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Définition
On entend par ce terme le fait d’appuyer un jugement en mentionnant le nom d’un être vénérable d’une manière spécifique. Le terme « yamin » en langue arabe fut nommé ainsi car il provient de « al-youmna » qui désigne la main droite. En effet, l’auteur d’un serment prête main droite à celle de celui à qui l’on prête serment, comme l’on fait communément lors d’un pacte ou d’un contrat.
 
Le serment duquel peut éventuellement découler une expiation concerne celui au cours duquel l’auteur jure par le nom d’Allah, ou par un de Ses attributs, tel que : « Par Allah », « Par le visage d’Allah », « Par Sa grandeur, Sa suprématie, Sa puissance, Sa miséricorde, Sa volonté, par le Coran, ou par le Livre, etc. ».
 
L’interdiction de jurer par autre qu’Allah
D’autre part, le serment par autre qu’Allah est interdit en Islam, il est considéré comme du polythéisme, conformément aux paroles du Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) : « Que celui qui doit jurer qu’il jure par Allah ou qu’il se taise »[1], « Quiconque jure par autre qu’Allah a commis un acte de mécréance ou un acte de polythéisme » ou encore : « Ne fait pas parti de nous quiconque jure par le dépôt »[2]. Ces ahadiths indiquent clairement l’interdiction de jurer par autre qu’Allah, et affirment le caractère polythéiste de cet acte. Cela consiste à dire par exemple : « Par le Prophète », « Par ta vie », « Par le dépôt », « Par la Ka’ba », etc.
 
De plus, l’imam Ibn ‘Abdel-Barr a dit : « Ceci fait l’unanimité au sein des gens de science ». L’imam Ibn Taymiyya a dit : « Le serment par autre qu’Allah est interdit. Ibn Mass’oud a dit : « De jurer par Allah tout en mentant m’est préférable que de jurer par autre qu’Allah en disant la vérité », et ce, car la bonne action que constitue l’unicité d’Allah est plus grande que le fait d’être véridique. Et la mauvaise action que constitue le mensonge est moins grave que le polythéisme ».
 
Les conditions de l’expiation
Si un individu fait un serment et le rompt par la suite, l’expiation dans son cas devient obligatoire à trois conditions :
1 – Le serment doit être réellement contracté de sorte que l’auteur de ce serment l’ait prêté intentionnellement pour un fait d’avenir réalisable. Allah dit : « Allah ne vous sanctionne pas pour la frivolité dans vos serments, mais Il vous sanctionne pour les serments que vous avez l’intention d’exécuter »[3]. Ce verset indique que l’expiation n’incombe qu’à partir du moment où le serment est intentionnellement contracté.
 
Par ailleurs, la contraction de ce serment ne peut être effective que si ce serment concerne des faits d’avenir et non des faits passés car dans ce cas il est impossible de le rompre. Toutefois, quiconque jure à propos d’un fait passé mentant intentionnellement dans ce cas il s’agit alors d’un serment mensonger qui fait plonger l’auteur d’un tel serment dans le péché, puis en Enfer. Ce genre de serment est tel qu’il n’a pas d’expiation, et fait partie des péché capitaux.
 
Néanmoins, s’il prononce un serment de manière non intentionnelle, comme de dire : « Non, par Allah » ou « Si, par Allah » sans intention réelle de prêter serment, mais seulement par usage routinier involontaire, cela est donc considéré comme futile et n’entraine donc aucune expiation, conformément à la parole d’Allah : « Allah ne vous sanctionne pas pour la frivolité dans vos serments », et au hadith de ‘Aicha, qu’Allah l’agrée, qui attribue ces paroles au Prophète en ces termes : « La frivolité dans le serment, c’est es propos tenus par l’individu chez lui : « Non, par Allah ; si par Allah »[4].
 
N’est également pas tenu d’expiation celui qui jure volontairement croyant dire vrai, et s’aperçoit par la suite que la vérité est autre. Cheykh Al Islam a dit : « …de même, s’il a contracté un serment pour un fait d’avenir, pensant dire vrai, celui-ci n’est pas comparable à celui qui a prêté serment à autrui pensant que ce dernier lui obéirait, sans que ce fut le cas ».
 
2 – Le serment doit être prêté de plein gré, s’il a lieu sous la contrainte, le serment n’est pas considéré comme effectif, conformément à la parole du Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) : « De ma communauté, Allah ne tiendra pas grief pour (les péchés) commis suite à l’erreur, l’oubli et ce qui a été accomplit sous la contrainte »[5]. Ce qui prouve que celui qui est contraint est épargné de toute expiation.
 

3 – Le serment doit être rompu et l’auteur du serment doit faire volontairement et en toute conscience de cause ce qu’il a juré d’abandonné ou délaisser ce qu’il a juré d’effectuer. Toutefois, si cela survient à la suite d’un oubli ou sous l’effet de la contrainte, il n’est alors pas tenu d’avoir recours à une expiation car il n’a dans ce cas commis aucun péché, conformément à la parole du Prophète (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) : « Ma communauté est épargnée des péchés commis à l’erreur, l’oubli et ce qui a été accomplit sous la contrainte ».



[1] Rapporté par Al-Boukhari et Mouslim.
[2] Rapporté par Abou Daoud.
[3] Sourate 5 la table servie verset 89.
[4] Rapporté par Abou Daoud.
[5] Rapporté par Ibn Majah n.2045, Al-Bayhaqi (7/356).

 

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