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Trois jeunes juifs portant la kippa ont été agressés samedi 2 juin au soir à Villeurbanne, dans la banlieue de Lyon, par une dizaine d'individus. Ces derniers les ont frappés à coups de marteau et de barre de fer. Des actes "d'une extrême gravité" dénoncés par le ministre de l'Intérieur Manuel Valls et condamnés à l'unanimité par la classe politique.

 

Manuel Valls a qualifié cette agression antisémite "d'une extrême gravité" et rappelé "sa détermination à lutter contre toute agression à caractère religieux". "Ces actes d'une extrême gravité sont une attaque délibérée contre notre modèle républicain qui doit permettre à tous, sans distinction, de vivre librement et en toute sécurité son appartenance religieuse", selon le communiqué du ministère de l'Intérieur.

 

"Manuel Valls assure de la mobilisation totale des services de police sur place afin que les auteurs de cette agression soient, comme le prévoient les lois de la République, interpellés et mis à la disposition de la justice", ajoute-t-il.

 

De son côté, le vice-président du Front national Louis Aliot a mis en cause sur BFMTV-RMC les "milieux jeunes" et "musulmans". C'est quoi les "milieux jeunes" ? "C'est-à-dire des milieux on va dire... musulmans qui s'identifient au conflit israélo-palestinien et qui prennent dans les rues des jeunes juifs pour cible", a poursuivi le conseiller régional de Languedoc-Roussillon.

 

Dénonçant les critiques d'associations telles que la Licra contre le FN, Louis Aliot a affirmé : "Je rappelle à ces messieurs, toujours les mêmes de la Licra, que (ces actes) ne sont pas le fait du Front national (...). Nous ne sommes pas responsables de l'antisémitisme en France". L'agression, a dit Louis Aliot, est "bien sûr condamnée par le FN".

 

L'Union des étudiants juifs de France (Uejf) a "condamné" dans un communiqué l'agression. "En France, il existe des zones (...) où les citoyens juifs sont des cibles récurrentes des actes antisémites. Il est essentiel d'identifier ces lieux et de lutter de manière générale contre cette insécurité grandissante pour les juifs en France", selon l'Uejf.

 

Le président du Consistoire israélite Joël Mergui s'est insurgé contre "la banalisation des actes antisémites". Dans un appel à l'AFP, Joël Mergui a déclaré que "chaque acte antisémite devait être traité comme un fait exceptionnel, grave et pas comme un acte banal".

 

Le sénateur-maire de Lyon, Gérard Collomb, a estimé que cette agression "témoigne de comportements antisémites que nous ne saurions tolérer". Le maire de Villeurbanne, Jean-Paul Bret, a fait part de son "émotion" et de son "indignation".

 

La première secrétaire du PS, Martine Aubry, a également condamné l'agression "avec la plus grande fermeté" et ajouté que le PS "combattait l'antisémitisme sous toutes ses formes".

Richard Prasquier a estimé que cette agression s'inscrit "dans la suite de la tuerie de l'école juive Ozar Hatorah de Toulouse" par Mohammed Merah et exprime son "inquiétude". Reconnaissant que le problème ne concernait qu'une partie des jeunes, il a insisté sur "le travail en profondeur qui doit être fait pour déconstruire le fanatisme qui s'est emparé du cerveau de ces jeunes, c'est quelque chose de compliqué, mais de très important".

 

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a condamné lundi à Forbach l'agression de trois jeunes juifs près de Lyon, un acte "très grave", d'une "violence insupportable". "J'exprime ma solidarité avec les victimes, c'est une évidence pour moi", a-t-il ajouté en marge d'une visite en Lorraine. Selon lui, "il faut mener en permanence le combat contre toutes les formes d'antisémitisme, de racisme. Il faut le faire à la fois à travers la fermeté mais aussi l'éducation".

 

La Conférence des évêques de France (CEF) et le Conseil français du culte musulman condamnent également l'agression, assurant la communauté israélite de leur "solidarité fraternelle", dans des communiqués séparés.

 

"Le Cardinal André Vingt-Trois, Archevêque de Paris, Président de la Conférence épiscopale des Evêques de France tient à assurer les communautés juives de sa fraternité totale", a déclaré le cardinale dans un communiqué. "Rien, ni dans la conjoncture internationale, ni dans une argumentation religieuse ne peut ni ne doit conduire à poser ou à justifier des actes violents antisémites dans notre pays", ajoute-t-il.

 

De son côté, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) condamne "avec la plus grande vigueur les actes d'agression antisémites dont ont été victimes trois jeunes juifs portant la kippa samedi dernier à Villeurbanne". "Le CFCM assure les victimes, leurs familles et la communauté juive de France de son soutien et de sa solidarité fraternels face à ces actes odieux et insupportables" et "appelle les autorités à tout mettre en œuvre pour que les auteurs de ces actes soient arrêtés et punis avec la plus grande sévérité".

 

Le président de l'observatoire de l'islamophobie, Abdallah Zekri, dénonce, lui, un "acte raciste", une "agression lâche" et "inacceptable", demandant que l'on "évite de dresser les communautés les unes contre les autres".

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