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Après le vote de la loi sur la laïcité en Suisse, des partis et associations réfléchissent à une riposte. Un référendum ou un recours en justice pourraient être envisagés.


Après des heures et des heures de débat, le Grand Conseil a décidé d’adopter la loi sur la laïcité à 63 voix pour, contre 25 refus. Lors des discussions, il a notamment été question du port de signes religieux ostentatoires dans l’espace public. Et c’est cette question qui a le plus agité les débats. Au final, expliquent ses partisans, cette loi a pour objectif de donner aux autorités cantonales et communales une définition claire au principe juridique de la laïcité.

Mais mercredi soir, les opposants au texte ont décidé de lancer une grande offensive. Lors d’une réunion, les contestataires ont décidé de former une coalition chargée de récolter des signatures pour organiser un référendum. Le député de gauche Pierre Vanek estime que « l’Etat ne devrait pas intervenir et légiférer spécifiquement sur la question religieuse », et qu’il faut donc lancer une votation.

Les musulmans ne sont pas pour une version à la française
Certaines associations sont encore réservées quant à l’organisation d’un référendum. Mais elles dénoncent le contenu du texte, notamment l’interdiction, pour les élus du parlement cantonal, les élus communaux et les fonctionnaires de porter des signes religieux ostentatoires. Selon l’Association islamique et culturelle d’Ahl-el-Bayt, « il s’agit d’une atteinte à un droit fondamental et d’une ingérence de l’Etat à l’encontre du choix des électeurs. » L’Union des organisations musulmanes de Genève n’a pas encore décidé si elle participerait à la coalition pro-référendum.

Ce qui gêne plus globalement les instances musulmanes suisses, c’est qu’il a été question d’Islam plus que de laïcité lors des débats à propos du texte. « L’Islam a été mis au centre du débat. On nous a pointé comme le problème, indique le président de l’Association islamique et culturelle d’Ahl-el-Bayt. Nous sommes pour une laïcité inclusive et non pas pour une version à la française. »

D’ailleurs, dans certaines communes, le texte déplait. A Onex, la maire Carole-Anne Kast affirme qu’il y a actuellement « cinq ou six mamans de jour voilées » dans sa commune et que la loi vient « à l’encontre de la liberté religieuse. » Pour l’élue, la question qui se pose est simple : « Pour ces femmes, c’est soit le chômage, soit le voile. »

Le parti de gauche Solidarités et ses alliés, notamment les Verts, décideront, dimanche, ce qu’ils font. Outre la possibilité d’organiser un référendum contre cette loi, la coalition pourrait proposer un recours en justice.

 

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