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France : Coup de pression contre les prières de rue à Alfortville

3/12/2018 12:00:00 AM   |      |   

Ce vendredi, une cinquantaine de policiers, selon la préfecture, étaient présents pour éviter que les fidèles ne prient dans la rue. Sur place, c’est l’étonnement et l’incompréhension.

Ils n’en reviennent toujours pas. Ce vendredi, jour de grande prière, les musulmans d’Alfortville ont vu débarquer aux abords de la mosquée, une cinquantaine de policiers, selon la préfecture du Val-de-Marne, une centaine selon la mairie et la communauté. La raison ? « L’occupation de la voie publique par des prières de rue n’ont pas lieu d’être. C’est une vraie préoccupation de l’Etat, justifie la préfecture du Val-de-Marne. A cette situation, s’ajoutent des problèmes de stationnement. »

Coincée rue de Nice, dans les limites sud de la ville, la petite mosquée peut attirer jusqu’à 400, 500 fidèles. Les voitures se garent comme elles peuvent et certains musulmans se retrouvent ainsi à prier dans l’artère. Loin pour autant des prières de rue organisées avec prêche de l’imam dehors comme c’est le cas dans certaines communes d’Ile-de-France. « C’est juste un débordement de 30, 40 personnes certains jours, mais on ne gêne pas, assure Yakoub Sakhri, le président de l’Association musulmane, « très étonné » de cette opération. La communauté est très disciplinée. On l’a montré aujourd’hui. » L’opération qui se limitait à de « la présence », sorte de « rappel à la loi », s’est en effet déroulée sans heurt, ni interpellation ou verbalisation. Pas un fidèle n’avait déployé son tapis de prière dans la rue.

D’autres lieux de culte identifiés
Mais les musulmans ne sont pas les seuls à s’étonner de cette opération. Les autorités locales aussi. « On ne comprend pas bien pourquoi un tel déploiement de force disproportionné a été déclenché sans concertation, alors qu’on est en train d’essayer de trouver des solutions. Dans d’autres mosquées, les débordements sont plus importants », s’agace le maire PS Michel Gerchinovitz, rejoint par le député PS et ancien maire Luc Carvounas. L’élu est d’autant plus en colère que la mosquée d’Alfortville pratique « un islam modéré ». Et de craindre que cette intervention ne mette le feu aux poudres.

Dans les tuyaux, la solution envisagée serait de récupérer une parcelle mitoyenne de la mosquée, actuellement occupé illégalement par des Roms. Une procédure d’expulsion est en cours et devrait aboutir en avril, selon le maire. De la sorte, les musulmans pourraient s’installer sur ce terrain et ne plus déborder dans la rue.

Mais aux yeux de l’opposant (SE) Jean-François Coquet, le problème n’est pas nouveau : « La communauté demande depuis cinq ans une extension de son lieu de prière. Rien n’est fait. Il faut que la République garantisse la pratique du culte de chacun ». La mairie confirme travailler sur le sujet « depuis plusieurs années mais les procédures ne sont pas simples. »

Pour autant, le cas d’Alfortville n’est pas unique. Selon la préfecture, depuis quelques semaines, « plusieurs » lieux de culte ont été identifiés pour des occupations de voie publique, qui réuniraient plusieurs dizaines de personnes. Lesquels ? L’Etat refuse d’en dévoiler la liste. Pour résoudre ce problème, le Conseil régional du culte musulman en a été averti. Des échanges avec les autres communautés sont en cours. Avant peut-être, faute de résultats, d’autres opérations policières…

 

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