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… C’est pour cette raison que ‘Omar ibn el Khattab a dit, comme il est rapporté de manière authentique, lorsqu’il embrassa la pierre noire : « Je sais parfaitement que tu n’es qu’une pierre et que tu n’as le pouvoir ni de procurer un bien quelconque, ni de nuire, et si je n’avais pas vu le Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) t’embrasser je ne l’aurais jamais fait ». Partant de là, il est déductible que toucher les autres coins de la Ka’ba, les murs et les piliers n’est pas légiféré, car le Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) lui-même ne l’a pas fait et n’a pas conseillé de la faire, d’autant plus que c’est un moyen qui mène au polythéisme. Si tel est le cas pour la Ka’ba, que dire des murs, des piliers, des fenêtres, et des murs qui séparent les appartements du Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) ! En outre, le Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) n’a jamais eu recours à cette pratique (en dehors de ce que nous avons cité), n’a jamais conseillé à quiconque d’y avoir recours et, ses compagnons n’ont jamais agis de la sorte.
 
Pour ce qui est ce qui est rapporté d’Abdoullah ibn ‘Omar indiquant qu’il recherchait assidument les traces matérielles du Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) et qu’il essuyait le minbar du Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui), cela doit être considéré comme un effort personnel de sa part, tout en sachant que son père ainsi que les compagnons n’approuvaient pas cette pratique, alors qu’ils étaient plus encrés dans la science, notamment concernant ce genre d’agissement. Et en réalité, leur position était en conformité avec ce qu’indiquent les hadiths authentiques à ce propos.
 
Par ailleurs, ‘Omar ibn el Khattab fit couper l’arbre sous lequel avait eu lieu le pacte d’allégeance à « el houdeybiya » lorsque lui parvint que des gens y allaient et priaient auprès de cet arbre, et ce, en raison de la crainte qu’il éprouvait devant la tentation que soit commis du polythéisme et pour barrer tout moyen susceptible d’y mener.
 
Quant à l’invocation des prophètes et des saints, leur demander secours, leur vouer des serments et ce qui est semblable, tout ceci doit être considéré comme du polythéisme majeur, et c’est précisément la pratique à laquelle avaient recours les mécréants de la Mecque vis-à-vis de leurs statuts et leurs idoles. Tel est le cas de l’ensemble des polythéistes, qui avaient la conviction en les adorant, que ces divinités intercèderaient en leur faveur auprès d’Allah et les rapprocheraient d’avantage d’Allah. Ils n’avaient pas la conviction qu’elles répondaient à leur demandes et invocations, ni qu’elles avaient le pouvoir de guérir ou de les secourir contre leur ennemis, ainsi  Allah met ce point en évidence lorsqu’Il dit : « Ils adorent au lieu d’Allah ce qui ne peut ni leur nuire ni leur profiter et disent: «Ceux-ci sont nos intercesseurs auprès d’Allah », Allah réplique en disant : « Dis: «Informerez-vous Allah de ce qu’Il ne connaît pas dans les cieux et sur la terre ?» Pureté à Lui, Il est Très élevé au-dessus de ce qu’Ils Lui associent! »[1]. Il dit également : « Adore donc Allah en Lui vouant un culte exclusif. 3. C’est à Allah qu’appartient la religion pure. Tandis que ceux qui prennent des protecteurs en dehors de Lui (disent): «Nous ne les adorons que pour qu’ils nous rapprochent davantage d’Allah». En vérité, Allah jugera parmi eux sur ce en quoi ils divergent. Allah ne guide pas celui qui est menteur et grand ingrat. »[2]
 
Allah met clairement en évidence dans ces versets, que les mécréants ne croyaient pas que leurs divinités pouvaient guérir ou satisfaire leurs demandes, ils espéraient seulement qu’elles soient un moyen de les rapprocher d’avantage d’Allah. Allah dément et réfute leur dires lorsqu’Il dit : « Allah ne guide pas celui qui est menteur et mécréant ». C’est ainsi qu’Il les nomme menteurs et mécréants pour leur pratique. Il est impératif que vous méditiez bien sur cet état des choses et que vous lui donniez toute l’importance que cela mérite.
 
Parmi ce qui prouve également leur mécréance, et ce, malgré cette conviction, Sa parole : « Et quiconque invoque avec Allah une autre divinité, sans avoir la preuve évidente [de sa légitimité], aura à en rendre compte à son Seigneur. En vérité, les mécréants, ne réussiront pas »[3]. Allah les nomme mécréants dans ce verset et les considère ainsi pour le simple fait qu’ils aient invoqué autre que Lui parmi les prophètes, les anges, les djinns et autres. Ou encore Sa parole : « …Tel est Allah, votre Seigneur: à Lui appartient la royauté, tandis que ceux que vous invoquez, en dehors de Lui, ne sont même pas maîtres de la pellicule d’un noyau de datte. 14. Si vous les invoquez, ils n’entendent pas votre invocation; et même s’ils entendaient, ils ne sauraient vous répondre. Et le jour du Jugement ils vont nier votre association. Nul ne peut te donner des nouvelles comme Celui qui est parfaitement informé »[4]. Allah considère dans ce verset les invocations vouées à autre que Lui, tels que les prophètes, les saints, les anges, les djinns, les statuts et autres, comme du polythéisme. Et les versets qui vont dans ce sens sont nombreux pour celui qui médite sur le livre d’Allah.
 
Nous vous citons à présent une parole de Cheykh El Islam ibn Taymiyya à ce sujet, lorsqu’il dit : « Les polythéistes qu’Allah et Son messager qualifient en tant que tel, sont de deux catégories : le peuple de Noé et le peuple de Abraham. En ce qui concerne le peuple de Noé, leur polythéisme trouve son origine dans le recueil auprès des tombes de saints, ensuite ils représentèrent ces saints sous forme de statuts, puis finirent par les adorer. Le peuple d’Abraham quant à lui, l’origine de leur polythéisme demeure dans l’adoration des étoiles, du soleil et de la lune. Et en réalité, tous adorent les djinns, car ce sont les démons qui s’adressent à eux et les aident à accomplir certaines choses même s’ils croient s’adonner à l’adoration des anges, ils ne font qu’adorer les djinns (…..). De plus ces polythéistes peuvent être amené à dire « nous n’espérons d’eux que l’intercession », c'est-à-dire nous invoquons les prophètes et les anges afin qu’ils intercèdent pour nous, « nous nous rendons auprès de la tombe de l’un d’entre eux nous lui demandons d’intercéder en notre faveur, et nous les représentons matériellement… », sous formes de statuts ou d’images à la manière des chrétiens dans leur églises, « …nous ne recherchons par là qu’à nous rappeler ces saints et leur vécus, et quand nous nous adressons à ces représentations c’est aux personnes qu’elles inspirent que nous nous adressons afin qu’ils intercèdent en notre faveur auprès d’Allah ». L’un d’entre vient à dire : « Ô maitre untel, Ô maitre Jarjis, Ô douce Marie, Ô maitre Le bien aimé, Ô Moïse fils de ‘Imran, etc., invoque Allah en ma faveur ». Ils vont donc jusqu’à invoquer le mort auprès de sa tombe disant : « demande a ton Seigneur pour moi », ou bien ils invoquent le vivant absent comme s’il était en leur présence en composant des poèmes dans lesquels  ils disent : « tu est celui que me suffit, je suis un de tes proches, intercède pour moi auprès d’Allah, demande à Allah pour nous le secours contre nos ennemis, demandes-Lui de nous délivrer de cette impasse, c’est auprès de toi que je me plains de tel et tel chose, invoque Allah de nous libérer de cette angoisse » ou l’un d’entre eux dit parfois « demande à Allah de me pardonner » en interprétant à tort Sa parole : « Si, lorsqu’ils ont fait du tort à leurs propres personnes ils venaient à toi (Mohammed) en implorant le pardon d’Allah et si le Messager demandait le pardon pour eux, ils trouveraient, certes, Allah, Très Accueillant au repentir, Miséricordieux »[5] se disant : « si nous nous adressons à lui (le Prophète) pour qu’il demande le pardon en notre faveur, nous serions au même rang que les compagnons qui lui demandaient de son vivant ».
 
Cependant, ils s’opposent par leur pratique au consensus des compagnons, de ceux qui les ont suivis de la meilleure façon, et de tous les musulmans, car nul d’entre eux n’invoqua le Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) après sa mort afin que lui soit accordé l’intercession, nul demande ne lui était adressée de leur part, et aucun des guides (a’immah) reconnus n’a jamais mentionné quelque chose de semblable dans un de ses livres. Ceci n’a été mentionné que bien plus tard par certains juristes plus contemporains se basant sur une histoire inventé à l’encontre de l’imam Malik, que nous citerons, et sur la laquelle nous nous attarderons. Voici donc les différentes manières au moyen desquelles les gens adressent leurs demandes aux anges, aux prophètes, aux gens vertueux après leur mort auprès de leur tombe et en leur absence, ou à leur représentation, ce qui est sans aucun doute la plus grave forme de polythéisme existante au sein des polythéistes ne faisant pas partie des gens du livre, mais aussi au sein des hérétiques parmi eux, et des musulmans qui ont innové un polythéisme et des adorations qu’Allah n’a jamais permises. Allah dit : « Ou bien auraient-ils des associés [à Allah] qui auraient établi pour eux des lois religieuses qu’Allah n’a jamais permises? »[6].
 
Telles sont ses paroles, mentionnées dans son noble ouvrage intitulé « La règle honorable sur l’intercession et sa recherche (el qa’idatou el-jalilatou  fi-t-tawasoul wa-l-wassilah) », dans lequel il a clairement exposé les différentes formes de polythéisme, et auquel vous pouvez vous référer si vous le souhaitez.[7]
 
Ibn Taymiyya dit également dans un ouvrage adressé aux adeptes de Cheykh el ‘Addi ibn Moussafir : « Certes Allah a envoyé les messagers et a fait descendre les livres afin que nous l’adorions de manière exclusive sans aucun associé, et afin que nous ne Lui assignons aucune divinité. Quant à ceux qui adoraient avec Lui d’autres divinités tels le soleil, la lune, les étoiles, ‘Ozeiyr, Jésus, les anges, Al-latt, ‘Uzza, Manatt, Yaghouth, Ya’ouq, Nassra, et autres divinités, ils n’avaient pas la conviction qu’elles étaient capables de créer, de faire descendre la pluie ou de faire pousser la végétation, mais ils recherchaient plutôt par l’adoration des prophètes, des anges, des étoiles, des djinns, des représentations de ces divinités, de leurs tombes, à se rapprocher d’avantage d’Allah, disant : « nous ne les adorons que pour qu’ils nous rapprochent davantage d’Allah », ou « ce sont nos intercesseurs auprès d’Allah », c’est pour cette raison qu’Allah envoya Ses messagers, lesquels interdirent que soit invoqué quiconque en dehors d’Allah, ni invocation d’adoration, ni invocation d’imploration. En effet Allah dit : « Dis: «Invoquez ceux que vous prétendez, (être des divinités) en dehors de Lui. Ils ne possèdent ni le moyen de dissiper votre malheur ni de le détourner. 57. Ceux qu’ils invoquent, cherchent [eux-mêmes), à qui mieux, le moyen de se rapprocher le plus de leur Seigneur. Ils espèrent Sa miséricorde et craignent Son châtiment. Le châtiment de ton Seigneur est vraiment redouté »[8]. Un groupe parmi les pieux prédécesseurs a dit concernant l’explication de verset : « un groupe de gens invoquait Jésus, ‘Ozeiyr, et les anges, Allah  leur répond : ceux que vous invoquez cherchent eux-mêmes à se rapprocher de Moi comme vous le faites vous-mêmes, ils espèrent Ma miséricorde comme vous, et ils craignent Mon châtiment comme vous ».


[1] Sourate 10 Younous verset 18.
[2] Sourate 39 les groupes versets 2 et 3.
[3] Sourate 23 les croyants verset 117.
[4] Sourate 35 le Créateur versets 13-14.
[5] Sourate 9 le repentir verset 64
[6] Sourate 42 la consultation verset 21
[7] Majmou’ el fatawa vol.1 p.157
[8] Sourate 17 le voyage nocturne versets 56-57.

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