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La bibliothèque de Bagdad, un modèle académique et institutionnel Part II

Le message de l'Islam

Ce département était l’un des éléments centraux de la bibliothèque. Les auteurs rédigeaient des ouvrages pour cette bibliothèque : soit ils étaient résidents du département de recherche et de rédaction de la bibliothèque, soit ils résidaient à l’extérieur et présentaient à la bibliothèque le résultat de leurs travaux. Le calife payait des sommes somptueuses aux auteurs d’ouvrages.[1] Les copistes de la Maison de la Sagesse étaient eux-mêmes soigneusement sélectionnés afin de limiter le risque d’erreur de leur part. C’est ainsi que le savant du troisième siècle `Allân ash-Shu`ûbî a été employé par Hârûn ar-Rashîd et par al-Ma’mûn comme copiste à Bayt al-hikma.[2]

L’observatoire

Al-Ma’mûn fonda cet observatoire dans la localité de Hayy ash-Shamâsiyya à proximité de Bagdad, en tant qu’annexe de la Maison de la Sagesse. Il voulait ainsi que l’astronomie y soit enseignée à travers la pratique, et que les étudiants puissent y faire l’expérience de ce qu’ils apprenaient en théorie. Des astronomes, des géographes et des mathématiciens travaillaient dans cet observatoire[3] : ce fut le cas par exemple d’al-Khawârizmî, des fils de Mûsâ ibn Shâkir et d’al-Bîrûnî. Cet observatoire permit à al-Ma’mûn de réaliser, grâce à deux équipes de savants, le calcul de la circonférence de la terre.[4]

L’institut d’enseignement

Les califes qui succédèrent à ar-Rashîd firent venir auprès d’eux les plus célèbres savants de leur époque et leur confièrent l’éducation de leurs enfants, tâche pour laquelle ils les rémunéraient généreusement. Ainsi, al-Kasâ’î `Alî ibn Hamza[5] jouissait de la faveur d’al-Ma’mûn, qui l’engagea pour enseigner la grammaire à ses deux fils. Il est l’auteur d’importants ouvrages sur la grammaire et la langue arabe. Ibn as-Sikkît[6] était le précepteur des enfants de Ja`far al-Mutawakkil[7]. Certains savants avaient des connaissances vastes et variées : certains de leurs noms figurent parmi les spécialistes de la jurisprudence, et certains recevaient des subventions pour différentes fonctions. Ainsi, al-Zajjâj était rétribué en tant que juriste et en tant que savant, pour une somme de deux cents dinars par mois.[8] Al-Hâkim al-Muqtadir allouait à Ibn Durayd[9] cinquante dinars par mois, alors que celui-ci était arrivé pauvre à Bagdad.[10]

Lorsqu’on commença à fonder des instituts et à y nommer des enseignants, ceux-ci reçurent des salaires mensuels financés par le budget de l’Etat ou par les revenus des fondations pieuses qui leur étaient habituellement attribuées pour financer leurs activités. Ces salaires variaient en fonction du prestige de l’institution et des moyens disponibles, mais ils étaient habituellement fort généreux.[11]

A l’époque d’ar-Rashîd et d’al-Ma’mûn, Bayt al-hikma devint une résidence à la fois pour les étudiants et les professeurs.[12]

L’enseignement à Bayt al-hikma se déroulait selon deux démarches : d’une part les cours magistraux, d’autre part les dialogues, débats et discussions. L’enseignant dispensait ses cours sur des sciences nobles dans une vaste salle, assisté d’un répétiteur. Puis il réunissait des groupes d’étudiants pour leur expliquer les points difficiles de son cours et en débattre avec eux. Le professeur ou le maître était la référence ultime dans son domaine. Les étudiants se déplaçaient d’un cercle d’étude à un autre, étudiant ainsi à tour de rôle différentes disciplines scientifiques.[13]

Les disciplines enseignées étaient la philosophie, l’astronomie, la médecine, les mathématiques, les différentes langues comme le grec, le persan, le sanskrit, ainsi que la langue arabe. Lorsqu’un étudiant de la Maison de la Sagesse terminait l’étude d’une discipline, son professeur lui accordait une ijâza (licence) attestant qu’il connaissait désormais cette science. Pour les meilleurs étudiants, le diplôme attestait que la personne était autorisée à enseigner la discipline. Seul le professeur pouvait décerner le diplôme. Celui-ci, rédigé par le professeur, comportait le nom de l’étudiant, celui de son maître, son école juridique et la date de remise du diplôme.[14]

L’administration de Bayt al-hikma

De nombreux savants successifs ont été directeurs de la Maison de la Sagesse de Bagdad. On appelait le directeur Sâhib, le directeur de Bayt al-hikma portant donc le titre de Sâhib bayt al-hikma. Le premier directeur fut Sahl ibn Hârûn al-Fârisî (mort en 215H/830), nommé par Hârûn ar-Rashîd conservateur de la bibliothèque. Il traduisait de persan en arabe les ouvrages persans qu’il trouvait. Lorsque al-Ma’mûn devint calife, il le nomma directeur de la Maison de la Sagesse.[15] Il était assisté dans cette tâche par un autre personnage, Sa`îd ibn Hârûn dit Ibn Harîm[16]. Al-Hasan ibn Mirâr ad-Dabî fut également directeur de la Maison de la Sagesse.[17]

Al-Qalqashandî écrit au sujet de la bibliothèque de Bagdad : « Les plus grandes bibliothèques de l’Islam sont au nombre de trois. L’une d’elles était la bibliothèque des califes abbassides à Bagdad. Elle contenait d’innombrables ouvrages d’une valeur inestimable… »[18] La seconde plus grande bibliothèque était celle du Caire, et la troisième celle de Cordoue.

Il existait cependant de nombreuses autres bibliothèques, moins importantes que celle de Bagdad, dans le monde musulman. En effet, les califes et princes musulmans rivalisaient pour réunir des ouvrages savants. Le calife d’Espagne al-Hakam ibn `Abd ar-Rahmân an-Nâsir envoyait des émissaires dans toute la partie orientale du monde musulman pour lui acheter les livres dès qu’ils étaient écrits.[19]

La bibliothèque de Bagdad a – de même que les autres bibliothèques du monde musulman – joué un rôle considérable dans la renaissance scientifique qui eut lieu dans toutes les branches du savoir chez les premiers musulmans et chez leurs élèves des autres nations. Cette renaissance, inégalée dans l’histoire avant l’époque moderne, eut une immense influence sur la civilisation humaine, à une époque où l’Europe était encore fruste et arriérée.[20]

Il faut encore rappeler ici que cette bibliothèque a formé de nombreux savants qui sont devenus des précurseurs dans diverses sciences, comme par exemple al-Khawârizmî l’inventeur de l’algèbre. Ibn an-Nadîm en parle et évoque son rôle important en astronomie : « Il était attaché à la bibliothèque de la Sagesse d’al-Ma’mûn, et était un expert en astronomie. Avant et après l’observation, les gens se référaient à ses tables astronomiques, qu’on appelait le Sind Hind. »[21]

De même, ar-Râzî, Avicenne, al-Bîrûnî, al-Battânî[22], Ibn an-Nafîs, al-Idrîsî[23] et des centaines d’autres savants de la civilisation musulmane ont été formés par la bibliothèque de Bagdad ou par d’autres importantes bibliothèques.

La destruction de ce phare de la civilisation aux mains des hordes tatares fut une catastrophe particulièrement affligeante. Les Tatars, dans une furie dévastatrice complètement stupide, ont jeté dans le Tigre des millions de livres inestimables !

Les Tatars n’auraient-ils pas pu transporter tous ces livres précieux jusqu’à la capitale des Mongols Karakorum pour en tirer profit, eux qui étaient encore dans l’enfance de la civilisation… Mais ils étaient un peuple inculte, qui ne savait pas lire et qui ne voulait pas apprendre… Ils vivaient pour leurs désirs et leurs plaisirs. C’est ainsi que les Tatars ont déversé dans le Tigre le fruit de siècles d’effort, au point que les eaux du fleuve furent noircies par l’encre des livres. On relate même que la cavalerie tatare put traverser le fleuve en passant sur cette gigantesque quantité de livres ! Cet acte désastreux fut un crime contre l’humanité tout entière.[24]

Etonnamment, c’est donc seulement une petite quantité de tous ces ouvrages scientifiques – ceux qui ont échappé à la destruction aux mains de ces envahisseurs et d’autres – qui a été la cause principale de la renaissance scientifique moderne en Europe, comme en attestent de nombreux savants objectifs en Occident.

La bibliothèque Bayt al-hikma de Bagdad parvint ainsi, malgré tout, à rendre un immense service à la civilisation humaine en étant un chaînon essentiel de son histoire.

 

[1] As-Sadfî, al-Wâfî bil-wafayât 13/131.

[2] As-Sadfî, al-Wâfî bil-wafayât 19/367.

[3] Ibn al-`Ibrî, Mukhtasar târîkh ad-duwal p. 75.

[4] Edward Findek, al-Qunû` bimâ huwa matbû` p. 235.

[5] Al-Kasâ’î, Abû al-Hasan `Alî ibn Hamza ibn `Abdallâh al-Kûfî, imam de la grammaire et de la langue arabe et l’un des sept lecteurs du Coran. Il fut le précepteur d’al-Amîn ibn Hârûn ar-Rashîd. Né à Kûfâ et mort à ar-Rayy en 189H/805. Voir al-Hamawî, Mu`jam al-udabâ’ 4/1737-1752, et Ibn Khallikân, Wafayât al-a`yân 2/295-296.

[6] Ibn as-Sikkît, Abû Yûsuf Ya`qûb ibn Ishâq (186-244H/802-858), imam de la langue et des lettres, proche du calife abbasside al-Mutawakkil qui lui confia l’éducation de ses enfants et en fit l’un de ses confidents, puis finit par le faire tuer. Voir Ibn Khallikân, Wafayât al-a`yân 6/395-401.

[7] As-Suyûtî, Bughyat al-wu`ât fî tabaqât al-lughawiyyîn wan-nuhât, 2/349.

[8] Adh-Dhahabî, Siyar a`lâm an-nubalâ 14/360.

[9] Abû Bakr Muhammad ibn al-Hasan ibn Durayd al-Basrî (223-321H/838-933), imam de son époque dans la langue arabe et les lettres. Né à Bassorah, mort à Bagdad, auteur entre autres de Jamaharat al-lugha. Voir al-Hamawî, Mu`jam al-udabâ’ 6/2489-2496, et Ibn Khallikân, Wafayât al-a`yân 4/323-328.

[10] Az-Zarkalî, al-A`lâm 6/80

[11] Voir an-Nu`aymî, ad-Dâris fî târîkh al-madâris 1/418 et 2/18, 52, 306.

[12] Will Durant, The Story of Civilization 14/36.

[13] Khidr Ahmad `Atâ’ Allâh, Bayt al-Hikma fî `asr al-`abbâsiyyîn p. 140.

[14] Will Durant, The Story of Civilization 14/36.

[15] Voir az-Zarkalî, al-A`lâm, 3/144.

[16] As-Sadfî, al-Wâfî bil-wafayât 5/86.

[17] Voir al-Kutubî, Fawât al-wafayât 1/122.

[18] Al-Qalqashandî, Subh al-a`shâ 1/537.

[19] Ibn al-Abâr, at-Takmila li-kitâb as-sila 1/226.

[20] Voir Qadrî Tûqân, Turâth al-`arab al-`ilmî fi r-riâdiyât wal-falak, p. 250.

[21] Ibn an-Nadîm, al-Fihrist p. 333.

[22] Al-Battânî, Abû `Abdallâh Muhammad ibn Jâbir ibn Sinân al-Hirânî (mort en 317H/929), astronome et géomètre, mort à Samarra. Voir al-Qiftî, Ikhbâr al-`ulamâ’ bi-akhbâr al-hukamâ’ pp. 184-185 ; as-Sadfî, al-Wâfî bil-wafayât 2/209.

[23] Al-Idrîsî, Abû `Abdallâh Muhammad ibn Muhammad ibn `Abdallâh ibn Idrîs (493-560H/1100-1165), géographe, se rendit en Sicile où il résida chez Roger II, et rédigea pour lui un ouvrage intitulé Nuzhat al-mushtâq fî ikhtirâq al-âfâq. Voir as-Sadfî, al-Wâfî bil-wafayât 1/138.

[24] Voir Râghib as-Sarjânî, Qissat at-tatâr min al-bidâya ilâ `ayn jâlût pp. 161-162.

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