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 Au nom d’Allah, le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux

De la part de Abdelaziz ibn Baz au cher et honorable Cheykh Mohamed Wa’idh Zadah El-Khorassani, puisse Allah lui accorder, ainsi qu’à nous, la compréhension en matière de religion, puisse-t-Il nous épargner de la voie de ceux qui ont encouru Sa colère et des égarés. Amin
 
Que le salut, la miséricorde d’Allah et Ses bénédictions soient sur vous
 
J’ai reçu votre écrit, qu’Allah vous accorde la réussite et l’emprunt de la bonne voie, et tout ce que vous y avez expliqué sont des choses déjà admises. Il y a néanmoins des questions dans ce vous avez cité qui ont besoin d’être dévoilées et éclaircies, et pour lesquelles il faut ôter l’ambigüité qui vous touche, conformément aux dires du Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) : « La religion c’est le conseil »[1], « Celui qui indique un bien aura la même récompense que celui qui l’accomplit »[2], et nombreux sont les hadiths qui vont dans ce sens. De même, Allah nous oriente de la sorte, lorsqu’Il dit : « Entraidez-vous dans l’accomplissement des bonnes œuvres et de la piété »[3], « Par la sagesse et la bonne exhortation appelle (les gens) au sentier de ton Seigneur. Et discute avec eux de la meilleure façon »[4].
 
 Je dis : Vous avez mentionné dans votre écrit ce qui suit : « Avec tout le respect et toute la considération que j’ai pour vos efforts dans cette voie (l’appel à la religion d’Allah), j’ai quelques remarques en tête dont je souhaite vous faire part, en espérant qu’elles soient bénéfiques pour l’Islam, les musulmans, et qu’elles constituent un moyen de se cramponner d’avantage au câble d’Allah, lequel est un chemin vers le rapprochement mutuel des musulmans et qu’elles unissent leur rang en terme de croyance et de législation.
 

Premièrement : J’ai remarqué que vous évoquiez très souvent ce qui est répandu au sein des musulmans telle que la recherche de bénédictions par les traces matérielles restantes du Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui), de certains saints en essuyant les murs et les portes de la mosquée sacrée du Prophète et d’autres pratiques similaires, en qualifiant cela de polythéisme et d’adoration d’autre qu’Allah ou en assimilant cela aux invocations et demandes vouées au Messager d’Allah (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) ou aux saints.

 

Je dis donc : il y a une différence entre ces deux attitudes, car il est communément admis qu’adresser des demandes au Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) ou aux saints tout en considérant qu’ils ont la capacité d’y répondre en dehors ou avec Allah, est du polythéisme évident sur lequel il ne fait aucun doute ; sauf que tout ces actes accomplis par ces musulmans, qui ne sont d’ailleurs nullement réprimandés par les savants dans l’ensemble du monde musulman, toute tendance confondu, ne constitue pas en-soi une demande adressée au Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) ou aux saints, cela ne signifie pas non plus qu’ils les prennent pour des seigneurs en dehors d’Allah. En réalité, à l’exception de ce que font certains ignorants de la masse, tout cela est imputable à l’une des deux choses : soit la recherche d’intercession (at-tawassoul), soit la recherche de la bénédiction par le Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) et ses traces matérielles restantes (at-tabarrouk) ou par les rapprochés d’Allah.

 

Quant à la recherche de la bénédiction par le Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) et ses traces matérielles restantes sans pour autant lui adresser de demandes quelconques, sans non plus l’invoquer, tout cela trouve son origine dans l’amour et la ferveur qu’ils ont pour lui (Paix et bénédiction d’Allah sur lui). Ils espèrent par là qu’Allah leur accorde le bien par le fait qu’ils se rapprochent de Son Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) et qu’ils montrent l’amour qu’ils ont pour lui (Paix et bénédiction d’Allah sur lui), semblablement à leurs pratiques vis-à-vis des rapprochés d’Allah.

 
Je ne pense pas qui puisse exister un musulman qui croit qu’une porte ou un mur puissent répondre à quelque demande, ni que le Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) lui-même ou un saint puissent satisfaire une demande qui lui est adressée. C’est une chose qu’ils adressent exclusivement à Allah, si ce n’est que, par grâce pour Son Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) ou pour un de Ses proches alliés, Allah verse sur Son Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) Ses bénédictions.  
 
Ainsi, la recherche de la bénédiction par le Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) et ses traces matérielles restantes, comme vous le savez bien, et comme le savent tous ceux qui ont connaissance de la biographie du Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui), était une pratique courante à son époque, ils se servaient de l’eau de ses ablutions, de ses vêtements, de sa nourriture restante, de ses cheveux, et de tout ce qui provenait de sa personne pour rechercher la bénédiction, et il (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) ne leur a jamais interdit cela.
 
Peut-être direz-vous que ceci est tout à fait honorable et cela est courant de nos jours avec les pieux et alliés d’Allah qui sont vivants, mais cela est particulier aux personnes vivantes, les morts ne sont pas concernés par la permission de cette pratique en raison de l’absence de preuves à ce sujet. Je vous réponds donc que des récits sont rapportés à ce propos et attestent que les compagnons avaient recours à cette pratique (at-tabarrouk) par le biais des traces matérielles restantes du Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) et ce, après sa mort. Il est rapporté que Abdoullah ibn ‘Omar avait l’habitude d’essuyer le minbar[5] du Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) par recherche de bénédictions. D’autre récits prouvent qu’ils prenaient soin (de conserver) les cheveux du Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) de même, les gouvernants de la dynastie ‘Abbasside et ‘Ottomane conservaient ses vêtements espérant ainsi la bénédiction, surtout en période de guerre, et jamais aucun savant renommé pour son versement dans la jurisprudence ne leur a interdit cette pratique ».
 
La réponse à cela est de dire :
Tout ce que vous avez cité nécessite d’être détaillé. En ce qui concerne la recherche de la bénédiction par ce qui a été en contact avec le corps du Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui), telle que l’eau qu’il utilisait, sa sueur, ses cheveux, et autre, c’était une pratique courante et permise au sein des compagnons, et de ce qui les ont suivis de la meilleur manière, et ce, en raison du bien et de la bénédiction que cela comprenait. D’ailleurs, le Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) approuvait cette pratique.
 
Quant au fait d’essuyer les portes, les murs ou les fenêtres dans l’enceinte de la mosquée sacrée de la Mecque ou de Médine, tout ceci est considéré comme une innovation qui n’a aucun fondement. Il est donc une obligation de délaisser cette pratique, car la pratique d’actes d’adoration est restreinte (tawqifiya) par les textes (du Coran et de la Sounnah), il n’est ainsi permis de mettre en pratique que ce qui a été approuvé par la législation, et ce, conformément aux dires du Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) : « Quiconque apporte à notre religion une innovation qui n'en provient pas, celle-ci est à rejeter » et dans une version de l’imam Mouslim : « Quiconque pratique un acte qui ne fait pas partit de nos enseignements est à rejeter ». L’imam Mouslim rapporte d’après Jabir que le Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) disait lors de ces prônes le vendredi : « Cela dit, le meilleur discours réside dans le livre d’Allah et la meilleure voie est celle de Mohammed. Les pires des choses sont les innovations, et toute innovation est un égarement ». Et les hadiths qui vont dans ce sens sont très nombreux. Il est donc du devoir pour le musulman de s’en tenir strictement à ce qui a été légiféré concernant cette pratique (at-tabarrouk), tel que toucher la pierre noire et l’embrasser ou toucher le coin yéménite.
 

 

[1] Rapporté par Mouslim n.82.
[2] Rapporté par Mouslim n. 5309, At-Tirmidhi n.2595 et Abou Daoud n. 4464.
[3] Sourate 5 la table servie verset 2.
[4] Sourate 16 les abeilles verset 125.
[5] Le minbar est une sorte de chaire d'où l’imam fait son sermon (khoutba) lors de la prière du vendredi dans une mosquée.

 

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