ils se sont opposés : les uns restèrent croyant, les autres furent infidèles. Si Allah avait voulu, ils ne se seraient pas entre-tués; mais Allah fait ce qu’il veut] (2:253). Allah dit également : [Ceci n’est qu’un rappel pour l’univers, pour celui d’entre vous qui veut suivre le chemin droit Mais vous ne pouvez vouloir, que si Allah veut, [Lui], le Seigneur de l’Univers] (81:27-29).

 

Ibn Uthaimeen propose également une présentation rationnelle de cet aspect de la croyance au Qadar. Il affirme qu’il doit être admis qu’Allah est le Détenteur, Maître et Régulateur de cette création. D’où, il ne serait pas possible, aussi longtemps que tout se trouve sous Son contrôle et relève de Sa suprématie, que quelque chose se produise dans Son domaine d’autorité sans qu’Il ne le veuille. Ainsi, tout se qui se produit dans Sa création se fait par Sa Volonté. Rien ne peut se produire sans qu’Il ne l’ait voulu. Sinon, Son contrôle et maîtrise de Sa royauté serait défaillants et insuffisants, puisque des choses s’y produiraient sans qu’Il ne les ait voulues, voire sans qu’Il ne le sache. Ces hypothèses sont, bien sûr, inadmissibles[13].

 

Le quatrième niveau de la croyance au Qadar est la croyance au fait qu’Allah a créé toute chose, a fait exister toute chose et a fait être toute chose. Cet aspect s’appuie également sur de nombreux versets du Qur'an, dont : [Qu’on exalte la Bénédiction de Celui qui a fait descendre le Livre de Discernement sur Son serviteur, afin qu’il soit un avertisseur à l’univers. Celui à qui appartient la royauté des cieux et de la terre, qui ne S’est point attribué d’enfant, qui n’a point d’associé en Sa royauté et qui a créé toute chose en lui donnant ses justes proportions] (25:1-2). Ce passage nous fait également comprendre que [Allah est le Créateur de toute chose] (39:62). Un autre verset affirme : [Nous avons créé toute chose avec mesure] (54:49).

 

Expliquant ce point, Ibn Uthaimeen dit : « Toute chose est une création d’Allah. Même les œuvres des hommes sont des créations d’Allah. Bien qu’elles soient issues du choix et de la volonté souverains [de l’homme], ils restent des créations d’Allah. Il en est ainsi parce que chaque œuvre d’un homme est la résultante de deux aspects : une volonté inébranlable [d’accomplir l’acte] et la capacité totale [à l’accomplir]. Par exemple, supposez que devant vous se trouve une pierre qui pèse vingt kilo. Je vous dis : « Soulevez la pierre » et vous me répondez : « Je ne veux pas la soulever». Dans ce cas, votre manque de volonté vous aura empêché de soulever la pierre. Je peux vous dire une deuxième foi : « Soulevez cette pierre », et vous me répondez : « Oui, je vais vous écouter et faire ce que vous me demandez de faire ». Dans ce cas, si vous vouliez la soulever mais en êtes incapable, vous ne l’auriez pas soulevé [non pas parce que vous ne le voulez pas, mais] parce que vous n'en êtes pas capable. Si je vous dis une troisième fois : « Soulevez cette pierre », et que vous obtempérez et la soulevez au-dessus de votre tête, vous l’aurez fait parce que vous en étiez capable.

 

Tous les actes que nous accomplissons[14] sont, par conséquent, la résultante d’une volonté inébranlable et d’une capacité totale. Celui qui a créé cette capacité et cette volonté est Allah. Si Allah avait fait de vous une personne paralysée, vous n’en seriez pas capable. Si votre attention était focalisée sur un autre acte, vous ne l’auriez pas accompli…

 

Ainsi pouvons-nous affirmer : C’est Allah qui créé toutes les actions de l’homme. Il en est ainsi parce qu’elles sont la matérialisation de la volonté inébranlable et de la capacité totale. Or, celui qui a créé cette capacité et cette volonté, c’est bien Allah. Et comment est-ce possible ? Parce que la volonté et la capacité sont deux caractéristiques de celui qui veut quelque chose et celui qui en a la capacité. Or, Allah est celui qui a créé cette personne dotée de cette capacité. Celui qui a créé la personne qui possède des caractéristiques spécifiques est également celui qui a créé ces caractéristiques. Il devient alors clair et évident que les actions des êtres humains sont une création d’Allah »[15].

 

En réalité, il existe un certain nombre de questions et d’idées fausses qui se dégagent du concept du Qadar. Ce cadre ne nous permet malheureusement pas de les aborder plus en profondeur. Cependant, dans un passage pas trop long, Jaafar Sheikh Idris se penche de manière idoine sur un certain nombre de ces questions : C’est ainsi qu’il écrit : « Dieu a décidé de créer l’homme comme un être indépendant. Cependant, Il sait (et comment pourrait-Il ne pas le savoir ?) avant la création de tout individu comment il se servira de son libre arbitre ; par exemple, quelle sera sa réaction lorsqu’un Prophète lui clarifiera le message de Dieu… «Cependant, si nous sommes libres de faire prévaloir notre volonté», un Qadari[16] pourrait dire «nous pourrions l’utiliser dans les voies qui vont à l’encontre de la volonté de Dieu, et dans ce cas, nous n’aurions pas raison d’affirmer que toute chose est voulue ou décrétée par Dieu». Le Qur'an répond à cette question en nous rappelant que c’est Dieu qui a voulu que nous disposions d’un libre arbitre et c’est Lui qui nous permet de nous en servir. [Il cite ainsi la surate al-Insaan 29-30] « S’il en est ainsi, dit le Qadari, Il aurait pu nous empêcher de commettre le mal ». Oh, que oui ! Il l’aurait pu. [Si ton Seigneur l’avait voulu, tous ceux qui sont sur la terre auraient cru. Est-ce à toi de contraindre les gens à devenir croyants ?] (Yunus, X : 99)… Cependant, Il a voulu que les hommes soient libres, plus particulièrement, en matière de croyance et de mécréance. [Et dis : “La vérité émane de votre Seigneur”. Quiconque le veut, qu’il croit, et quiconque le veut qu’il mécroit”] (al-Kahf, XVIII:29)...

 

« Si nos actions émanent de la volonté de Dieu », l’on pourrait dire qu’«il s’agit, en fait, de Ses actions ». Cette objection découle de la confusion. Dieu veut ce que nous voulons en ce sens qu’Il nous accorde la liberté de choix et nous permet d’exécuter cette volonté, c'est-à-dire qu’il nous accorde la possibilité de le faire. Il ne le veut pas dans le sens de le faire Lui-même. Et si tel était le cas, cela reviendrait à dire que lorsque nous buvons, mangeons ou dormons, par exemple, ce Dieu exécute ces actions. Dieu les a créées, Il ne les effectue ou ne les accomplit pas. Une autre objection, provenant d’une autre confusion, est que, si Dieu nous permet de commettre du mal, c’est qu’Il l’approuve et l’aime. Pourtant, vouloir quelque chose dans le sens de donner la latitude à quelqu’un de le faire est une chose et approuver et encourager cette action en est une toute autre…»[17].

 

Dans le Hadith de l’Ange Gabriel, le Prophète Muhammad (paix et bénédiction d'Allah sur lui) affirme explicitement que l’on doit croire au décret divin, « tant en ce qu’il a de bien que de mal ». Ibn al-Qayyim observe que « le mal » se comprend par rapport aux êtres humains et non à Allah. Le « mal » est le fruit d’actes d’ignorance, d’injustice, d’oppression et de péchés de la part des hommes. Il a, certes, été permis et créé par Allah. Cependant, aucun mal ne peut être attribué à Allah parce que, par rapport à Lui, l’acte est bon et plein de sagesse, puisqu’il doit être la manifestation de la science et de la sagesse d’Allah. Tout acte de cette nature doit, par essence, être bon et ne saurait être un mal pur et simple. En témoigne ce hadith du Prophète : « Le mal ne doit pas T’être attribué »[18]. Il en est ainsi parce que chaque acte qui se produit est la résultante d’une certaine sagesse et d’une certaine bonté et ne peut jamais être du mal pur et simple. L’on pourrait en avoir une autre idée, mais, en réalité, il y a de la sagesse et de la bonté en toute chose qui se produit dans la création d’Allah[19].

 

Ibn Uthaimeen propose un exemple qui illustre ce point. Allah dit dans le Qur’an : [La corruption est apparue sur la terre et dans la mer à cause de ce que les gens ont accompli de leurs propres mains; afin qu’[Allah] leur fasse goûter une partie de ce qu’ils ont œuvré; peut-être reviendront-ils (vers Allah)] (30:41). Dans ce verset, Allah fait état du mal (fasaad) qui est apparu, de sa cause et de ses conséquences. Le mal (fasaad) et sa cause relèvent tous deux du mauvais (sharr). Cependant, il vise le bien : afin qu’[Allah] leur fasse goûter une partie de ce qu’ils ont œuvré; peut-être reviendront-ils (vers Allah). Aussi existe-il une sagesse et un but derrière ce fasaad. Ce but et cette sagesse font de l’ensemble de l’action quelque chose de bien et non un mal pure et simple[20].

 

Un mal pur et simple, serait celui qui n’est porteur d’aucun avantage ou résultat positif. La sagesse et la science d’Allah excluent l’existence d’actes de cette nature[21].

 

Les Fruits de la Croyance correct au Décret Divin[22]

1- Lorsque l’homme prend conscience du fait que tout est soumis au contrôle et au décret d’Allah, il libère sa croyance de toute forme de shirk ou d’attribution d’associés à Allah dans Sa Seigneurie. Il n’existe réellement qu’Un seul Créateur et Maître de cette création. Rien ne s’accomplit excepté par Sa volonté et Sa permission. Lorsque ceci pénètre fermement le cœur de l’homme, il prend conscience de ce que nul n’est digne d’être prié, d’être imploré pour assistance, de bénéficier de sa confiance, etc., excepté ce seul Seigneur. D’où, il consacre tous ses actes d’adoration à Celui qui a décrété et déterminé toute chose. Ainsi, le tawhid al-ruboobiyah et le tawhid al-uloohiyah n’atteignent leur plénitude qu’au travers d’une croyance correcte du Qadar.

 

2- La personne placera sa confiance en Allah. L’homme doit suivre « les causes et les effets » apparents que l’on vit dans ce bas-monde. Cependant, il doit se rendre à l’évidence que ces « causes et effets » ne lui seront d’aucune utilité, à moins qu’Allah ne le veuille. Ainsi, le croyant ne place jamais toute sa confiance sur ses propres actions ou sur les aspects mondains qui pourraient être quelque peu sous son contrôle. Au contraire, il suit toute cause qu’il sait qu’elle pourrait conduire à la fin souhaitée et, par la suite, place sa confiance en Allah afin qu’Il réalise cette fin souhaitée[23].

 

3- Ibn Uthaimeen affirme qu’avec la croyance correcte au Qadar, l’on ne saurait être arrogant et vantard. Si l’on réalise un but souhaité, l’on sait que ce but ne s’est réalisé que parce qu’Allah, de par Sa miséricorde, l’a décrété. Si Allah l’avait également voulu, Il aurait pu parsemer son chemin de nombreux obstacles et l’empêcher d’atteindre ce but. Par conséquent, au lieu de devenir hautain et arrogant après avoir atteint ce but, celui qui croit vraiment au Qadar est reconnaissant à Allah de lui avoir accordé cette bénédiction[24].

 

4- La croyance correcte au Qadar procure la tranquillité et la paix de l’âme. L’homme se rend compte que tout ce qui arrive est fonction du Décret Divin d’Allah. Par ailleurs, il existe une sagesse à la base de tout ce que fait Allah. Aussi, si l’homme perd un être cher ou quelque chose dans ce monde, il ne doit pas sombrer dans la démence ou le désespoir. Au contraire, il prend conscience de ce qu’il s’agit de la volonté d’Allah et doit accepter cette situation. Il doit également se rendre à l’évidence que cela est arrivé pour un but. Il ne s’agit pas du fruit du hasard ou d’un accident, sans raison aucune. Allah dit : [Nul malheur n’atteint la terre ni vos personnes, qui ne soit enregistré dans un Livre avant que Nous ne l’ayons créé; et cela est certes facile à Allah. afin que vous ne vous tourmentiez pas au sujet de ce qui vous a échappé, ni n’exultiez pour ce qu’Il vous a donné. Et Allah n’aime point tout présomptueux plein de gloriole] (57:22-23)[25].

 

5- La croyance au Qadar procure à l’homme force et courage. Il sait qu’Allah a enregistré sa vie et la subsistance qui lui est destinée. Cela ne vient que d’Allah et a déjà été décrété. Aussi ne doit-il pas craindre de se battre et de lutter pour la cause d’Allah puisque l’heure de sa mort est déjà déterminée. Il n’a pas besoin de craindre un manque de subsistance et de provisions, puisqu’Allah en est le seul pourvoyeur et les a déjà déterminées pour lui. Aucun homme ne peut le priver ni de subsistance ni de ses moyens d’existence si Allah a décrété que celui-ci recevra provisions et subsistance[26].

 

Conclusions

Le présent chapitre nous a permis d’avoir une vision synoptique des croyances fondamentales du Musulman. Tout Musulman doit savoir ce en quoi il est censé croire, du moins à un niveau élémentaire. Cependant, à mesure que sa connaissance des piliers de la foi augmente, sa foi elle-même se renforce et s’affermit davantage.

 

Pour plus de détails au sujet des piliers de la foi, nous vous recommandons la collection en huit tomes d’Umar al-Asqar qui porte sur les différents aspects de la foi, à l’instar de la croyance à Allah, aux anges, etc. Ces livres sont édités par International Islamic Publishing House de Riyad, en Arabie Saoudite et sont facilement accessible par Internet. Les ouvrages de Bilal Philips et Muhammad Jibaly traitant des aspects de la foi sont également intéressants pour le Musulman nouvellement converti.

 

 


[1] Pour ce qui est des arguments coraniques/rationnels de l’existence de l’Au-delà, voir Idris, pp. 11-16.

[2] Cf., ibn Uthaimeen, Sharh Usool al-Imaan, pp. 40-41.

[3] Comme l’a dit le Prophète (paix sur lui) dans un hadith rapporté par al-Bukhari and Muslim.

[4] Ibn Uthaimeen, Majmu, vol. 3, p. 174.

[5] Cité par ibn Uthaimeen, Majmu, vol. 3, p. 169.

[6] Pour ce qui est des textes de ce hadith, voir al-Albani, Sahih al-Jaami al-Sagheer, vol. 1, p. 186 et vol. 1, p. 344.

[7] Pour une analyse de ce sujet en langue anglaise, voir Abu Muhammad al-Hasan al-Barbahaaree, Explanation of the Creed (Birmingham, Royaume-Uni. Al-Haneef Publications, 1995), p. 36.

[8] Voir al-Barbahaaree, p. 37.

[9] Voir al-Barbahaaree, p. 38.

[10] Ibn Uthaimeen, Sharh Usool al-Imaan, p. 46.

[11] Idris, p. 24.

[12] Voir Muhammad ibn al-Qayyim, Shifa al-Aleel fi Masa`il al-Qadha wa al-Qadar wa al-Hikma wa al-Taleel (Beyrouth: Dar al-Marifah, aucune information relative à la publication), pp. 29-65.

[13] Ibn Uthaimeen, Majmuat, vol. 3, p. 195.

[14] Cela revient probablement à dire « Tous nos actes volontaires… », parce qu’il existe certains actes que l’homme accomplit de manière involontaire et en l’absence d’un véritable désir.

[15] Ibn Uthaimeen, Majmuat, vol. 3, pp. 196-197.

[16] Un Qadari est celui qui rejette complètement le concept d’al-Qadar.

[17] Idris, pp. 25-27.

[18] Rapporté par Muslim.

[19] Voir Abdul Aziz al-Rasheed, al-Tanbeehaat al-Sanniya ala al-Aqeeda al-Waasitiya (Dar al-Rasheed li-l-Nashr wa al-Tauzee’), p. 263.

[20] Muhammad ibn Uthaimeen, Sharh al-Aqeedah al-Waasitiyah (al-Damaam, Arabie Saoudite : Dar ibn al-Jauzi, 1415 A.H.), vol. 1, pp. 191-192. Voir également, dans le même ouvrage, vol. 1, pp. 70-72.

[21] Même la création de Satan n’est pas purement et simplement une méchanceté. Voir Umar al-Ashqar, “The Wisdom behind the Creation of Satan,” al-Basheer (Vol. 2, No. 3, Sept.-Oct. 1988), pp. 13-22.

[22] Dans son travail portant sur al-Qadar, al-Hammad (pp. 31-44) présente vingt-cinq avantages ou fruits de la croyance à l’al-Qadar. Ici, ne seront proposés que quelques exemples tirés d’un certain nombre de sources diverses.

[23] Cf., ibn Uthaimeen, Sharh Usool al-Imaan, p. 58.

[24] Cf., ibn Uthaimeen, Sharh Usool al-Imaan, p. 58.

[25] Cf., ibn Uthaimeen, Sharh Usool al-Imaan, p. 58.

[26] Cf., Salaam, p. 173.

 

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