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La bibliothèque de Bagdad, un modèle académique et institutionnel Part I

Le message de l'Islam

Les bibliothèques scientifiques musulmanes ont joué un grand rôle dans le développement de la civilisation humaine et son évolution jusqu’à sa forme actuelle. La plus célèbre de ces bibliothèques est sans aucun doute la bibliothèque appelée Bayt al-Hikma (la Maison de la Sagesse) à Bagdad. C’était, sans exagération, la plus grande institution scientifique au monde. Elle demeure l’un des trésors scientifiques produits par la pensée musulmane des époques passées, et un modèle sur lequel d’autres bibliothèques scientifiques furent fondées dans toutes les régions du monde musulman. On a tendance à oublier son rôle, alors que c’était véritablement une institution scientifique mondiale, attirant des étudiants de toutes origines et religions, d’Orient comme d’Occident. On y venait pour étudier les différentes branches de la science. Sa lumière a éclairé le chemin de l’humanité pendant près de cinq siècles, jusqu’à sa destruction en 1258 par les Tatars.

Cette bibliothèque fut fondée par le calife abbasside Abû Ja`far al-Mansûr dans la capitale califale Bagdad. Il y consacra un bâtiment indépendant, où il réunit les ouvrages les plus précieux et les plus rares, de langue arabe ou traduits de différentes langues. Lorsque le calife Hârûn ar-Rashîd – le plus grand des califes abbassides et celui dont l’histoire a le plus retenu le nom – accéda au pouvoir en 170H (il régna jusqu’en 193H), il décida de faire sortir du palais califal les livres et les manuscrits de toutes sortes devenus trop nombreux et de les placer dans un édifice qui ne servirait qu’à cela, qui pourrait contenir un plus grand nombre d’ouvrages et qui serait ouvert à tous les chercheurs et étudiants. Il fit donc construire un édifice imposant, y transféra toutes les réserves et le nomma Bayt al-hikma (la Maison de la Sagesse) en hommage à la grandeur de sa mission. La bibliothèque évolua encore par la suite pour devenir la plus célèbre académie scientifique de l’histoire.[1] La principale évolution eut lieu à l’époque d’al-Ma’mûn qui parvint à y faire venir les plus grands traducteurs, copistes et auteurs savants. Il envoyait même des missions scientifiques dans l’empire romain, ce qui contribua largement à l’essor et à la supériorité de cette institution scientifique unique.[2]

La Maison de la Sagesse fut donc à l’origine une bibliothèque privée avant de devenir un centre de traduction, puis un centre de recherche et de rédaction d’ouvrages. Elle ne tarda pas à devenir également un centre scientifique où l’on dispensait des cours et où l’on octroyait des diplômes scientifiques. Il s’y ajouta par la suite un observatoire astronomique. Cette institution comprenait donc différents départements :

La bibliothèque :

Le rôle du département de la bibliothèque était de faire venir les livres de partout, de les ranger sur des étagères et de les apporter à ceux qui les demandaient. La bibliothèque comprenait également le département de la copie et de la reliure, dont le rôle était bien sûr de copier et de relier les ouvrages, ainsi que de restaurer les livres abîmés. Bayt al-hikma était approvisionnée en livres de diverses façons. D’abord, par l’achat : al-Ma’mûn envoyait des émissaires à Constantinople pour se procurer tous types de livres ; parfois il voyageait lui-même pour acheter des livres qu’il envoyait à Bayt al-hikma. D’autres livres provenaient de cadeaux : les califes envoyaient des délégations aux pays étrangers, qui en retour leur offraient des ouvrages qu’ils possédaient. Lorsque des populations étaient soumises au tribut, on acceptait même parfois qu’il soit payé sous forme de livres ! Des centaines de copistes, d’exégètes et de traducteurs de différentes langues travaillaient à la traduction en arabe des ouvrages étrangers. D’autres ouvrages étaient rédigés sur place. Grâce à ces différentes sources, cette bibliothèque put rassembler un nombre et une variété d’ouvrages inégalés jusque-là.

En ce qui concerne les missions, le calife al-Ma’mûn écrivit au souverain romain pour lui demander s’il voulait bien lui transmettre le patrimoine des sciences de l’Antiquité grecque en sa possession, et dont les traditions romaines de l’époque interdisaient la lecture. Celui-ci finit par accepter. Al-Ma’mûn organisa donc une mission scientifique accompagnée d’un groupe de traducteurs et dirigée par le directeur de la bibliothèque de la Maison de la Sagesse. Cette mission parcourut de nombreux lieux où l’on pensait pouvoir trouver des réserves d’ouvrages grecs anciens, et rapporta de son périple des ouvrages des plus divers, sur la philosophie, la géométrie, la médecine ou l’astronomie, ou d’autres sciences encore. Al-Ma’mûn écrivit de même aux autres souverains de son époque pour leur demander d’autoriser ses missions à rechercher les livres dans les anciennes réserves. L’un des épisodes les plus étonnants racontés sur ces missions scientifiques est que les membres d’une d’entre elles trouvèrent dans le sous-sol d’une ancienne forteresse, en Perse, des coffres contenant de nombreux livres qui avaient moisi et sentaient mauvais. Ils les emportèrent à Badgad et les laissèrent sécher une année entière, puis ils se mirent à en étudier le contenu ![3]

Le centre de traduction

Al-Ma’mûn rassembla un trésor considérable d’ouvrages antiques et mit en place un équipe de traducteurs experts, d’exégètes et de libraires pour superviser leur restauration et leur traduction en langue arabe. Pour chaque langue, il désigna un responsable chargé de superviser la traduction du patrimoine de sa culture. Ces personnages étaient richement payés : ainsi, certains d’entre eux recevaient cinq cents dinars par mois[4] (ce qui équivaut à peu près à deux kilogrammes d’or) !

Le département des traductions avait pour fonction de traduire en langue arabe les livres de diverses langues, et parfois d’en traduire de l’arabe vers ces langues. Les traducteurs de ce département étaient, administrativement et en pratique, distincts des conservateurs de la bibliothèque. On peut citer parmi les plus célèbres Yûhannâ ibn Mâsuwayh, Jibrîl ibn Bakhtîshû`[5], ou encore Hunayn ibn Ishâq qui fut envoyé en voyage d’étude dans l’empire romain avec pour mission d’apprendre le grec. Les ouvrages étrangers étaient apportés à la bibliothèque pour y être traduits. Dans certains cas également, les traducteurs pouvaient travailler hors de la bibliothèque et donner ensuite leur traduction à cette dernière. Le calife al-Ma’mûn payait très libéralement les traducteurs : une traduction pouvait être payée de son poids en or ![6]

Ibn an-Nadîm mentionne dans son ouvrage al-Fihrist les noms de dizaines de traducteurs qui traduisaient les ouvrages écrits en sanskrit, en grec, en persan, en syriaque ou en nabatéen. Tous ces traducteurs ne traduisaient pas seulement les ouvrages en langue arabe, mais également dans toutes les langues vivantes utilisées dans la société musulmane : tous les membres de cette société, quelle que fût leur origine, pouvaient ainsi en bénéficier. Certains traduisaient l’original vers leur propre langue, laissant ensuite le soin à un autre traducteur de retraduire vers l’arabe ou autre. Ainsi, Yûhannâ ibn Mâsuwayh traduisait les ouvrages en syriaque puis chargeait quelqu’un d’autre de les traduire en arabe. L’original était également préservé et relié.[7]

Les copies des registres de cette bibliothèque comportent de nombreuses indications montrant que des exemplaires des ouvrages existaient en nabatéen, en copte, en syriaque, en persan, en sanskrit, en grec. Les savants musulmans ont ainsi rendu un immense service à l’humanité tout entière, en transmettant ce patrimoine qui était à l’époque menacé de destruction. Sans eux, l’époque moderne n’aurait rien connu des précieux ouvrages grecs et indiens de l’Antiquité. Il était alors interdit de les lire dans de nombreux pays où ils se trouvaient, et lorsqu’on les découvrait on les brûlait. C’est ce qui est arrivé aux livres de l’illustre savant Archimède, dont les Romains ont brûlé quinze ballots ![8]

Le rôle de ces savants ne se limitait bien sûr pas à la traduction. Ils commentaient également les ouvrages et en expliquaient les théories. Puis, comme nous l’avons vu précédemment, ils mettaient ces théories en pratique, les complétaient et rectifiaient leurs erreurs. Leur travail correspondait à ce qu’on appellerait aujourd’hui un travail de révision, comme le montrent les commentaires d’Ibn an-Nadîm sur certains de ces ouvrages.[9]

Le qâdî Sâ`id al-Andalusî relate dans son ouvrage Tabaqât al-umam comment se déroulait le processus de traduction à la Maison de la Sagesse, et l’intérêt porté par le calife al-Ma’mûn à cette prestigieuse bibliothèque. Voici ce qu’il écrit : « Lorsque le califat passa au septième calife d’entre eux (les Abbassides) `Abdallâh al-Ma’mûn ibn Hârûn ar-Rashîd… il compléta l’œuvre entamée par son grand-père al-Mansûr et entreprit, par sa gracieuse détermination et la force de son noble caractère, de rechercher la science là où elle se trouvait et de l’extraire de sa matière première. Il se rapprocha des souverains romains et leur envoya de somptueux cadeaux, en échange desquels il leur demanda de lui faire parvenir les ouvrages de philosophie en leur possession. Ils lui envoyèrent donc ce qu’ils possédaient des ouvrages de Platon, Aristote, Hippocrate, Galien, Euclide, Ptolémée et d’autres philosophes. Il fit alors appel à l’expertise des traducteurs qu’il chargea de traduire ces ouvrages. Ils furent traduits le mieux possible, puis il incita les gens à les lire et à les enseigner. La valeur marchande du savoir augmenta considérablement à son époque, où la sagesse régnait en maître. Les experts dans les différentes sciences rivalisaient autour de lui en raison du grand intérêt qu’il portait à leurs semblables. Il recherchait leur compagnie et appréciait leurs débats. Il leur offrait tous les honneurs et un statut considérable. »[10]

Ce texte du qâdî Sâ`id al-Andalusî montre que le calife al-Ma’mûn fonda une académie spécialisée dans la traduction des différentes sciences et parvint à y attirer les plus grands traducteurs de tous les coins du monde. Il fit ainsi venir d’illustres personnages comme le savant grec Abû Yahyâ ibn al-Batriq, Hunayn ibn Ishâq, ou encore le célèbre savant Ibn Mâsuwayh.[11]

A la fin de l’époque d’al-Ma’mûn, la plupart des ouvrages grecs, persans, et autres de l’Antiquité dans des sciences telles que les mathématiques, l’astronomie, la médecine, la géométrie, étaient disponibles en langue arabe dans la bibliothèque de la Maison de la Sagesse. Will Durant, l’auteur de L’histoire de la civilisation, écrit à ce sujet : « Les musulmans recueillirent de Grèce la majeure partie du patrimoine scientifique de l’Antiquité dont ils héritèrent, et l’Inde arrive en deuxième position après la Grèce. »[12]

 

[1] Voir à ce sujet Khidr Ahmad `Atâ Allâh, Bayt al-hikma fî `asr al-`abbâsiyîn, p. 29.

[2] As-Sadfî, al-Wâfî bil-wafayât 4/336.

[3] Voir Ibn an-Nadîm, al-Fihrist, p. 304, et Ibn Abî Usaybi`a, `Uyûn al-anbâ’ fî tabaqât al-atibbâ’, p. 172.

[4] Ibn Abî Usaybi`a, `Uyûn al-anbâ’ 2/133.

[5] Jibrîl ibn Bakhtîshû` de Gundishapur (mort en 205H/820), médecin de renom qui travailla pour ar-Rashîd, al-Ma’mûn et d’autres, auteur entre autres de Risâlat al-Ma’mûn fî l-mat`am wal-mashrab et al-Madkhal fî sinâ`at al-mantiq. Voir al-Qiftî, Akhbâr al-hukamâ’ 93-101, et Ibn Abî Usaybi`a, `Uyûn al-anbâ’ 2/14-35.

[6] Voir Ibn Abî Usaybi`a, `Uyûn al-anbâ’ p. 172.

[7] Voir Ibn an-Nadîm, al-Fihrist pp. 304 et suiv.

[8] Ibid., p. 43

[9] Ibid., pp. 339 et suiv.

[10] Sâ`id al-Andalusî, Tabaqât al-umam, p. 49.

[11] Mansûr Sarhân, al-Maktabât fî l-`usûr al-islâmiyya, p. 56.

[12] Will Durant, The Story of Civilization 14/40.

 

Les bibliothèques scientifiques musulmanes ont joué un grand rôle dans le développement de la civilisation humaine et son évolution jusqu’à sa forme actuelle. La plus célèbre de ces bibliothèques est sans aucun doute la bibliothèque appelée Bayt al-Hikma (la Maison de la Sagesse) à Bagdad. C’était, sans exagération, la plus grande institution scientifique au monde. Elle demeure l’un des trésors scientifiques produits par la pensée musulmane des époques passées, et un modèle sur lequel d’autres bibliothèques scientifiques furent fondées dans toutes les régions du monde musulman. On a tendance à oublier son rôle, alors que c’était véritablement une institution scientifique mondiale, attirant des étudiants de toutes origines et religions, d’Orient comme d’Occident. On y venait pour étudier les différentes branches de la science. Sa lumière a éclairé le chemin de l’humanité pendant près de cinq siècles, jusqu’à sa destruction en 1258 par les Tatars.

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