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France : Le maire de Clichy cité à comparaître pour « incitation à la haine raciale »

12/4/2017 12:00:00 AM   |      |   

Il est reproché à l’élu d’avoir déclaré qu’il « y a eu des prêches en arabe, des prêches avec des appels au meurtre » dans sa ville des Hauts-de-Seine, sur fond de conflit avec une association locale de musulmans

Le conflit entre Rémi Muzeau, le maire LR de Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), et une partie de ses administrés de confession musulmane va se poursuivre au tribunal. L’élu s’est vu notifier une citation directe à comparaître devant le tribunal correctionnel, pour le 9 janvier 2018, pour « diffamation publique et incitation à la haine raciale », à la suite d’une plainte l’Union des associations musulmanes de Clichy (UAMC).

Un conflit de plusieurs mois

Il lui est reproché d’avoir déclaré en novembre sur la chaîne LCI qu’il « y a eu des prêches en arabe, des prêches avec des appels au meurtre » dans sa ville de la petite couronne parisienne. « C’est assez perturbant, je m’interroge sur les véritables buts de l’UAMC, réagit Rémi-Pierre Drai, l’avocat de la ville de Clichy. Cette attitude procédurale ne va pas le sens de l’apaisement. »

Cette procédure est un nouvel épisode du différend opposant depuis plusieurs mois l’élu et l’Union des associations musulmanes de Clichy. En mars, après une décision de justice, la municipalité a fait expulser l’UAMC d’un local utilisé comme lieu de culte en centre-ville. Les fidèles ont ensuite prié régulièrement dans la rue, devant la mairie, refusant de rejoindre une mosquée gérée par une autre association, sur le site des Trois-Pavillons.

En réponse, le 10 novembre, des élus opposés à cette pratique se sont eux-mêmes rassemblés sur la chaussée. Cette manifestation a provoqué l’intervention de l’État, par l’intermédiaire du préfet des Hauts-de-Seine qui a joué les médiateurs. Depuis, la tension est retombée et chaque partie discute via ses avocats. « C’est compliqué, mais on ne désespère pas », commente Me Rémi-Pierre Drai.

L’heure n’est plus à la prière de rue

De fait, l’heure n’est plus à la prière de rue, ni à la manifestation. « Nous sommes républicains, nous respectons les décisions de la République et nos engagements », explique Hamid Kazed, président de l’UAMC. « Nous avons choisi la voie juridique », poursuit Me Arié Alimi, l’avocat de l’association.

Même si Rémi Muzeau affirme que les « discussions sont en cours », l’UAMC refuse toujours la solution proposée par la mairie, à savoir le regroupement de tous les croyants de Clichy dans la mosquée des Trois-Pavillons. Elle juge les locaux trop excentrés, trop petits et pas aux normes de sécurité, des critiques que l’équipe municipale réfute. « Ce sont des problèmes de personnes, il faut donner du temps au temps », avance Me Drai.

Toujours est-il que Me Alimi a assigné la mairie, la préfecture et les associations gestionnaires du lieu devant la justice, en référé. L’audience a été fixée au 12 décembre. « Ce bâtiment n’est pas conforme, on nous ment effrontément », plaide l’avocat, qui envisage de déposer plainte « pour mise en danger de la vie d’autrui ».

L’UAMC continue de demander un « lieu décent »

Parallèlement, l’UAMC affirme continuer de chercher un site pour aménager une mosquée. « On ne demande pas qu’on nous donne un terrain ou un local, on veut juste qu’on facilite nos recherches, insiste Hamid Kazed. Il nous faut un lieu décent. » 

 

https://www.la-croix.com

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